14 août 2019

Le petit Paul de La Treille

Il y a bien des années, Marcel, Augustine, papa et moi, nous faisions le grand tour pour rejoindre nos chères collines. Nous nous contentions alors de peu de bagages. Juste le nécessaire pour tenir la journée. Et bien souvent nous rentrions sans même avoir changé de linge.

Moi, j’étais bien petit. Maman me donnait la main, surtout quand la route montait et que j’avais mal aux jambes.

Mais une fois arrivés là-haut, quel bonheur c’était de courir dans les collines avec Marcel et Lili, d’aller chasser la bartavelle avec Oncle Jules, de déguster les tartes succulentes de maman.

Un matin, Germaine, ma petite sœur est née et tout est devenu encore plus difficile. Nous étions cinq à monter au village de la Treille.

Et puis Bouzigue a changé notre vie. Grâce à lui et à sa clé magique, nous avons pu couper par les châteaux, raccourcir notre route et allonger nos séjours à la campagne.

Papa savait bien que ce n’était pas tout à fait légal, mais il s’en accommodait bien. Et petit à petit, nos bagages se sont alourdis. Moins de chemin, moins de fatigue, comme disait papa.

A mi-chemin, Lili nous attendait et nous aidait à porter. Deux bras de plus, ce n’était pas rien, peuchère !

Moi, un jour, j’ai décidé de ne plus en descendre, des collines. Je suis resté là-haut à garder les chèvres. A cueillir le thym, à manger des grives et des lapins pris au collet.

Marcel, lui, a choisi le bruit de la ville, les soirées marseillaises et parisiennes, l’écriture et le cinéma.

Je les ai arpentés dans tous les sens, les monts de notre enfance : Le Taoumé, la Grande Tête rouge, Tête Ronde et le plus haut de tous, celui qui nous faisait peur, enfants : Garlaban.

Pendant des années, j’ai fleuri la tombe de maman, puis celle de David que vous connaissez tous sous le nom de Lili des Bellons. Sacré Lili, tombé sous les balles allemandes à vingt ans quelques mois avant l’armistice. On faisait une belle paire tous les deux, là-haut dans les collines.

Un jour de 1932, je suis redescendu des collines parce que j’étais bien malade. Et pour descendre, je suis descendu… Au ras de la mer. En Belgique, c’est vous dire !

Quelques semaines plus tard, par un matin ensoleillé du mois d’août, je suis remonté dans mes collines. On m’y a couché près de maman. Nous sommes restés là près de vingt ans tous les deux. Et puis Papa, Germaine et René nous y ont rejoints bien plus tard, chacun leur tour.

Marcel n’est pas avec nous, il est un peu plus loin, juste à côté de Lili.

Si vous passez à La Treille, qui appartient à Marseille maintenant, passez donc nous voir, vous n’aurez qu’à demander, on nous connait tous depuis longtemps : Pagnol, c’est notre nom.

 

Paul Pagnol, frère de Marcel, est né le 28 Avril 1898 à Saint Loup et mort à Courtrai, en Belgique, le 28 Juillet 1932.

12 août 2019

Emile F. Biographie

Emile F est juste un peu plus jeune que moi. A peine. Moins de quatre mois. Autant dire qu’on a le même âge. Il est né dans le petit village de Blanc dans le département de l’Indre le 19 Avril 1958.

Dès son plus jeune âge, son père, Vincent l’entraîne quotidiennement à répondre à des questions de plus en plus dures. Sa culture générale s’accroit de jour en jour.

Il est remarqué par un joueur de xylophone, puis de Glockenspiel qui rythme ses recherches d’une petite musique stridente.

Bien décidé à devenir un érudit pour briller dans les salons, Emile travaille d’arrache-pied pour répondre le plus rapidement possible à toutes les questions possibles et imaginables. Le musicien associé est chargé de marquer par trois notes distinctes la fin de la phase de recherche.

Emile connait parfaitement la géographie française. Grand voyageur devant l’éternel, il a déjà fait au moins quarante fois le tour de l’hexagone, de Lille à Marseille et de Brest à Strasbourg, comme on apprenait à l’école.

Chaque jour il débarque dans un nouveau village et s’amuse à poser aux autres toutes les questions dont il connait déjà la réponse. Patriote convaincu, il a classé les questions en trois catégories : Bleu, blanc et rouge.

C’est d’ailleurs par fidélité à la France, son pays de cœur qu’il a décidé de changer de nom le premier Janvier 2002. Emile Franc est devenu Emile Euros.

Infatigable, maintenant âgé de plus de soixante ans, il continue chaque jour à enchanter les français au moment du repas de midi. L’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour lui.

Vous avez trouvé de qui je parlais ? Banco… Vous avez gagné. Le jeu des mille francs (autrefois baptisé cent mille francs par jour), aujourd’hui  jeu des mille euros, a été enregistré pour la première fois le 19 Avril 1958 à Blanc. Il a été successivement animée par Henri KubnickAlbert RaisnerMaurice Gardett et Roger Lanzac, puis Pierre Le Rouzic durant une courte période, ensuite par Lucien Jeunesse durant une trentaine d’années à partir de 1965, puis par Louis Bozon de septembre 1995 à juin 2008,  Aujourd’hui, c’est Nicolas Stoufllet qui est au micro pour présenter ce jeu qui est toujours l’émission radiophonique la plus écoutée à 12h45.

5 août 2019

La pièce de Rosalie.

Depuis décembre 2016 et la sortie de Je m’appelle Mo, je n’avais publié aucun livre.

Je reviens vers les lecteurs avec la publication, coup sur coup, de deux livres, l’un en août, l’autre en novembre.

La pièce de Rosalie, est un recueil de 12 nouvelles. Ces douze textes ont déjà été publiées sur ce site Amor-Fati, mais jamais réunies dans un livre.

Cette fois, c’est une illustratrice professionnelle qui a créé la couverture. J’espère qu’elle vous plaira autant qu’à moi.

Voici les 12 textes de ce recueil.

La pièce de Rosalie
Cols et manches
La lumière de l’ange gardien
L’Ankou dans le béton
Pas une trace
Bip Bip et Toc Toc
Dura lex sed lex
Le clic qui balance
Demain matin on ira à la pêche
Ma première gare mondiale
Dimanche noir
Ecriture à quatre mains
Léa par Audrey
Léa par JMB

La pièce de Rosalie sortira le 26 Août chez Amazon dans un premier temps.

Pré-commandez votre exemplaire Ebook dès maintenant sur Amazon...
https://amzn.to/2KkbwDB (2,99 euros)

Commandez votre exemplaire papier dédicacé sur la boutique d’Amor-Fati : (ou en m’envoyant un mail: jmb@amor-fati.fr)
https://www.amor-fati.fr/boutique/ (10 euros  + 1 euro de participation aux frais de port)

 

J’espère que vous ferez un bon accueil à ce recueil, en attendant la sortie de Paramètres, roman, vers la fin du mois de novembre.

A bientôt.

JMB

 

Catégorie : Au fil des jours | Commenter
6 avril 2019

Une soirée bien étoilée (5/5)

Allez, après ces quatre épisodes archi-sucrés et frôlant avec la romance à deux balles, voici la chute…

Merci pour vos commentaires à la suite de ce texte.

Bonne lecture.


Puis les choses se passèrent doucement. Les baisers se succédant aux baisers, les mains de Théo se mirent à danser sur le corps de Noémie. Au début impressionnée, Noémie se laissait aller doucement. Elle décida de se laisser porter, de laisser les choses se faire sans rien brusquer. Le saxo de Bird s’était fait silencieux depuis un moment. On n’entendait dans l’appartement que les respirations des deux amoureux. Doucement, Théo entraîna la jeune fille dans la chambre et l’allongea sur le lit. L’un après l’autre, les vêtements volèrent dans les airs pour s’entasser pèle mêle sur le sol. Doucement, Noémie avoua à Théo qu’il était le premier et lui demanda d’être délicat. Très compréhensif, et soigneux de laisser à sa compagne un bon souvenir de sa première nuit, il multiplia les attentions et les délicatesses, tout en expliquant qu’il n’avait pas autant d’expérience qu’elle pouvait le penser. Noémie était heureuse. Guidée par les conseils de TO2T, elle faisait preuve de beaucoup de bonne volonté et semblait bien réussir ce que son amant lui demandait ou lui suggérait délicatement. Le tutoiement s’était instauré de lui-même et semblait ne plus poser de problèmes. Il s’imposa aussi facilement que le vouvoiement avait persisté longtemps.

– Je vais y aller, avança Théo vers trois heures du matin, après que leurs corps se soient un peu apaisés, lassés des assauts répétés de leurs jeunes ardeurs.

– Non, reste, dors ici, je veux continuer à sentir ta chaleur toute la nuit.

Théo se laissa convaincre, et comme souvent les hommes après l’amour, il s’endormit rapidement. Toute chamboulée et en état second, Noémie réfléchissait à ce qu’elle venait de vivre. A la délicatesse des gestes de Théo, à sa gentillesse, à sa douceur. Elle sombrait à son tour dans le sommeil lorsque son téléphone, posé sur le la table de nuit, se mit à vibrer. Noémie se dégagea légèrement des bras de Théo et se saisit de l’appareil. L’écran était toujours allumé. Elle se frotta les yeux et dans un demi brouillard, lut le message affiché:

« Vous venez de faire l’amour plusieurs fois avec TO2T. Merci de bien vouloir évaluer sa prestation en lui attribuant une note de une à cinq étoiles. 43 jeunes filles et 12 jeunes hommes ont déjà déposé un avis sur TO2T. Lisez tous les commentaires le concernant. »

5 avril 2019

Une soirée bien étoilée (4/5)

Avant le dénouement tant attendu de demain…..


D’un commun accord, ils décidèrent d’aller chez elle prendre un café et écouter un peu de musique.

– Je dois avoir quelques CD de Jazz et une bouteille de Chivas, avait-elle ajouté pour finir de le décider. un cadeau de mon père !

Le trajet entre le restaurant et l’appartement de Noémie se déroula dans le calme. Les deux jeunes gens semblaient être sous le charme, mais toujours dans la retenue. Le téléphone de Noémie émit un petit bruit de notification; un message venait d’arriver. Elle ne se permit pas d’ouvrir sur le champ.

Une fois arrivée chez elle, elle proposa à Théo de choisir un disque. Elle s’assit près de lui sur le canapé du salon et tira de son sac son téléphone portable. Quelle était cette notification ? Noémie appuya sur la touche de droite pour éclairer l’écran.

«Vous venez de dîner au restaurant l’Espérance. Merci de bien vouloir évaluer la qualité de cet établissement en lui attribuant de une à cinq étoiles. 174 clients ont déjà déposé un avis sur le restaurant l’Espérance. Lisez tous les commentaires le concernant. »

Charlie Parker et Dizzy jouaient doucement. Noémie montra son téléphone à TO2T.

– Incroyable, dit-elle, ces téléphones sont bien indiscrets. On ne peut plus rien cacher à personne. Notre vie est surveillée perpétuellement du matin au soir. Je ne sais pas si je vais répondre, ajouta Noémie.

– Si si, venez près de moi, nous allons le faire ensemble si vous voulez, dit-il.

Ensemble, ils lurent quelques commentaires et répondirent aux diverses questions posées. Ces questions portaient sur la qualité de l’accueil, la qualité  et la quantité des plats servis, le niveau du service, de la propreté de l’établissement et demandait un commentaire global et une note de une à cinq étoiles. Tout en riant et en plaisantant, Noémie et Théo répondirent à toutes les questions. Ils terminèrent par un « Excellent rapport qualité prix. Excellente ambiance, excellente soirée. Restaurant à conseiller. » Et d’un commun accord, ils attribuèrent cinq étoiles à l’Espérance.