6 avril 2019

Une soirée bien étoilée (5/5)

Allez, après ces quatre épisodes archi-sucrés et frôlant avec la romance à deux balles, voici la chute…

Merci pour vos commentaires à la suite de ce texte.

Bonne lecture.


Puis les choses se passèrent doucement. Les baisers se succédant aux baisers, les mains de Théo se mirent à danser sur le corps de Noémie. Au début impressionnée, Noémie se laissait aller doucement. Elle décida de se laisser porter, de laisser les choses se faire sans rien brusquer. Le saxo de Bird s’était fait silencieux depuis un moment. On n’entendait dans l’appartement que les respirations des deux amoureux. Doucement, Théo entraîna la jeune fille dans la chambre et l’allongea sur le lit. L’un après l’autre, les vêtements volèrent dans les airs pour s’entasser pèle mêle sur le sol. Doucement, Noémie avoua à Théo qu’il était le premier et lui demanda d’être délicat. Très compréhensif, et soigneux de laisser à sa compagne un bon souvenir de sa première nuit, il multiplia les attentions et les délicatesses, tout en expliquant qu’il n’avait pas autant d’expérience qu’elle pouvait le penser. Noémie était heureuse. Guidée par les conseils de TO2T, elle faisait preuve de beaucoup de bonne volonté et semblait bien réussir ce que son amant lui demandait ou lui suggérait délicatement. Le tutoiement s’était instauré de lui-même et semblait ne plus poser de problèmes. Il s’imposa aussi facilement que le vouvoiement avait persisté longtemps.

– Je vais y aller, avança Théo vers trois heures du matin, après que leurs corps se soient un peu apaisés, lassés des assauts répétés de leurs jeunes ardeurs.

– Non, reste, dors ici, je veux continuer à sentir ta chaleur toute la nuit.

Théo se laissa convaincre, et comme souvent les hommes après l’amour, il s’endormit rapidement. Toute chamboulée et en état second, Noémie réfléchissait à ce qu’elle venait de vivre. A la délicatesse des gestes de Théo, à sa gentillesse, à sa douceur. Elle sombrait à son tour dans le sommeil lorsque son téléphone, posé sur le la table de nuit, se mit à vibrer. Noémie se dégagea légèrement des bras de Théo et se saisit de l’appareil. L’écran était toujours allumé. Elle se frotta les yeux et dans un demi brouillard, lut le message affiché:

« Vous venez de faire l’amour plusieurs fois avec TO2T. Merci de bien vouloir évaluer sa prestation en lui attribuant une note de une à cinq étoiles. 43 jeunes filles et 12 jeunes hommes ont déjà déposé un avis sur TO2T. Lisez tous les commentaires le concernant. »

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5 avril 2019

Une soirée bien étoilée (4/5)

Avant le dénouement tant attendu de demain…..


D’un commun accord, ils décidèrent d’aller chez elle prendre un café et écouter un peu de musique.

– Je dois avoir quelques CD de Jazz et une bouteille de Chivas, avait-elle ajouté pour finir de le décider. un cadeau de mon père !

Le trajet entre le restaurant et l’appartement de Noémie se déroula dans le calme. Les deux jeunes gens semblaient être sous le charme, mais toujours dans la retenue. Le téléphone de Noémie émit un petit bruit de notification; un message venait d’arriver. Elle ne se permit pas d’ouvrir sur le champ.

Une fois arrivée chez elle, elle proposa à Théo de choisir un disque. Elle s’assit près de lui sur le canapé du salon et tira de son sac son téléphone portable. Quelle était cette notification ? Noémie appuya sur la touche de droite pour éclairer l’écran.

«Vous venez de dîner au restaurant l’Espérance. Merci de bien vouloir évaluer la qualité de cet établissement en lui attribuant de une à cinq étoiles. 174 clients ont déjà déposé un avis sur le restaurant l’Espérance. Lisez tous les commentaires le concernant. »

Charlie Parker et Dizzy jouaient doucement. Noémie montra son téléphone à TO2T.

– Incroyable, dit-elle, ces téléphones sont bien indiscrets. On ne peut plus rien cacher à personne. Notre vie est surveillée perpétuellement du matin au soir. Je ne sais pas si je vais répondre, ajouta Noémie.

– Si si, venez près de moi, nous allons le faire ensemble si vous voulez, dit-il.

Ensemble, ils lurent quelques commentaires et répondirent aux diverses questions posées. Ces questions portaient sur la qualité de l’accueil, la qualité  et la quantité des plats servis, le niveau du service, de la propreté de l’établissement et demandait un commentaire global et une note de une à cinq étoiles. Tout en riant et en plaisantant, Noémie et Théo répondirent à toutes les questions. Ils terminèrent par un « Excellent rapport qualité prix. Excellente ambiance, excellente soirée. Restaurant à conseiller. » Et d’un commun accord, ils attribuèrent cinq étoiles à l’Espérance.

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4 avril 2019

Une soirée bien étoilée (3/5)

Un épisode court pour vous reposer avant les deux derniers morceaux qui finiront en apothéose.

A demain !!


Le repas fut divin. La nourriture fine et parfaitement cuisinée les ravit tous deux. Le vin, bien choisi par la serveuse avait été à la hauteur.  Tout fut parfait. Depuis les amuse-bouche accompagnant la flûte de champagne jusqu’aux mignardises servies avec le café. Un macaron chocolat-cassis maison sur une assiette de porcelaine, c’est quand même autre chose qu’une amande entourée de mauvais chocolat dans un papier alu posée sur la soucoupe, près de la tasse. Noémie n’était jamais allée dans un restaurant de cette classe. Pas coincée, l’ambiance était plutôt décontractée, mais Noémie sentait bien qu’elle était dans un restaurant gastronomique. Rien ne semblait laissé au hasard, que ce soit dans la tenue des serveuses ou dans la mise en place de la salle.

La conversation avait été agréable et variée. Goûts de lecture, de cinéma, appréciations sur les plats servis, quelques mots sur le bureau, l’ambiance de travail. Et puis quelques mots plus personnels; Noémie avait parlé de sa sœur aînée, de son père et de sa mère disparue trop tôt. Théo avait évoqué sa passion pour la voile, son goût pour le jazz des années cinquante et son plaisir de boire un bon whisky, avec modération, évidemment. Noémie et Théo en étaient restés au vouvoiement. Aucun des deux n’avait voulu brusquer les choses en lançant un tu qui eut pu paraître déplacé. Le tutoiement viendrait surement naturellement… plus tard sans la soirée.

Vers vingt-deux heures, Noémie se rendit aux toilettes faire une petite retouche de maquillage, laissant ainsi tout le loisir à Théo de régler discrètement. Galamment, Théo tint la porte pour laisser le passage à Noémie. Elle se risqua à lui prendre le bras pour marcher jusqu’à la voiture. Le ciel était clair, la nuit bien sombre au-dessus du canal. Noémie et Théo s’arrêtèrent un instant pour contempler les étoiles. Il lui montra la grande ourse, Cassiopée et Orion.

– Merci, merci pour ce bon repas. C’était un moment bien agréable, lui dit-elle en tendant ses lèvres.

– Je suis heureux que cela vous ait plu, répondit Théo en déposant un baiser sur la lèvre supérieure de Noémie.

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3 avril 2019

Une soirée bien étoilée (2/5)

Ca chauffe, ça chauffe…. La petite Noémie est toute fébrile ! Peut-être que ce soir sera le grand jour ! Allez savoir !

Bonne lecture et à demain pour le 3…

Commentaires bienvenus, comme d’hab !


Les jours suivants furent un calvaire pour Noémie. Mais un doux calvaire. Chaque passage de Théo la remplissait de bonheur. Elle respirait son eau de toilette avec avidité, se rappelant les baisers de mardi. Lorsque ses collègues de bureau plaisantaient au sujet du beau Théo, elle pensait que elle seule connaissait la chaleur de ses bras, la douceur de ses lèvres, la tendresse de ses mots. Elle en était intérieurement toute tremblante. Mais elle n’en laissait rien paraître, et lui non plus évidemment. Leurs relations étaient essentiellement professionnelles. Mais chaque soir, elle avait pris l’habitude de traîner un peu avant de partir, de passer aux toilettes pendant que ses collègues quittaient le bureau. Et durant quelques minutes, elle recevait les baisers espérés pendant toute la journée, elle lui donnait la tendresse et les mots doux qu’il attendait, mais ils étaient toujours pleins de retenue et de timidité.

Même si elle était d’un naturel timide, et toujours vierge, Noémie espérait bien au fond d’elle même que Théo serait le premier homme à lui apprendre les choses de l’amour.


Le samedi matin, Noémie ne tint pas au lit. Elle avait mal dormi. Elle se sentait nerveuse, Il fallait absolument qu’elle se lève sous peine de voir la migraine s’installer. Et ce n’était certainement pas le jour ! A sept heures et demie, elle était déjà debout. A la même heure que pendant la semaine.

Elle passa la journée à ranger l’appartement. Oh, elle était d’un naturel plutôt ordonnée mais elle souhaitait que tout soit impeccable, au cas où… L’idée lui trottait dans la tête.. Comment allait se passer le repas, et surtout, qu’allaient-ils faire ensuite ? Trop tard pour le cinéma, trop tôt pour aller en boîte. Secrètement, elle espérait bien voir le loup ce soir, comme disait son père. Une grande étape dans sa vie. Une nouvelle étape, mais si importante, Elle ne savait pas ce que serait cette nuit, ni même si elle aurait lieu, mais elle voulait que tout soit parfait si Théo et elle envisageaient d’aller plus loin que de chastes baisers. Elle nettoya donc tout l’appartement, changea les draps, astiqua la douche, les toilettes, les robinets. A dix-neuf heures, elle était prête. Elle avait même pris un bain, elle qui habituellement ne prenait que des douches.

Elle avait pris soin de sa tenue et avait choisi des vêtements légers et amples. Comme elle était un peu complexée par sa trop petite poitrine, elle avait choisi un soutien-gorge avec un léger rembourrage qui la mettait plus en valeur. Mais pas trop quand même !

A partir de dix-neuf heures quinze, Noémie commença à tourner dans l’appartement. Elle passait de la chambre au salon, de la cuisine à la salle de bains, arpentait le couloir en regardant où elle posait les pieds, s’asseyait sur le canapé sur une demi-fesse, histoire de ne pas le froisser et de ne pas froisser sa jupe en lin. Elle sentait bien qu’elle était à la limite du ridicule, mais elle ne pouvait pas faire autrement !

Enfin, à dix-neuf heures vingt-neuf, elle vit une voiture s’arrêter devant la porte de son immeuble. C’était bien lui ! Elle attrapa son manteau, éteignit soigneusement la lumière du couloir, ferma la porte à double tour et descendit les seize marches de son immeuble.

A dix-neuf heures trente, elle était assise dans la voiture, près de lui. Elle avait son eau de toilette pour elle toute seule.

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