mars 27

Dimanche noir

Ma participation au concours de Short-Edition. Écrire un texte très très court commençant par « l’impact des gouttes sur le métal… » Peur et suspens doivent être au rendez-vous…

Voilà qui est fait.. Content de vous retrouver sur ce blog… ça fait plaisir de retrouver l’écriture, après tout ce temps…


L’impact des gouttes sur le métal le rappela à la réalité. Il ouvrit les yeux sur ce fameux matin. Il savait bien que ce jour devait arriver. Sa mère le lui avait enseigné depuis son plus jeune âge. Il savait depuis sa naissance que cette journée allait être la pire de son existence. On ne se cache pas ces choses-là dans la famille.

Déjà son oncle et sa tante étaient morts l’année dernière. Ensemble. Foudroyés dans la force de l’âge. Plusieurs de ses cousins avaient été portés disparus. Personne n’était certain de leur mort mais c’était plus que probable. Une chose est certaine : on ne les avait jamais revus.

Jeannot, comme tout le monde l’appelait, fit un rapide point dans sa tête. Qu’avait-il de si important à faire aujourd’hui ? Honnêtement pas grand-chose. Il avait pris ses précautions depuis une semaine en prévision de ce dimanche matin. Le garde-manger était plein. Il avait à manger et à boire pour un bon moment. Ses parents étaient allés rendre visite à des amis bien loin du danger. Rien ne justifiait une sortie aujourd’hui.

En plus, il pleuvait. Tic Toc Tic Toc…

Il s’approcha à pas de fourmi de l’entrée de chez lui, passa son nez au dehors et regarda. La pluie tombait à grosses gouttes. Ce qui était plutôt rassurant et minimisait quelque peu le danger. Les statistiques étaient formelles : il y avait plus de victimes les jours de grand soleil. Ce qui ne voulait pas dire qu’il ne risquerait rien aujourd’hui.

Ni les jours suivants d’ailleurs. Il fallait se méfier. Chaque jour était un danger.

Histoire de se dégourdir un peu, il sortit de chez lui, non sans avoir pris mille précautions. Oh il ne s’aventura pas bien loin. Juste quelques pas devant l’entrée. A vingt mètres de lui, en face, il aperçut Violine, son amie de toujours. Il l’appela.

« Violine, ça va ? Tout se passe bien ?

– J’ai peur Jeannot, j’ai peur.

– Moi aussi, mais si tu es prudente, tu ne risques rien. Tu es toute seule ?

– Oui, si tu venais me rejoindre ?

– OK, j’arrive…

Soudain, alors que Jeannot s’apprêtait à  rejoindre Violine, Le vieux Max déboula à toute allure. Il criait :

– Jeannot, Jeannot, rentre… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Une déflagration énorme se fit entendre et Max s’écroula dans la poussière. Jeannot eut tout juste le temps de voir le sang de Max jaillir d’une plaie ouverte. Ils l’avaient eu, lui, le vieux Max. Un sage pourtant.

Hors de question d’aller voir ce qui se passait, Jeannot ne le savait que trop. Il retourna à fond de caisse vers chez lui et s’engouffra le plus loin possible du danger. Il le savait, quand il reviendrait, Max ne serait plus là.  Les corps ne restaient jamais à la même place. Ils étaient très rapidement évacués. Comme si les victimes n’avaient jamais existé. Parfois on retrouvait des ossements, beaucoup plus loin, mais c’était rare.

La journée allait être longue. Jeannot savait bien que ce dimanche allait traîner. Petit à petit, imperceptiblement, il s’approcha de l’entrée. Il faisait chaud en cette fin d’été. Même si la pluie tombait à grosses gouttes, la chaleur lourde était quand même étouffante. Jeannot regarda dehors. Le cadavre de Max n’était plus là.

Il ne vit rien, mais il entendit.

Des coups de feu provenaient de tous les points cardinaux. Ca tirait partout. Dehors, ce devait être l’enfer. Un carnage. D’autant plus que le ciel se dégageait et que le soleil pointait son nez entre les branches des arbres. Les quelques SDF qu’il connaissait devaient connaître une journée épouvantable. Les victimes seraient nombreuses, à n’en pas douter. Pourvu que sa famille soit épargnée. Et ses amis aussi. Mais il ne se faisait guère d’illusion. Il savait bien qu’il aurait à pleurer la perte de plusieurs de ses proches.

Jeannot ferma les yeux. L’impact des gouttes de pluie sur le métal de la boite de conserve qui traînait près de la porte de chez lui le ramenait sans cesse à ce jour maudit. A ce dimanche de tous les dangers.

Aujourd’hui était le jour de l’ouverture de la chasse et le temps était plus que dangereux pour les petits lapins comme lui.

 

© Amor-Fati 27 mars 2017 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
janvier 15

Bon anniversaire Noé !

Envoie-moi ton dessin !

Aujourd’hui, c’est un grand jour pour Noé….. Un jour comme il n’en arrive qu’un par an, comme le passage du Père Noël ou des cloches de Pâques. C’est son anniversaire !!!! Un an de plus que l’an dernier, ça compte !

Pour lui faire plaisir, papa et maman ont invité tout le monde à manger ce midi. Papou et Mamou, Papitilo et Mamina évidemment, mais aussi Tonton Bidou et sa copine. Elle s’appelle Louna mais tout le monde l’appelle Loulou. Et tonton Bidou, on l’appelle comme ça parce que quand il était petit, à la fin des repas, il se grattait le ventre en disant « j’en ai plein mon Bidou ».

Pour son anniversaire, maman a demandé à Noé ce qu’il voulait manger. Il a répondu qu’il adorait le poulet. Alors, ce sera poulet frites ! Le dessert, c’est Papitilo qui s’en charge. Il aime bien faire les gâteaux, surtout pour l’anniversaire de Noé.

Noé aide maman à mettre le couvert.

« Je me trompe toujours maman, la fourchette, c’est quel chausson ?
– Du côté de ton chausson bleu, répond maman.
– D’accord. Et le couteau du côté rouge ?
– Voilà, c’est ça !

Il faut vous dire que Noé a un chausson bleu et un chausson rouge. Le bleu à gauche et le rouge à droite. Comme ça, il arrive à se retrouver les deux côtés qu’il a un peu de mal à retenir. Sauf quand il est pieds nus !!!

Noé est un peu impatient. Il a bien vu tout le monde arriver avec des paniers d’où dépassaient des papiers colorés et des nœuds de couleur. Maman lui a dit qu’on lui donnerait ses cadeaux au dessert.

Alors, même si le poulet est bon, même si les frites sont croustillantes, Noé attend le dessert.

Mystérieusement, tout le monde disparait d’un seul coup. Il ne reste que Bidou, Loulou papa et Noé à table. Tous les autres sont partis dans la cuisine et maman a fermé la porte.

– Qu’est-ce qu’ils font tous dans la cuisine ? demande Noé.
– Je ne sais pas, répond Bidou, peut-être la vaisselle…
– Tu sais, reprend Loulou, le poulet et les frites ça fait beaucoup de plats à laver !

Soudain, papa se lève et va fermer les volets.

– Pourquoi tu fermes papa ? Il fait pas nuit…

Papa n’a pas le temps de répondre que la porte de la cuisine s’ouvre en grand. Papitilo porte le gâteau avec maman. C’est un gros gâteau au chocolat avec de la crème blanche et quatre bougies qui brillent. Papou et Mamou suivent derrière et Mamina prend des photos en marchant. Tout le monde chante :

« Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, Noé… Joyeux anniversaire ! »

Noé n’a encore jamais vu ça. Il a les yeux qui brillent. Il regarde les bougies et les compte tout fort…
– Une, deux, trois, quatre !!
– Allez, souffle, lui dit maman !!!

Noé prend une grande respiration et souffle toutes les bougies d’un coup.

Tout le monde applaudit, et soudain, voilà plein de cadeaux qui arrivent sur la table. Noé ne sait plus où regarder !

Il s’apprête à ouvrir le premier quand Papitilo l’attrape sous les épaules.
Il le soulève et arrête son geste devant son visage. Il lui pose deux gros bisous sur chacune de ses joues.

– Bon anniversaire mon grand. Tu pousses bien comme une arbre, beau comme une fleur et droit comme un chêne. Tu es mon petit-fils à moi !!!

Noé passe les bras autour du cou de Papitilo.
– Bon anniversaire aussi, Papitilo ; dit-il en riant !
– Mais ce n’est pas mon anniversaire à moi, dit Grand-Père.
– C’est pas grave, j’t’aime tout fort quand même ! »

Tout le monde éclate de rire ! Allez, on laisse Noé ouvrir ses cadeaux et manger son gâteau.

Bon anniversaire Noé !

Si vous voulez remplacer le dessin par un autre dessin, pensez à me l’envoyer !!

© Amor-Fati 15 janvier 2017 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
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décembre 25

Noé et Papitilo vont à la plage.

En un seul morceau,les 5 épisodes de cette première nouvelle de Papitilo et Noé. Écrit pour des enfants de cycle 2. Du CP au CE2. Je cherche des écoles qui accepteraient de lire cette histoire et de l’illustrer.
A vos crayons….. et envoyez moi vos créations….

Merci à Lola pour les illustrations déjà réalisées et celles qu’elle m’a promises.


« Allo, Papitilo?
Papitilo éloigne le téléphone de son oreille. Il reconnait bien la voix de son petit-fils chéri. Mais Noé ne peut pas s’empêcher de crier quand il appelle son grand-père. Maman lui a dit que Papitilo était un peu sourd. Alors pour être sûr, il hurle !
– Oui mon grand. Bonjour Noé. Tu vas bien ?
– Oui, je vais pas à l’école aujourd’hui tu sais.
– Je sais, on est samedi. Je sais même que tu vas venir me voir cet après-midi.
– On ira se promener sur la plage tous les deux ?
– Bien sûr. S’il ne pleut pas. »
Et hop.. Noé se dépêche d’avaler son beefsteak haché et sa purée. Elle est bonne la purée de maman. Des fois, maman fait de la vraie purée. Et Noé l’aide à tourner. Mais là, c’est de le purée de la boite !
« Vite, vite, dépêche-toi, dit maman, on est déjà en retard, et je dois passer te déposer chez Papitilo.
– Vite, vite répète Noé »
Noé court. Il remonte dans sa chambre chercher Bouboune. Il ne va quand même pas le laisser tout seul tout l’après midi.
Noé monte dans la voiture. Il sait s’attacher tout seul maintenant.
Et les voilà partis !
Papitilo nous voilà !!


Quand Noé et sa maman arrivent, Papitilo est un peu endormi. Après manger, c’est toujours comme ça. Il pique du nez, comme dit papa !
– Papitilo, Papitilo, on va à la plage ?
– Hé, bonjour mon bonhomme, d’abord.
Papitilo se baisse en faisant bien attention à son dos qui lui fait mal et il soulève son petit-fils. Noé passe ses bras autour du cou de son grand-père et lui fait un gros bisou sur la joue. Un bisou qui claque et qui fait du bruit.
– Et un bisou à Bouboune ! demande Noé en tendant le mouton en laine rapporté d’Irlande.
Il ne ressemble plus à grand ’chose le pauvre Bouboune, tellement il a été trituré dans tous les sens !
– Mamina n’est pas là ? demande Noé en regardant autour de lui.
Mamina, c’est la femme de Papitilo. Mais ce n’est pas la maman de maman. C’est comme Papinou, c’est le mari de Maminou, mais ce n’est pas le papa de maman… C’était un peu compliqué au début, mais maintenant, Noé a bien compris. Ça fait juste des bisous en plus, c’est tout ! Que du bon !
– Elle est partie faire des courses parce qu’elle savait que tu arrivais ! Tu la verras tout à l’heure !
– Je repasserai le prendre après manger, si ça ne te dérange pas, papa.
– Prends ton temps ma grande. Si tu veux, on peut même le garder à dormir ce soir. Il doit y avoir un pyjama et quelques vêtements de la dernière fois…
– Je te dirai, je t’envoie un texto dans l’après-midi.
– D’accord. Ne t’inquiète pas, on s’occupera bien de lui.
– Je ne m’inquiète pas, papa. Allez, p’tit loup, je m’en vais, dit maman en claquant des mains vers son petit garçon.
Noé court et saute au cou de sa maman et il la couvre de bisous mouillés.
Il rit fort entre deux bisous.
– Amuse-toi bien mon cœur, et sois sage avec Papitilo et Mamina ! A ce soir, ou à demain, je te dirai..
– D’accord…
Puis, Noé se tourne vers Papitilo.
– Bon, on part à la plage ?


« Comment ça tu ne sais pas faire tes lacets ? Un grand garçon comme toi ?
– Mais c’est dur, Papitilo, tu sais, je ne sais jamais avec quelle main on fait la boucle.
– Allez, viens me voir, je vais te montrer. Mais…
– … c’est la dernière fois !
Papitilo et Noé rigolent. Tous les deux savent bien que Papitilo lui montrera encore plein de fois !
– Ça y est, cette fois, je suis prêt.
Papitilo regarde Noé de la tête aux pieds.
– C’est bon. Tiens, voilà ton bonnet, marin, on y va. »
Et les voilà partis. Papitilo donne la main à son petit-fils. Ils se connaissent bien tous les deux. Ils se voient si souvent qu’une grande complicité est née entre le vieux monsieur et son petit-fils.
La plage n’est pas loin de la maison de Papitilo et Mamina. En chemin, ils croisent Madame Leclerc qui habite dans une grande maison près de la boulangerie. Elle tient son chien en laisse.
– Bonjour Madame Leclerc, vous allez bien, demande Papitilo ?
– Un peu fatiguée, comme tous les jours. Je fais faire un petit tour à Loustic. Il adore aller marcher sur la plage.
– Hé bien nous, on y va, avec mon capitaine de petit-fils.
– On ramènera des coquillages, hein Papitilo ?
– Bien sûr, j’avais prévu, tu sais !
Et Papitilo sort un sac en plastique bleu de sa poche.
– Vous allez remplir le sac ? demande Madame Leclerc ?
Noé rigole :
– Oh pas quand même, maman ne va pas vouloir que je ramène tout ça à la maison !
– Allez, en route mauvaise troupe, dit Papitilo, bonne journée madame Leclerc !
Ca y est ! Noé voit déjà la statue qui est au bord de la plage. Un soldat en jupe qui joue du biniou. Au début ça lui a fait drôle, mais Papitilo lui a expliqué que c’était un écossais qui s’appelait Bill et qui était venu ici il y a longtemps quand il y avait la guerre. Maintenant, Noé le connaît bien.
– Salut Bill, dit Noé en passant à côté de la statue.
Et tous les deux, main dans la main, arrivent près du petit mur de la plage. Noé s’arrête et regarde son grand-père et lâche sa main.
-Vas-y mon grand, file, je te regarde! »
Noé part en courant vers la mer. Papitilo le suit du regard et sourit.
Ils aiment tellement être ensemble ces deux-là !


Noé court, court, court et saute.
« Papitilo, Papitilo, tu viens jouer avec moi ?
– Si tu veux mon bonhomme, mais je ne cours pas trop, d’accord ?
Noé s’approche de son grand-père.
– Pourquoi tu veux pas courir ?
– Ah… Tu comprends, Noé, j’ai déjà beaucoup, beaucoup couru depuis que j’ai ton âge. Et mes jambes sont un peu usées, alors il faut que je fasse attention.
– Ca veut dire qu’il ne faut pas que je courre non plus ?
– Si, si, Oh toi, tu peux y aller de bon cœur.
Et Noé s’éloigne un peu, mais fait un peu semblant de ne pas trop courir. Papitilo le suit doucement. A son rythme.
Soudain Noé s’arrête.
– Regarde, Papitilo, une mouette qui nous bombarde ! Elle est méchante.
– Mais non, regarde, elle a attrapé un coquillage et elle le lâche pour qu’il s’ouvre. Elle va le reprendre et le relâcher.
– Elle va faire ça souvent ? demande Noé en observant la mouette reprendre le coquillage une troisième fois.
– Jusqu’à ce qu’elle puisse le manger.
– Cru ?
– Oui bien sûr !
– Pouah…
Noé fait une affreuse grimace.
– Tiens, en parlant de manger, il va falloir qu’on songe à rentrer, Mamina m’a dit qu’on devait éplucher les carottes et les patates pour ce soir.
– Je pourrai t’aider Papitilo ?
– Évidemment, tout seul je n’y arriverai pas ! Allez, viens, on y va.
Les deux hommes font demi-tour. Ils se sont un peu éloigné. Le temps de retourner jusqu’à Bill puis à la maison, il ne faut pas traîner. Pour aller plus vite, ils remontent de la plage et marchent côte à côte sur le chemin qui longe la mer.
Papitilo marche les mains derrière le dos, c’est une habitude. Noé s’amuse à l’imiter. Ils sont beaux nos deux hommes.
Soudain Noé a sursaut.
– Papitilo, Papitilo, c’est quoi là par terre ? On dirait un portemonnaie.
– Ah oui, tu as raison. On dirait un portemonnaie ou un portefeuille.
– Je le ramasse Papitilo ?
– Non, pas toi. Attends, je vais le faire.
Noé et Papitilo regardent le portemonnaie. Il est noir, avec deux poches reliées par un fermoir noir.
Papitilo ouvre un côté. Il y a des pièces de monnaie. Pas beaucoup, mais quand même un petit peu.
– Oh des sous ! s’écrie Noé.
– Oui. Quelqu’un doit les chercher, répond son grand-père.
– Ouvre l’autre côté. Ouvre, pour voir, Papitilo.
Papitilo ouvre le portemonnaie et sort deux billets de dix euros, un billet de cinq et une petite photo. Noé ouvre les yeux tout ronds.
– La photo, c’est Loustic. Le chien de la dame qu’on a vu tout à l’heure ! »


– Mais oui, tu as raison, dit Papitilo. C’est le chien de Madame Leclerc.
Noé s’accroche au pantalon de son grand-père.
– Elle est venue se promener ici et elle a fait tomber son porte-monnaie. On va lui rapporter hein Papi ?
– Bien sûr, allez, viens vite. Et puis donne-moi la main. Entre hommes on va marcher vite parce qu’elle doit se faire du souci.
Papitilo fait des grands pas. Noé a bien du mal à suivre. Il court presque à côté de son grand-père.
– Tu crois qu’elle a appelé la police ? demande le petit garçon.
– Oh, peut-être pas encore. Elle va peut-être revenir sur ses pas pour essayer de retrouver son porte-monnaie.
– On va la croiser tu crois Papitilo ?
– On verra bien… Allez, marche et garde ton souffle, on est bientôt arrivés.

Il y a dix bonnes minutes de marche entre la statue de Bill et la maison de Madame Leclerc. Noé et son grand-père sont un peu essoufflés en s’arrêtant devant la barrière du jardin.
– Vas-y, sonne, dit Papitilo. Appuie sur le bouton, là.
La sonnette  est très jolie. Noé appuie une deuxième fois.
– Stop, stop… Ca suffit… Elle a sûrement entendu.
En tout cas, Loustic a entendu, car il se met à aboyer très très fort. Ça vient de la maison. La porte s’ouvre et madame Leclerc apparaît. Le chien lui passe entre les jambes et vient sauter devant Noé qui fait un bond en arrière et tombe sur les fesses.
Madame Leclerc rappelle son chien.
– Loustic, viens ici.
Noé se relève vite et se frotte les fesses.
– Ca va ? demande Papitilo.
– Oui, oui, c’est bon…
– Monsieur Lescure ? demande la dame. C’est vous Monsieur Lescure ?
– Oui, répond Papitilo. Nous venons vous…
– Attendez, entrez. Ne bougez pas, je vais chercher la clé.
Madame Leclerc disparaît dans la maison, puis revient, un trousseau de clés à la main. Elle ouvre la barrière.
– Entrez, c’est gentil de passer me voir. Qu’est-ce qui vous amène ?
C’est Noé qui prend la parole.
– On a reconnu Loustic !
– Ah oui, dit la dame. Il est beau hein ?
Papitilo sort le porte-monnaie de sa poche.
– On a retrouvé votre porte-monnaie sur la plage.
Madame Leclerc ouvre de grands yeux.
– Ah ben ça alors, dit-elle, en prenant le porte-monnaie que lui tend Papitilo. Je ne m’étais aperçue de rien !
– Tout le mérite en revient à Noé, ajoute Papitilo. C’est lui qui l’a trouvé dans le sable…
– Et j’ai vu la photo de Loustic, ajoute Noé.
– Bravo, dit Madame Leclerc. Merci Petit détective…
Noé rit aux éclats.
– Attends, je vais te chercher un gâteau pour te remercier.
Madame Leclerc rentre chez elle et ressort avec un paquet de barquettes à l’abricot.
– Tiens, prends le paquet, dit-elle, tu les mangeras sur la plage.
– Merci Madame, dit aussitôt Noé.
– Allez zou, nous y allons, dit Papitilo. La soupe ne va pas s’éplucher toute seule !
– Et Mamina nous attend, ajoute Noé.
– Au revoir les deux hommes, dit Madame Leclerc.
Elle fait un bisou à Noé et serre la main de Papitilo.
– Au revoir. » A bientôt, conclut Noé.
Et les voilà repartis vers la maison. Ils ont les yeux qui brillent. Ils sont heureux de leur promenade. Ils sont heureux quand ils sont tous les deux. Noé va en avoir des choses à raconter en rentrant à la maison.

© Amor-Fati 25 décembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
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décembre 24

C’est Noël chez Papitilo

« Dis, Papitilo, le Père Noël il doit passer à quelle heure ?
– Il passe à minuit d’habitude, il attend que les petits enfants s’endorment.
– Comment il fait pour savoir quand ils dorment ?
Noé est inquiet. Depuis quelques jours, il a des doutes, des hésitations, des craintes, des peurs. Jusqu’à maintenant, le Père Noël, ce n’était qu’un nom, une idée. Mais plus le jour de Noël approche et plus Noé se pose des questions.
– Alors, comment il sait ?
– Je te l’ai déjà dit. Le Père Noël voit tout, sait tout. On ne peut rien lui cacher.
– Et quand on a fait une bêtise ?
– Il le sait aussi, bien sûr !
– Alors, est-ce qu’il sait que c’est moi qui ai fini le croissant que Mamina avait posé sur la table hier ?
– Evidemment. Mais le Père Noël se fâche seulement quand on cache les bêtises qu’on a faites.
Noé regarde ses chaussons. Il tortille ses doigts. Il est un petit peu rouge.
– Alors pour moi, il va se fâcher à cause du croissant ?
– Non, pourquoi veux-tu qu’il se fâche ?
– Parce que je l’ai caché !
– Mais non, tu ne l’as pas caché.
– Si, je l’ai caché, je ne l’ai pas dit.
– Mais tu viens de me le dire, Noé chéri…
– Oui, mais pas au Père Noël.
– Pas grave, il t’a entendu. Alors, il passera pour toi, parce que tu es un petit garçon très sage…
– Tu es sûr ?
– Evidemment. D’ailleurs, il m’a dit qu’il passerait chez nous cette nuit.
– Et est-ce qu’il passe pour les Papitilo et les Mamina ?
– Normalement oui, si on a été sages.
– Moi, je dis que tu es le plus sage et le plus gentils des Papitilos. Et Mamina la plus belle et la plus adorable des Maminas…
Papitilo prend Noé dans ses bras et l’embrasse sur les deux joues.
– Allez, va vite te préparer. Mamina a fait couler ton bain. Il faut que tu sentes bon pour quand papa et maman vont arriver.
– Ils arrivent à quelle heure ?
– Ils ont dit huit heures. Et c’est maman qui apporte le dessert.
– Et demain matin alors ?
– On ouvrira les paquets du Père Noël tous ensemble sous le sapin. Et après, tu repartiras chez toi. Les vacances chez nous sont terminées.
– Déjà ?
– Oui. Papou et Mamou t’attendent. Ils ont envie de te voir aussi… Allez, file vite au bain.
Noé part en courant. Au bas de l’escalier, il s’arrête soudain et se retourne.
– Papitilo ?
– Oui, mon bonhomme ?
– J’t’aime très beaucoup fort.
– Moi aussi mon grand… Tu veux que je te dise un secret ?
– Oui.
– Noël avec toi, c’est le plus beau des cadeaux… »
Joyeux Noël à tous les Noé, à tous les Papitilo et toutes les Mamina…

© Amor-Fati 24 décembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
décembre 4

Noé et Papitilo dans le grenier.

Noé et Papitilo à la plage n’est pas terminé. Il reste encore deux chapitres. Mais aujourd’hui, il y a un concours de nouvelles sur le site Short-Edition et j’y ai participé avec nos deux amis que vous connaissez bien maintenant.

D’ailleurs, si l’envie vous en prenait, vous pouvez voter pour ce texte à cette adresse :

http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/noe-et-papitilo-dans-le-grenier

Bon dimanche !!

« A table, les deux loulous, j’ai fait des lasagnes !

Mamina est en bas de l’escalier, les mains sur les hanches et elle attend. C’est la troisième fois qu’elle appelle Papitilo et Noé et ils ne sont toujours pas descendus.

Il y a plus d’une heure maintenant, Papitilo lui a dit :

– Je cherche le maillet pour monter la tente dans le jardin, j’ai promis à Noé qu’on l’installerait aujourd’hui ! Tu ne saurais pas où il est ?

-La dernière fois que je l’ai vu, il était dans le grenier a répondu Mamina.

– Alors, si tu le dis, c’est qu’il doit y être, a rigolé Papitilo. Tu sais toujours tout, comme toutes les femmes.

Et Papitilo a fait un clin d’oeil a Noé.

-Allez, viens mon gars, viens avec moi, on va chercher le maillet et après on ira monter la tente !

Et ils sont montés tous les deux dans le grenier. Et ils y sont toujours !

Mamina appelle une quatrième fois. Toujours aucune réponse.

Alors, tant pis, elle monte. Les lasagnes vont brûler dans le four si elle ne se décide pas. Elle arrive vite au premier étage, celle où il y a les chambres et la salle de bains. Elle s’arrête étonnée. Il y a de la musique là-haut. De la musique qui vient du grenier ! Mamina ouvre la porte qui donne sur l’escalier du grenier. Et la musique se fait plus forte ! Elle reconnait cette chanson. « Laisse les gondoles à Venise ». Sheila et Ringo ! Elle chantait ça à tue-tête quand elle était petite ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Mamina grimpe les seize marches qui la séparent de la porte du grenier. La musique se fait entendre de plus en plus fortement. Elle entend même Papitilo qui chante « …et prends ma main… »

Elle s’arrête quelques secondes devant la porte, respire un grand coup et tourne la poignée…

Quel spectacle ! Elle n’en croit pas ses yeux ! Papitilo est au milieu du grenier, une casquette rouge marquée UCLA sur la tête, une vieille écharpe bleue autour du cou et il hurle dans un stylo bille rouge qui lui sert de micro. A côté de lui, Noé est assis sur un vieux bidon de lessive et fait semblant de taper sur une batterie. Tous les deux s’arrêtent de gesticuler dès qu’ils voient Mamina. Elle a des yeux grand ouverts et n’en revient pas. Elle rigole.

– Qu’est-ce que vous fabriquez tous les deux ? Les lasagnes sont prêtes !

La chanson continue quelques secondes puis s’arrête. Le silence…

C’est Noé qui parle le premier.

-Tu sais, Mamina, avec Papitilo, on est montés pour chercher le malet pour la tente

-Maillet, le coupe son grand-père.

-Oui, le maillet. Et Papitilo il a cherché un peu partout.

-J’ai regardé dans tous les coins, parce que je ne le voyais pas.

-Il a soulevé des tissus, il a ouvert des tiroirs. Et puis à un moment…

-En regardant dans le coin là, j’ai retrouvé…

-Le tectofone, dit Noé.

-Non, l’électrophone, corrige Papitilo. E-lec-tro-phone !

– Oui. Lectrophone.

Et derrière, une pile avec tout un tas de disques, ajoute Papitilo. Tu te souviens Nono ?

Quand Papitilo appelle Mamina « Nono » c’est qu’il est en forme, amoureux et qu’il veut lui faire plaisir.

-Ah oui…. dit Mamina.

-Alors, Papitilo a branché le lec…

-L’électrophone

-… phone et il a mis un truc rond et noir dessus

-Un disque précise Papitilo.

-Ben oui, évidemment, un disque, dit Mamina.

-Et on a écouté deux ou trois chansons et Papitilo regardait dans la pile et il disait tout le temps . Oh celle là, oh celle là…

Mamina sourit.

-C’est vrai, dit-elle, c’est la musique de notre jeunesse, tu sais Noé. Quand on était tout jeunes, ton grand-père et moi.

-Tiens, viens voir, Nono, dit Papitilo à Mamina.

-Non, ça ne m’intéresse pas de fouiller dans ces vieux trucs, dit Mamina…. Explorer le passé ? Non, vraiment pas. C’est pas mon genre.

Et Papitilo sort de la caisse de bois un disque de Michel Fugain.

-Oh, Oui, le Big Bazar, dit Mamina ! Oh, j’adorais, vas-y, mets le…

Papitilo fait un clin d’œil à son petit-fils.

-Je te l’avais dit, lui glisse-t-il à l’oreille !

Tous les deux, assis dans un coin du grenier, regardent Mamina et riant. Elle est debout au milieu du grenier, et elle chante… elle chante comme quand elle avait vingt ans.

-Fais comme l’oiseau !!! Ça vit d’air pur et d’eau fraiche un oiseau !!

Papitilo la prend par le bras et continue :

-D’un peu de chasse et de pêche un oiseau !

Et tous les deux se mettent à danser.

Noé se roule par terre. Jamais il n’avait vu ses grands-parents si complices. Si en forme !

-C’est toute notre jeunesse, Noé tu sais… Remuer des vieux souvenirs comme ça, ça fait du bien.

Et, se mettant à genoux devant la caisse, Mamina sort les disques les uns après les autres ?

-Oh, celui-là, dit-elle en en regardant un…. Oh, celui-là répète-t-elle en en retournant un autre ?

Papitilo la regarde en souriant.

-Tu étais venue pour quoi au fait ?

-Je ne sais plus, répond Mamina.

Elle réfléchit…

-Je ne sais plus….

Soudain, Noé se met de bout et crie.

-Mamina, Papitilo, ça sent le brûlé.

Quelques secondes de silence, puis Mamina se met debout à son tour :

-Mes lasagnes, j’étais venue vous chercher !!! Ah c’est malin, Martin, de nous mettre de la musique, venez manger c’est prêt !

Avant de quitter le grenier, elle se tourne et regarde Papitilo :

-Au fait, tu as trouvé le maillet ?

-Non, répond Papitilo. Pas trouvé.On reviendra cet après midi.

-Tu remettras de la musque ? demande Noé avec des étincelles dans les yeux.

-On verra, on verra !!

-Allez, venez manger maintenant, les deux gars. Ça va vraiment être trop cuit !! »

 

© Amor-Fati 4 décembre 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr