octobre 17

Ce dimanche-là

Ce dimanche-là
J’étais pas là
Je l’ai pas vu
Je l’ai pas su
J’étais pas grand
J’avais quatre ans

J’y étais pas,
J’m’en souviens pas
Y avait des flics
Et des Indics
Des algériens
Des parisiens

Ils étaient v’nus
Là dans les rues
En mobylette
En camionnette
Par le métro
Ou à vélo

Par un dimanche
En robes blanches
Elles étaient v’nues
Et descendues
Près d’leurs maris
En plein Paris

Ils ont crié
Manifesté
Ont demandé
La liberté
Pas l’couvre feu
Rien que pour eux

On a frappé
On a chargé
On a tué
On a noyé
Deux, vingt, deux cents
Manifestants

J’peux pas juger
J’veux pas charger
Y’a eu des morts
D’Afrique du Nord
Y’a eu des tués
D’un seul côté.

Pourquoi la haine ?
Pour quoi la Seine
Où on a jeté
Les corps blessés ?
Je comprends pas
Plus jamais ça.

D’puis 50 ans
Nos présidents
Se cachent les yeux
Sont tous bigleux
Ils ne veulent pas
Aller là-bas.

Ce dimanche-là
J’étais pas là
Je l’ai pas vu
Je l’ai pas su
J’étais pas grandJ’avais quatre ans.

Le 17 octobre 1961, vingt à trente mille algériens se sont donnés rendez-vous à Paris pour manifester contre le couvre-feu instauré par le Préfet Papon le 5 octobre.
Dans tout le mois d’octobre, la « Bataille de Paris » a fait plus de trois cents morts.
51 ans plus tard, on ne connait pas le nombre de victimes du 17 octobre.

© Amor-Fati 17 octobre 2012 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 17 octobre 2012 par Amor-Fati dans la catégorie "Fiction", "Histoire réécrite", "Hommage

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