décembre 24

C’est Noël chez Papitilo

« Dis, Papitilo, le Père Noël il doit passer à quelle heure ?
– Il passe à minuit d’habitude, il attend que les petits enfants s’endorment.
– Comment il fait pour savoir quand ils dorment ?
Noé est inquiet. Depuis quelques jours, il a des doutes, des hésitations, des craintes, des peurs. Jusqu’à maintenant, le Père Noël, ce n’était qu’un nom, une idée. Mais plus le jour de Noël approche et plus Noé se pose des questions.
– Alors, comment il sait ?
– Je te l’ai déjà dit. Le Père Noël voit tout, sait tout. On ne peut rien lui cacher.
– Et quand on a fait une bêtise ?
– Il le sait aussi, bien sûr !
– Alors, est-ce qu’il sait que c’est moi qui ai fini le croissant que Mamina avait posé sur la table hier ?
– Evidemment. Mais le Père Noël se fâche seulement quand on cache les bêtises qu’on a faites.
Noé regarde ses chaussons. Il tortille ses doigts. Il est un petit peu rouge.
– Alors pour moi, il va se fâcher à cause du croissant ?
– Non, pourquoi veux-tu qu’il se fâche ?
– Parce que je l’ai caché !
– Mais non, tu ne l’as pas caché.
– Si, je l’ai caché, je ne l’ai pas dit.
– Mais tu viens de me le dire, Noé chéri…
– Oui, mais pas au Père Noël.
– Pas grave, il t’a entendu. Alors, il passera pour toi, parce que tu es un petit garçon très sage…
– Tu es sûr ?
– Evidemment. D’ailleurs, il m’a dit qu’il passerait chez nous cette nuit.
– Et est-ce qu’il passe pour les Papitilo et les Mamina ?
– Normalement oui, si on a été sages.
– Moi, je dis que tu es le plus sage et le plus gentils des Papitilos. Et Mamina la plus belle et la plus adorable des Maminas…
Papitilo prend Noé dans ses bras et l’embrasse sur les deux joues.
– Allez, va vite te préparer. Mamina a fait couler ton bain. Il faut que tu sentes bon pour quand papa et maman vont arriver.
– Ils arrivent à quelle heure ?
– Ils ont dit huit heures. Et c’est maman qui apporte le dessert.
– Et demain matin alors ?
– On ouvrira les paquets du Père Noël tous ensemble sous le sapin. Et après, tu repartiras chez toi. Les vacances chez nous sont terminées.
– Déjà ?
– Oui. Papou et Mamou t’attendent. Ils ont envie de te voir aussi… Allez, file vite au bain.
Noé part en courant. Au bas de l’escalier, il s’arrête soudain et se retourne.
– Papitilo ?
– Oui, mon bonhomme ?
– J’t’aime très beaucoup fort.
– Moi aussi mon grand… Tu veux que je te dise un secret ?
– Oui.
– Noël avec toi, c’est le plus beau des cadeaux… »
Joyeux Noël à tous les Noé, à tous les Papitilo et toutes les Mamina…

© Amor-Fati 24 décembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
décembre 4

Noé et Papitilo dans le grenier.

Noé et Papitilo à la plage n’est pas terminé. Il reste encore deux chapitres. Mais aujourd’hui, il y a un concours de nouvelles sur le site Short-Edition et j’y ai participé avec nos deux amis que vous connaissez bien maintenant.

D’ailleurs, si l’envie vous en prenait, vous pouvez voter pour ce texte à cette adresse :

http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/noe-et-papitilo-dans-le-grenier

Bon dimanche !!

« A table, les deux loulous, j’ai fait des lasagnes !

Mamina est en bas de l’escalier, les mains sur les hanches et elle attend. C’est la troisième fois qu’elle appelle Papitilo et Noé et ils ne sont toujours pas descendus.

Il y a plus d’une heure maintenant, Papitilo lui a dit :

– Je cherche le maillet pour monter la tente dans le jardin, j’ai promis à Noé qu’on l’installerait aujourd’hui ! Tu ne saurais pas où il est ?

-La dernière fois que je l’ai vu, il était dans le grenier a répondu Mamina.

– Alors, si tu le dis, c’est qu’il doit y être, a rigolé Papitilo. Tu sais toujours tout, comme toutes les femmes.

Et Papitilo a fait un clin d’oeil a Noé.

-Allez, viens mon gars, viens avec moi, on va chercher le maillet et après on ira monter la tente !

Et ils sont montés tous les deux dans le grenier. Et ils y sont toujours !

Mamina appelle une quatrième fois. Toujours aucune réponse.

Alors, tant pis, elle monte. Les lasagnes vont brûler dans le four si elle ne se décide pas. Elle arrive vite au premier étage, celle où il y a les chambres et la salle de bains. Elle s’arrête étonnée. Il y a de la musique là-haut. De la musique qui vient du grenier ! Mamina ouvre la porte qui donne sur l’escalier du grenier. Et la musique se fait plus forte ! Elle reconnait cette chanson. « Laisse les gondoles à Venise ». Sheila et Ringo ! Elle chantait ça à tue-tête quand elle était petite ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Mamina grimpe les seize marches qui la séparent de la porte du grenier. La musique se fait entendre de plus en plus fortement. Elle entend même Papitilo qui chante « …et prends ma main… »

Elle s’arrête quelques secondes devant la porte, respire un grand coup et tourne la poignée…

Quel spectacle ! Elle n’en croit pas ses yeux ! Papitilo est au milieu du grenier, une casquette rouge marquée UCLA sur la tête, une vieille écharpe bleue autour du cou et il hurle dans un stylo bille rouge qui lui sert de micro. A côté de lui, Noé est assis sur un vieux bidon de lessive et fait semblant de taper sur une batterie. Tous les deux s’arrêtent de gesticuler dès qu’ils voient Mamina. Elle a des yeux grand ouverts et n’en revient pas. Elle rigole.

– Qu’est-ce que vous fabriquez tous les deux ? Les lasagnes sont prêtes !

La chanson continue quelques secondes puis s’arrête. Le silence…

C’est Noé qui parle le premier.

-Tu sais, Mamina, avec Papitilo, on est montés pour chercher le malet pour la tente

-Maillet, le coupe son grand-père.

-Oui, le maillet. Et Papitilo il a cherché un peu partout.

-J’ai regardé dans tous les coins, parce que je ne le voyais pas.

-Il a soulevé des tissus, il a ouvert des tiroirs. Et puis à un moment…

-En regardant dans le coin là, j’ai retrouvé…

-Le tectofone, dit Noé.

-Non, l’électrophone, corrige Papitilo. E-lec-tro-phone !

– Oui. Lectrophone.

Et derrière, une pile avec tout un tas de disques, ajoute Papitilo. Tu te souviens Nono ?

Quand Papitilo appelle Mamina « Nono » c’est qu’il est en forme, amoureux et qu’il veut lui faire plaisir.

-Ah oui…. dit Mamina.

-Alors, Papitilo a branché le lec…

-L’électrophone

-… phone et il a mis un truc rond et noir dessus

-Un disque précise Papitilo.

-Ben oui, évidemment, un disque, dit Mamina.

-Et on a écouté deux ou trois chansons et Papitilo regardait dans la pile et il disait tout le temps . Oh celle là, oh celle là…

Mamina sourit.

-C’est vrai, dit-elle, c’est la musique de notre jeunesse, tu sais Noé. Quand on était tout jeunes, ton grand-père et moi.

-Tiens, viens voir, Nono, dit Papitilo à Mamina.

-Non, ça ne m’intéresse pas de fouiller dans ces vieux trucs, dit Mamina…. Explorer le passé ? Non, vraiment pas. C’est pas mon genre.

Et Papitilo sort de la caisse de bois un disque de Michel Fugain.

-Oh, Oui, le Big Bazar, dit Mamina ! Oh, j’adorais, vas-y, mets le…

Papitilo fait un clin d’œil à son petit-fils.

-Je te l’avais dit, lui glisse-t-il à l’oreille !

Tous les deux, assis dans un coin du grenier, regardent Mamina et riant. Elle est debout au milieu du grenier, et elle chante… elle chante comme quand elle avait vingt ans.

-Fais comme l’oiseau !!! Ça vit d’air pur et d’eau fraiche un oiseau !!

Papitilo la prend par le bras et continue :

-D’un peu de chasse et de pêche un oiseau !

Et tous les deux se mettent à danser.

Noé se roule par terre. Jamais il n’avait vu ses grands-parents si complices. Si en forme !

-C’est toute notre jeunesse, Noé tu sais… Remuer des vieux souvenirs comme ça, ça fait du bien.

Et, se mettant à genoux devant la caisse, Mamina sort les disques les uns après les autres ?

-Oh, celui-là, dit-elle en en regardant un…. Oh, celui-là répète-t-elle en en retournant un autre ?

Papitilo la regarde en souriant.

-Tu étais venue pour quoi au fait ?

-Je ne sais plus, répond Mamina.

Elle réfléchit…

-Je ne sais plus….

Soudain, Noé se met de bout et crie.

-Mamina, Papitilo, ça sent le brûlé.

Quelques secondes de silence, puis Mamina se met debout à son tour :

-Mes lasagnes, j’étais venue vous chercher !!! Ah c’est malin, Martin, de nous mettre de la musique, venez manger c’est prêt !

Avant de quitter le grenier, elle se tourne et regarde Papitilo :

-Au fait, tu as trouvé le maillet ?

-Non, répond Papitilo. Pas trouvé.On reviendra cet après midi.

-Tu remettras de la musque ? demande Noé avec des étincelles dans les yeux.

-On verra, on verra !!

-Allez, venez manger maintenant, les deux gars. Ça va vraiment être trop cuit !! »

 

© Amor-Fati 4 décembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
novembre 11

Le temps emporte tout

Et si tu m’écrivais ?
Un p’tit mot, un texto
Comme ça, pour rien
Pour savoir si j’vais bien
Si j’suis en bonne santé
S’il m’est rien arrivé
Si j’vais finir l’année.

Et si tu m’appelais
T’as bien mon numéro
Comme ça, pour rien
Pour que j’entende ta voix
Me dire que c’est bien toi
Que j’dois pas m’inquiéter
Que tu ne m’as pas oublié.

Et puis, si tu passais ?
A l’heure de l’apéro
Comme ça, pour rien
Pour partager une bière
Raconter  tes misères
J’aime bien quand tu es là
J’aime bien être avec toi.

Le temps emporte tout
Les rêves et les  souvenirs,
Les larmes et les sourires
Mais aussi, et surtout,
Les mots qu’on ne s’est pas dits
Les coups qu’on n’ a pas bus
Les rires qu’on n’a pas eus

© Amor-Fati 11 novembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
septembre 12

Ombre et lumière

Habitués de ce blog, vous le savez que le lundi, c’est le jour de Leiloona, de Bricabook et de sa photo à commenter, à inventer. Ce lundi ne déroge pas à la règle. J’ai repris le boulot, pour la dernière année. J’ai repris également les ateliers après deux mois de non-écriture. Commençons par une photo de la fête. Bonne semaine.

La roue tournemanege
La vie tourne
Parfois la lumière
Parfois le sombre
L’obscurité
Le jeu
La musique
L’ivresse
Le tournis

Dans la lumière
On te voit
Tu tournes avec les autres
Tu ris fort
Pour qu’on t’entende
Tu t’enivres
Insouciant
Entrainé par la folie
De la vie

Descends du manège
Fais deux pas en arrière
Loin de la lumière
Eloigne toi un peu
Et tu verras
Comme on t’oublie
Comme on te nie.

Profite de la fête
Te prends pas la tête
Tourne manège
Qu’il pleuve ou qu’il neige
Profite de la vie
Quand elle te sourit
Un pas de côté
Et on oubliera
Ce que tu as été
A dix pas de la piste
On oubliera que tu existes.

 

© Amor-Fati 12 septembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
août 29

Mot d’excuse

Monsieur le Directeur Académique,

motJe suis au regret de vous faire avoir que je ne pourrai pas reprendre le travail comme prévu jeudi matin avec les élèves.
Mes salades ne sont pas encore prêtes, les betteraves ont besoin de soin intensif et les poireaux ne sont pas encore à point.
De plus, je viens de m’apercevoir que mon figuier commence à donner de beaux fruits bien mûrs qui ont bien besoin de surveillance pour éviter que les oiseaux n’en fissent leur repas.
En tant que nouveau grand père, je me dois d’être nuit et jour disponible si mon petit fils avait besoin de me voir pour une raison ou pour une autre. Je ne voudrais pas rater une occasion de passer un moment auprès de lui au cas où l’occasion se présenterait.

De plus, depuis deux mois, je me réveille à dix heures du matin, il ne me parait pas très sain pour ma santé et pour mon équilibre de briser brusquement ce rythme si durement acquis.

Enfin, si je fais un rapide calcul, j’ai passé trois années de préparation pour enseigner pendant trente six ans, soit un ratio de un pour douze, il me semble logique que je prenne une année entière pour me préparer à mon nouveau métier de retraité que je compte bien exercer pendant une vingtaine d’années au moins. Ceci me parait un deal acceptable.
C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir poser un remplaçant dans la classe où je devais me présenter jeudi matin.

Je vous remercie d’avoir porté attention à mon courrier et vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur Académique, l’expression de ma considération.

JMB

© Amor-Fati 29 août 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr