novembre 7

Quatre de plus

Au soir des élections, personne n’aurait misé un dollar sur le résultat du scrutin.  La crise semblait s’éloigner, mais rien n’était acquis. Le président sortant, démocrate, se présentait à nouveau devant les électeurs. Une réélection pas évidente du tout. Le camp républicain était plus fort que jamais et le sort du président des Etats-Unis n’était pas scellé. Au moment de son premier mandat, il avait suscité un grand espoir dans le pays. L’incroyable plan qu’il avait mis en place avait boosté l’économie américaine. Un gros effort budgétaire avait profité à l’industrie automobile par exemple.

Mais la grande crise était arrivée. Une crise mondiale. Tous n’en mouraient pas, comme disait La Fontaine, mais tous étaient touchés. Le chômage avait repris sa croissance. Le pays était redevenu un fortement endetté. Les activités militaires intenses hors des limites du pays avaient creusé un énorme trou dans le budget. Beaucoup de soldats américains étaient tombés sous les balles des ennemis, dans tous les champs de bataille aux quatre coins du globe.

Tous les pays tremblaient sur leurs fondations : La France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Japon. Le président russe était un homme dangereux, avide de pouvoir et dont on ne savait trop que penser tellement ses revirements avaient été nombreux. Seule, étrangement, la Chine semblait épargnée et essayait de se moderniser pour tirer son épingle du jeu.

Les primaires démocrates avaient été un jeu d’enfant. Le président sortant jouissait d’une grande popularité auprès de la population américaine. C’est donc auréolé de cette popularité et d’un bilan plutôt positif qu’il s’était présenté à nouveau devant les électeurs pour un nouveau mandat.

La campagne avait été  âpre, le petites phrases cinglantes, les deux camps avaient évidemment cherché à ressortir d’anciennes phrases et d’anciennes déclarations pour mettre à mal les arguments des adversaires. Malgré les évidents problèmes budgétaires, les deux candidats avaient dépensé de fortes sommes d’argent pour alimenter les campagnes électorales.

Au soir des résultats, l’attente avait été longue. Les bulletins avaient été comptés et recomptés et les deux camps semblaient persuadés de leurs victoires respectives. Ce n’est que tard dans la nuit que le candidat démocrate avait fait passer un petit billet à son épouse, alors éloignée du QG de campagne. Sur le papier étaient juste écrits trois mots : « Four more years ».

 

(Le 7 Novembre 1944, le président Franklin Delano Roosevelt était réélu pour la 4ème fois au poste de Président des Etats-Unis, en battant son concurrent républicain Thomas Edmund Dewey par 53% des voix contre 47%. A sa mort, quelques mois plus tard,  la Constitution américaine fut modifiée pour qu’aucun président ne puisse exercer plus de deux mandats, consécutifs ou non.)

© Amor-Fati 7 novembre 2012 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 7 novembre 2012 par Amor-Fati dans la catégorie "Histoire réécrite", "Uchronie

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