janvier 22

Super-jalousies

Coucou, c’est lundi !!!

Bonne lecture des textes de l’atelier de Leiloona… Bon, je suis un peu en retard, mais pas trop… Week-end agité dirons-nous.


Ah non, ils ne disaient rien. Chacun rongeait son frein mais intérieurement, ça bouillait dans leurs corps. S’ils n’avaient peur du scandale, ils se rouleraient bien par terre en se bourrant de coups de poings, comme au bon vieux temps de leurs gloires déchues.
Depuis leur arrivée ici, ils s’ennuyaient ferme. Repas à dix-huit heures, dominos, scrabble, jeu du bac, lecture du journal. Ah, il était loin le temps où on avait besoin d’eux, où ils volaient par monts et par vaux pour sauver l’un, pour attaquer l’autre, pour rétablir la paix mondiale, pour rendre la vie un peu plus agréable pour les habitants de leurs cités respectives.
Ils étaient dans la salle télé lorsque Loïs avait fait son apparition, entourée de deux aides-soignantes qui la tenaient chacune par un bras. Ils la reconnurent tout de suite. A un rien, à un trait du visage, à sa chevelure, certes plus grise, mais dont certains reflets leur rappelaient la crinière d’antan qu’ils avaient tous aimée. Tous les trois levèrent les yeux en même temps, abandonnant ainsi le présentateur du jeu qui continuait inlassablement à poser des questions.
Loïs Lane. Ils avaient tous les trois été follement amoureux d’elle. Mais aucun ne l’avait eue réellement. Chacun avait eu une brève aventure avec elle. C’est pourquoi ils connaissaient tous les trois le goût de ses baisers, la douceur de sa peau, la volupté de ses caresses.
Maintenant, leurs désirs étaient bien moindres qu’il y a vingt ou trente ans. S’asseoir à côté d’elle, lui avancer sa chaise, lui tendre la corbeille à pain. Un sourire d’elle et ils fondaient. Mais la jalousie était là, insidieuse, au fond de leurs cœurs. Et l’épisode du repas de ce midi les avait touchés tous les trois. Ce serait trop long à raconter mais la colère était en eux. Forte et violente.
Alors chacun se calmait comme il pouvait. Clark se cachait les yeux. Le noir lui faisait du bien, lui qui avait si souvent joué avec la lumière. Bruce jouait avec sa casquette qui lui rappelait un peu le masque qu’il portait dans les folles années de sa jeunesse. Dans sa poche, un double de la clé de sa dernière Batmobile le rassurait et il vérifiait souvent qu’elle était toujours là. Quant à Peter, il regardait au loin, les yeux perdus dans ses souvenirs, à la recherche d’une éventuelle araignée qui pourrait s’aventurer.
Ils n’osaient pas se regarder, ni même se parler. Ils savaient que le moindre mot de travers pouvait déclencher une bagarre dont ils ne mesuraient l’ampleur.
Alors Superman, Batman et Spiderman s’ignoraient, tout simplement. Obligés de s’asseoir côte à côte sur le seul banc devant la maison de retraite des mimosas, sans rien dire, sans se regarder.
Au repas de ce soir, qui allait s’asseoir près de Superwoman ? Il y aurait forcément un élu et deux déçus. Dans une heure, après le feuilleton, il sera bien temps d’y penser.

© Amor-Fati 22 janvier 2018 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
janvier 15

Voyants de père en fils

Bonne année 2018.

La semaine dernière, je l’avoue, j’ai séché. Les parachutistes proposés par Leiloona ne m’avaient vraiment pas inspiré et j’ai préféré passer mon tour, quitte à le reprendre plus tard si l’inspiration me revient. Cette semaine, cette photo de potage ne m’a pas inspiré immédiatement, mais la maturation de la semaine a fait son travail et j’ai accouché de ce texte lourd dimanche après-midi. 
En le lisant, vous apprendrez comment les destins d’un homme peuvent être influencés par certains médiums.
Je suis désolé, le texte dépasse légèrement la page A4 en caractères Calibri de Corps 11, mais tout y est important et la vérité historique m’a empêché de faire plus court.
Comme d’habitude, rendez vous sur le site de Bricabook pour lire les textes des copains, sûrement excellents mais certainement pas empreints de sérieux et de recherche encyclopédique comme l’est celui que vous vous apprêtez à découvrir.


Emmanuel était le dernier d’une lignée de médiums et de voyants qui avaient le don de lire l’avenir de leur entourage et leur propre avenir de façons particulières.

Son arrière-grand-père Henri, ancien agent des ponts et chaussées et décédé en 1964 voyait son avenir et l’interprétait dans les croutes de Maroilles. C’était sa manière à lui de travailler. D’aucuns le prenaient pour un illuminé, mais il avait tenu ferme toute sa vie. C’est ainsi que peu avant sa mort, il avait prédit l’assassinat du Président Kennedy en croisant des croutes de fromage avec de la purée de carottes. Il avait terminé son repas en sueur, les yeux révulsés. « Quand la croute de côté fait un trait épais qui va en se rétrécissant et que la carotte est mal mélangée à la purée sans crème, c’est que la vie d’un homme célèbre est en danger. » Le lendemain, après la salade, il avait repris du fromage et relancé les croutes de la main gauche et les yeux fermés dans la gamelle du chien. C’était la façon la plus sûre de ne pas se tromper. Elles étaient retombées en formant un étrange K. Il en avait déduit qu’un président dont le nom commençait par un K était en danger. Mais voilà… Khrouchtchev ou Kennedy ? Les deux étaient en poste. Après plusieurs nuits d’angoisse et d’insomnie pour lui et pour son épouse Marie, il avait fini par avoir sa réponse tant attendue au petit déjeuner. Le Maroilles que sa femme lui avait présenté pour tremper dans son café présentait une série de formes étranges sur la croute, formant une dizaine d’étoiles stylisées. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre que c’était le Yankee qui risquait sa peau. Ses appels téléphoniques à la maison blanche ne furent jamais pris au sérieux et il arriva à John Fitzgerald ce que tout le monde sait.

Le Grand-père d’Emmanuel se nommait André. Peu amateur de fromage, il avait pris l’habitude d’exercer son art en lisant dans la purée Mousline récemment inventée. En tant que cheminot affecté à la conduite des michelines dans le Nord Pas de Calais, André était un spécialiste reconnu des tracés de rails dans la purée en flocons. Il avait notamment reçu le Grand Prix Inter-rail Mous-Miche-Line pour sa prédiction de l’élection de Martine Puichard comme Miss Picardie en 1978. La chute malencontreuse d’un crouton de pain dans les rails du côté gauche de l’assiette (celui du cœur) le midi et une trace en forme de J le soir l’avaient amené à épouser Jacqueline qui lui avait donné deux enfants étrangement allergiques à la purée.

Jean-Michel, le fils aîné d’André fut, malheureusement pour lui, le canard noir de la famille. Il eut beau chercher à prédire l’avenir du monde ou son propre avenir dans différents aliments, rien ne lu sourit. Il essaya pourtant les raviolis, les nems, les poils d’artichauds (son oncle était un spécialiste des poils de coeur, mais la limite de ce texte à une page ne nous permet hélas pas de nous pencher d’avantage sur son cas pourtant passionnant), la tisane Verveine menthe, le ketchup, la mayonnaise et les éclairs au café, rien ne lui permit de lire quoi que ce soit. Il eut une lueur d’espoir un soir en pensant avoir prédit dans les coquillettes au beurre une récolte exceptionnelle de frites dans le sud de la Belgique mais une invasion de sauterelles mit fin à cette espérance.

A la naissance d’Emmanuel en plein milieu des années soixante-dix, toute la famille se demanda quel serait son don. Et il ne fut pas long à le révéler. Emmanuel lisait son avenir dans la soupe à la tomate et dans les pâtes que sa maman Françoise versait généreusement. Si, tout enfant, Emmanuel lisait plus facilement dans le vermicelle et le tapioca, la maturité l’entraîna dans la lecture des pâtes lettres Buitoni. Sa carrière de haut fonctionnaire, il la doit d’ailleurs à la soupe à la tomate. En 2002, la présence des trois lettres A, E et N lui firent se poser des questions sur son avenir. Les Dieux voulaient ils lui dire qu’il était un ANE ? Ses brillants résultats scolaires disaient pourtant le contraire. Soudain, l’illumination lui vint et il entra à l’ENA. N’était-ce pas un signe ?

Depuis, il n’est pas un jour où Emmanuel n’essaie pas de lire son avenir et celui de son pays dans les pâtes à potage. Il lui fallut une bonne semaine de réflexion pour comprendre que les lettres A, B, E, N, Q et U formaient le mot BANQUE et l’incitaient à déposer sa lettre de motivation chez les Rothschild. Les lettres S, R, U, N et E l’encouragèrent à se présenter devant les français et à leur demander de mettre son nom dans les URNES.

Hier soir, en soufflant sur sa soupe trop chaude (Brigitte la laissait trop longtemps sur le feu), il avait aperçu le mot TRAVAIL, même si le V coulait un peu sous un pépin de tomate réticent.

Et aujourd‘hui CODE.

Bon sang…. CODE ce soir et TRAVAIL hier… Il y avait sûrement un message. Le travail du code ? Le code du travail ? Il y avait certainement quelque chose à creuser. Mais quoi ?


PS : A noter que tous les prénoms et les professions sont les bons… Je n’ai rien inventé. Du moins pour ce qui est des prénoms…

© Amor-Fati 15 janvier 2018 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
décembre 18

Parlez-vous Plörknord ?

Voilà… 2017 s’achève bientôt. Une belle année de textes en tous genres grâce à ce super atelier que Bricabook nous propose chaque semaine. pensez à aller sur le site pour lire ou relire tout ce qui vous a été proposé pendant l’année !!
Passez un joyeux Noël et, en recevant vos cadeaux, pensez au travail que cela a nécessité pour que tout soit prêt à temps.
Rendez-vous en Janvier pour le prochain atelier !!


© Leiloona

L’ambiance était électrique. Ça se sentait rien qu’en pénétrant dans l’atelier. Habituellement, tout se passait dans la bonne humeur, même en sifflotant ou en chantonnant. Mais ce matin, il n’aurait pas fallu faire une réflexion ou dire quoi que ce soit de déplacé sans risquer l’incident.
A quatre pattes par terre, Bidule pestait à haute voix.
« Voilà bientôt deux siècles qu’on ne nous a pas réclamé un tel article. Je me souviens bien, c’est moi qui m’en étais déjà chargé à l’époque.
– Oui, répondit Farfouille qui passait par là, mais à l’époque, tu étais plus jeune et plus patient !
– Tu parles, à peine deux cents ans, c’est rien !
– Quel est le problème exactement ? Montre-moi, je peux peut-être t’aider.
– Tu vois, voilà trois fois que j’essaie de mettre cette planche comme ça, et ça ne fonctionne pas.
– Ca a l’air bien pourtant, comme ça, à vue de nez.
– A vue de nez, oui, tu en as de bonnes, mais quand je mets celle-là… Tu vois bien que…
– Ah oui en effet, tu as raison ! Il y a un décalage.
– Pas gros mais quand même… Tu sais ce qui serait l’idéal si tu voulais vraiment m’aider ?
– Non, vas-y, dis-moi Bidule, si je peux, je le ferai !
– Trouve-moi la notice de montage originale. Toi qui es le roi du rangement, je suis certain que tu la trouveras !
– Nom d’un petit renne, tu parles d’une demande… Je ne te garantis rien, mais je vais aller voir. C’est vraiment parce que c’est toi.
– Pendant que tu cherches, je vais monter un ou deux vélos, histoire de ne pas perdre de temps.
-C’est ça, à tout à l’heure !
Et Farfouille disparut en courant et en claquant la porte.

Une heure plus tard, alors que Bidule, aidé par Bidouille, installait le dérailleur du quatrième vélo de la matinée, Farfouille fit son entrée dans l’atelier.
– Voilà, dit-il, tout essoufflé, voilà ce que j’ai trouvé.
Et il déposa sous les yeux éberlués de Bidule le grand livre de montage qu’il avait retrouvé loin, loin, sur une haute étagère dans la grande bibliothèque.
– Tu vois, dit-il, c’est clair… Ta pièce est montée à l’envers… C’est marqué là.
– Mais que racontes-tu, demanda Bidule, je ne comprends rien à ce charabia. C’est quoi ce langage ?
– Mais enfin, répondit Farfouille, c’est du Plörknord. Souviens-toi.
– Du Plörknord ? Tu veux dire, du Plörknord ancien ?
– Oui, celui qu’on parlait dans la nuit des temps.
– Mais je ne le parle pas, je ne le lis pas non plus.
– Ca, mon cher Bidule, il fallait venir aux cours quand nous étions enfants.
– Ca ne m’intéressait pas à l’époque. J’avoue que j’ai séché presque tous les cours. Je préférais jouer aux boules de neige et assister aux cours d’emballage des cadeaux.
– Oui, je sais, tu étais plutôt manuel, comme tu l’es maintenant !
– Sûr ! et puis j’avais pris l’option mécanique des traîneaux et réparation de rennes.
– Allez, je suis là pour t’aider. Donc, là, tu vois, là où il y a les trois bâtons, c’est écrit : Placer la planche B vers le Nord-Ouest. Et toi, tu la mettais Nord-Est.
– Alors, Nord-Ouest !! Ah oui, c’est bon, on n’a plus le décalage… Je pense que je dois pouvoir finir tout seul maintenant.
– Vas-y, continue, mais je reste à côté de toi pour la fin du montage, je suis sur la notice.
– Je suis rassuré ! Merci Farfouille. Du fond du cœur, merci.
– Pas de quoi mon vieux  Bidule ! Ah, les enfants ne se doutent pas du mal qu’on se donne pour fabriquer leurs jouets.
– Mets un petit bout de tissu pour marquer la page, des fois que j’en ai encore besoin dans deux cents ans !!
– Ah ah, tu as raison… Ou alors, mets-toi au Plörknord, il y a des cours de rattrapage en janvier ! »

© Amor-Fati 18 décembre 2017 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
décembre 11

La valise envolée

Bonjour. C’est lundi, c’est Atelier d’écriture de Bricabooks.
Et sur ce site, c’est un lundi un peu particulier.
Ce n’est pas moi qui ai écrit le texte cette semaine, mais ma maman.
Chaque semaine, je lui envoie en avance la photo de l’atelier (maintenant, elle va d’ailleurs la voir toute seule) et lui demande ce qu’elle lui inspire. Elle répond habituellement par une phrase ou deux.
Or, mardi 12 Décembre, il y aura dix ans que mon père, son mari, nous a quittés pour aller rejoindre Dieu sait qui, là-haut dans les nuages. Et cette photo d’avion et de valise lui a inspiré un texte tout entier.
Bonne lecture et pensez à commenter, elle lira ce que vous avez écrit !!


@Leiloona

Dix ans.

Dix ans déjà qu’il est parti.

Dix ans qu’il a fait ses valises discrètement, comme à son habitude pour ne pas déranger.

Dix ans que son absence occupe tout l’espace dans la maison.

Dix ans que les fêtes de Noël ne sont plus de vraies fêtes pour elle, mais les réunions de famille lui apportent la chaleur qui lui manque maintenant.

Habituellement, elle passe le Noël chez ses filles. Cette année, c’est son fils qui la reçoit, à Caen. Elle est heureuse à l’idée de quitter sa maison sans âme maintenant.

Les billets sont achetés depuis longtemps déjà.  C’est tout un événement !

Pour aller de Bordeaux à Caen en avion, il faut changer à Lyon ! C’est d’une simplicité désarmante !

Déjà, la valise se prépare doucement pour ne rien oublier : les vêtements, les médicaments et les cadeaux. C’est qu’ils prennent de la place ces cadeaux, surtout celui de son fils qui est très volumineux. C’est une surprise ! Et pour cela il faut une grande valise !  Quand son fils lui a parlé du supplément à payer pour ce bagage, elle a mal réagi : une réaction épidermique aux procédés malhonnêtes pour faire du profit. Elle a souvent maintenant des moments d’incompréhension devant le mode actuel de vie.

Pensez… elle a 87 ans !

Et pourtant elle est, aux dires de son entourage, encore très moderne et s’adapte assez bien à l’évolution de la société. Mais parfois elle se révolte, ce qui a été le cas ce matin-là.

Bien sûr, elle y pense à ce beau Noël et même elle en rêve : de beaux rêves mais aussi de mauvais présages : la nuit dernière, elle s’est réveillée en nage, affolée par ce qui lui arrivait. Son fils l’attendait à l’aéroport de Caen, bien sûr, et elle était heureuse : le voyage s’était bien passé. Ils se dirigeaient vers la réception des bagages. Habituellement c’était plutôt rapide :  il n’y a pas un grand trafic.  Mais cette fois les bagages n’arrivaient pas. Pas de valise malgré les recherches. Contact avec Lyon.  Le temps s’écoulait, lentement.

Enfin, après une bonne heure d’incertitude, cette sacrée valise avait été retrouvée. Elle était restée dans la soute et les employés venaient de la déposer sur le chariot de transport. Pour preuve, l’aéroport de Lyon lui avait même transmis la photo par MMS.

Quel rêve ! A deux semaines du départ, elle souhaite de tout cœur que ce rêve ne devienne pas réalité !

 

© Amor-Fati 11 décembre 2017 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
décembre 4

Le doux pays des fleurs

Des fleurs, des plantes… Une serre.. Est-ce un laboratoire ? Le reste d’une société après le chaos ? Chacun des membres de l’atelier de Leiloona (Bricabook) aura sa version. Je vous livre la mienne. Comme d’habitude, vos commentaires sont les bienvenus.


© Emma Jane Browne

Arrête-toi, voyageur !
Voici un lieu en tous points enchanteur.

Tu n’entendras aucune clameur
Aucune peur, nulle douleur
Tu n’y verras ni empailleur
Ni enquiquineur
Ni encaisseur, ni explorateur
Pas non plus d’escamoteur, d’escaladeur, d’envahisseur
De sénateur.

Mais de la chaleur
Une superbe lueur
Nuit et jour de la couleur
De la lenteur, du labeur
Du bon cœur,
En un mot, un bonheur ravageur
Des odeurs, des vapeurs.

Car en ce lieu de douceur
On trouve des tuteurs
Des horti et des api culteurs
Des racomodeurs d’odeurs
Des composteurs d’humeurs
Des redresseurs de pois de senteur,
Des réparateurs, des arroseurs.

Bienvenue à toi voyageur
Dans le paradis des odeurs
Tu vas croiser, mon cher flâneur
Des Dames d’onze heures
Des Euphorbes des pêcheurs
Des Ficoïdes à feuilles en cœur
Des Véroniques à cœur de beurre.

Bienvenue aux pays des senteurs
Bienvenue aux doux pays des fleurs.

© Amor-Fati 4 décembre 2017 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr