29 août 2016

Mot d’excuse

Monsieur le Directeur Académique,

motJe suis au regret de vous faire avoir que je ne pourrai pas reprendre le travail comme prévu jeudi matin avec les élèves.
Mes salades ne sont pas encore prêtes, les betteraves ont besoin de soin intensif et les poireaux ne sont pas encore à point.
De plus, je viens de m’apercevoir que mon figuier commence à donner de beaux fruits bien mûrs qui ont bien besoin de surveillance pour éviter que les oiseaux n’en fissent leur repas.
En tant que nouveau grand père, je me dois d’être nuit et jour disponible si mon petit fils avait besoin de me voir pour une raison ou pour une autre. Je ne voudrais pas rater une occasion de passer un moment auprès de lui au cas où l’occasion se présenterait.

De plus, depuis deux mois, je me réveille à dix heures du matin, il ne me parait pas très sain pour ma santé et pour mon équilibre de briser brusquement ce rythme si durement acquis.

Enfin, si je fais un rapide calcul, j’ai passé trois années de préparation pour enseigner pendant trente six ans, soit un ratio de un pour douze, il me semble logique que je prenne une année entière pour me préparer à mon nouveau métier de retraité que je compte bien exercer pendant une vingtaine d’années au moins. Ceci me parait un deal acceptable.
C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir poser un remplaçant dans la classe où je devais me présenter jeudi matin.

Je vous remercie d’avoir porté attention à mon courrier et vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur Académique, l’expression de ma considération.

JMB

12 avril 2016

La malédiction de la Caisse 8

caissePourquoi, quand je fais des courses, je tombe toujours sur LA caisse merdique ? Vous savez, celle que vous choisissez parce qu’il y a peu de monde. Juste deux personnes avec des caddies presque vides alors qu’à côté, il y a cinq messieurs-dames avec des courses pour quinze jours.
Et régulièrement, il manque une référence, le client n’a pas pesé ses tomates, parce qu’il croyait que c’était à la pièce, il n’a pris qu’un seul avocat alors que la promo, ça ne marche que par lots de deux… Ou le prix n’est pas le bon, le ticket de réduction n’est plus valable.
Alors on appelle le responsable parce que le scan a bipé deux fois et il faut faire une annulation.
Et pour finir, la carte bancaire du client précédent ne passe pas, il faut frotter la puce, le rouleau de caisse arrive à la fin et il faut le changer, le code n’est pas le bon, le chèque est corné.
Ce matin encore, c’était l’enfer.
Existe-t-il des korrigans, des lutins maléfiques qui me guideraient vers ces caisses ?
Rien n’est exclu.

1000 caractères.

10 avril 2016

Ça pas de bon sens ça… (diraient les Québécois)

Puisque Philippe Lutz m’a donné son accord, je ne vais pas me gêner pour recommencer. Une autre photo m’a bien plu. Avec immédiatement un décalage évident entre l’esthétique de cette usine et la situation sociale actuelle.
Son site, c’est www.la-photo-du-jour.com, qu’on se le dise !

usine-rose
Photo : Philippe Lutz

Tout ça pour ça. C’était bien la peine tiens !
Un chantier de plusieurs milliers d’euros.
Des heures de discussion, des commissions et des sous-commissions, des débats et des désaccords.
Sans compter les rencontres avec les ouvriers, les réunions de mi-chantier pour faire le point, des heures ajoutées le week-end pour que tout le monde puisse venir en même temps.
Les rencontres avec les syndicats. Avec les représentants des personnels non élus. Avec les collectivités locales. Avec la mairie, le conseil général et le conseil régional.
Avec le député.
Tout ça pour ça.
Pour nous annoncer un plan de délocalisation à court terme. Sans licenciement sec. Délocalisation et pas de licenciement, ça ne va pas ensemble! Comment ils vont faire, bordel ? Attendre que les jeunes partent à la retraite ?
Se foutent bien de notre gueule, comme d’hab.
Ah ça valait bien la peine de causer pendant des heures pour choisir le rose qui allait encadrer les fenêtres !
Ça pas de bon sens ça, moi je vous le dis.

1000 bons caractères.

9 avril 2016

Ma soeur m’a dit

J’avais dit que j’aimais pasrenaud
Que je l’écouterai pas
Que je n’en voulais pas

Et puis ma sœur m’a dit

Écoute-le, tu verras
C’est touchant, c’est sympa
Y a des trucs, tu aimeras

J’avais dit j’aime pas celle là
La voix, franchement c’est pas ça
Toujours debout ? On dirait pas.

Et puis ma sœur m’a dit

Fais un effort, fais un pas
Je te le jure mon p’tit gars
Que tu ne regretteras pas

J’avais dit que je voulais pas
Les écouter ces chansons là
Que cet album c’était caca

Et puis ma sœur m’a dit

La voix d’avant, oublie-la
C’est sûr, elle ne reviendra pas
La 2 : « Les mots ». Ecoute la.

Alors j’ai mis mes écouteurs
Comme me l’a dit ma sœur
J’ai écouté pendant une heure
Et ça m’a mis de belle humeur.

J’avais dit, j’avais écrit
Que Renaud pour moi c’était fini
Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

C’est ma sœur qui me l’a dit.

 

7 avril 2016

Rendez-vous à 17 h00.

En fouillant sur le net, j’ai découvert un site magnifique qui se nomme « La photo du jour« . J’ai regardé la photo d’aujourd’hui, j’ai ouvert mon traitement de texte et comme je le fais le lundi avec Leiloona, j’ai cherché ce que je pourrais bien écrire sur cette photo. Un texte un peu décalé, un peu surprenant et en 1000 caractères comme j’aime le faire.
Cliquez sur la photo de Philippe Lutz, d’abord pour la voir en grand, puis pour passer un moment sur son site à admirer ses superbes clichés.

rendez-vous
Photo de Philippe Lutz

Je lui avais donné rendez-vous à dix-sept heures.
Quand j’entrai dans le bar, elle était déjà là, à côté de la porte de la place Saint Paul, face à une tasse à café vide, son téléphone posé sur la table. Je me demandai si c’était bien elle, mais vu qu’elle était seule, le doute n’était pas possible. Sur l’annonce, elle avait noté qu’elle était de nature joyeuse, joueuse, qu’elle aimait la fantaisie et les voyages. Elle avait indiqué que l’âge l’importait peu, que toutes les expériences nouvelles étaient bonnes à prendre et que l’exentricité ne lui faisait pas peur. De mon côté, je lui avais demandé si elle accepterait de coucher chez moi ce soir même, si elle faisait l’affaire. Elle m’avait dit que oui, sans problème, à condition que sa première impression soit bonne.
Bref, nous étions condamnés à nous plaire mutuellement.
Je remontai le col de mon manteau et m’approchai d’un pas assuré.
« Bonjour, lui dis-je. Je suppose que vous êtes la nourrice que j’ai contactée pour mes enfants ? »

1000 caractères. Les commentaires sont les bienvenus.