Catégorie : Ninon

Trois ans

Trois ans que ta main a pris la mienne3ans
Trois ans que tes doigts ont découvert mes doigts.
Trois ans que nous voyageons ensemble
Dans ce train qui est passé
Qu’il ne fallait surtout pas rater.

Trois ans que je dors près de toi
Trois ans que chaque jour j’entends ta voix
Trois ans que je redécouvre chaque matin
Le bonheur d’être avec toi
De t’aimer et de me savoir aimé.

Trois ans que je t’ai embrassée
Trois ans que tu m’as donné tes lèvres
Trois ans que nous avons découvert
Le chemin qui sans nul doute sera
Celui du reste de nos vies.

Trois ans que je vis près de toi
Trois ans qui ont passé si vite
Trois ans que nous sommes dans ce train
Et que nous goûtons chaque jour
La beauté et la force de notre amour.


Le creux de ton cou.

douceur2C’est la corne d’abondance
Des senteurs et des parfums.
Je le reconnaitrais entre mille
Le tien.

Long, élégant et gracieux
J’aime y blottir mes yeux,
J’y vois la paix et le beau temps
Sans fin.

C’est une niche, une cachette
Un refuge, un abri doux
Je m’y enfouis pour m’endormir
Serein.

Si ma nuit est agitée
J’y trouve toujours le repos
Lui seul m’apaise et me rassure
Si bien.

C’est une clairière sous tes cheveux
Une prairie tendre et fleurie
Où galopent mes baisers
Mes mains.


Un anneau à mon doigt

allianceUn anneau à mon doigt
C’est un morceau de toi
Que je porte sur moi.
Un anneau à mon doigt
C’est un mot entendu
Un mot tant attendu.
Un anneau à mon doigt
C’est un oui prononcé
Un samedi de juillet

Un anneau à mon doigt
Un anneau à ton doigt
C’est beaucoup plus que ça
C’est ton bras à mon bras
C’est ma peau sur ta peau
C’est ta voix, c’est mes mots
C’est ta main dans ma main
C’est toi sur mon chemin
C’est oui pour l’avenir
C’est vivre et c’est mourir
C’est un serment commun
D’unir nos deux destins
D’avancer tous les deux
Même quand on sera vieux

Un anneau à mon doigt
C’est aussi de la joie
Des parents, des enfants
Et des petits enfants
Des avions, des voyages
La mer, les paysages
Des maisons, des hôtels
Des repas, des Noëls
Des fêtes, des vœux sincères
Et des anniversaires
Des larmes et puis des rires
Des cris et des sourires,
C’est aller jusqu’au bout
Ensemble. Tout au bout.

Je porte, c’est mon choix
Pour ma plus grande joie
Un petit bout de toi.
Un anneau à mon doigt.

© JM Bassetti. A Saint Aubin le 17 Aout 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Quatre heures du mat

bras

Quatre heures du mat
Je me retourne
Je te retrouve
Ta chaleur
Ton odeur
Ton souffle dans mon cou

Le lien
Entre le jour et le jour
Entre le soir et le matin
Ce sont ces petits instants
Entre vie et non vie
Entre rêve et conscience

Quatre heures du mat
Je me retourne
Je te retrouve
Je sens que tu es là
Je me rendors paisible
La main contre ton bras

© Jean-Marc Bassetti. Saint Aubin le 24 Juin 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur


La magie du réveil

toi-et-moi

Chaque matin il s’éveillait dans ses bras
Avec le même bonheur.

Que se passait-il pendant la nuit ?
Quel lutin, quel aimant l’accrochait ainsi ?
Ils s’endormaient amoureux, complices,
Et puis chacun vivait sa nuit :
Bougeait, tournait, se retournait, virait.
Le temps passait, la nuit avançait.
Doucement, le matin arrivait.
Alors les lutins se mettaient au travail
Et rapprochaient les corps nus.
Geste par geste, souffle par souffle.
Attirés l’un vers l’autre,
Sans même s’en rendre compte
Ils se rejoignaient
Pour terminer leurs rêves.
Les peaux se touchaient
Les lèvres s’effleuraient.
Un nouveau jour commençait.

Chaque matin il s’éveillait dans ses bras
Avec le même bonheur.

© JM Bassetti. A Saint Aubin le 27 Mai 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

 

 

 

 


Tu es mon arbre.

Elle lui disait : Tu es mon arbre.chene
Jamais on ne lui avait dit
Quelque chose d’aussi gentil.
A lui.

Il demandait : quel genre d’arbre ?
Elle répondait : un chêne, un beau.
Il répliquait : un chêne, c’est gros.
Elle assurait : un chêne c’est haut.
Il demandait : un chêne ? Pourquoi ?
Elle répondait : un chêne c’est droit.
Ça a la tête dans les nuages, mais
Ça a les pieds sur terre,
C’est large, c’est fort.
On se sent à l’abri
Il protège du soleil, de la pluie
On s’y abrite,
On y habite.

 

Et lui, quand elle lui disait ça
Tu es mon Arbre,
Il fondait, il souriait,
Il se sentait
Un petit arbrisseau
Comme un frêle platane
Au-dessus d’un ruisseau.
Il se voyait petit oiseau
Sur une ronce ou un roseau.
Alors il la prenait dans ses branches
Posait ses mains sur ses hanches,
Et il se sentait fort.
Dans ces moments, il était
Doux comme un chêne
Tendre comme un chêne
Léger comme un chêne.

 

Elle lui disait : Tu es mon arbre.
Jamais on ne lui avait dit
Quelque chose d’aussi gentil.
A lui.

 

A Ninon….

© JM Bassetti. Le 3 février 2015. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.


Lumière de nuit

Lumière furtive
Lumière bleue, électrique,
Tu es là, vive,
Endormie, onirique,

Vision rapide
Je te vois dans la nuit
Ton dos tes mains
La courbe de tes reins

Voleur d’image
J’enregistre ton visage
Joli voyage
Sur ton beau paysage

Et puis soudain
Le téléphone s’éteint
Ton corps s’enfuit
Avalé par la nuit

Lumière noire
Gravée dans ma mémoire
Je te sens je te vois
Tout au bout de mes doigts.

JMB Saint Hilaire de Riez le 14 août 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

 

 


Mes dix doigts sur ta peau

Mes dix doigts sur ta peaueveil
Le matin au réveil

J’aperçois sa pâleur
Dans un demi-sommeil

Je goûte à sa douceur
A nulle autre pareille

Je ressens sa tiédeur
Comme un tendre soleil

Je perçois son odeur
De fraise et de groseille

Et je perçois ton coeur
En posant mon oreille

Mes dix doigts sur ta peau
Le matin au réveil

Mes dix doigts sur ta peau
Et mes cinq sens s’éveillent

© JM Bassetti Ver sur mer le Vendredi 13 Juin 2013. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.


Trois p’tits baisers

Trois p’tits baisers
Sur tes lèvres-fraisier
Trois p’tits baisers
Et tout peut commencer

Trois petites bises
Sur tes lèvres cerise
Trois petites bises
Depuis longtemps promises

Trois p’tits bécots
Sur tes lèvres coquelicot
Trois p’tis bécots
Et mes mains sur ta peau

Trois p’tits bisous
Sur tes lèvres bijou
Trois p’tits bisous
Et le Je devient Nous

J’aime à me rappeler
Que tout a débuté
Un joli soir d’été
Par trois petits baisers.

JMB 08/05/14


Eveil

reveilJ’aime ta peau
Le matin
Au réveil
Elle a le goût
Du sommeil
De la lumière timide
Et de nos baisers d’hier.
Un premier bisou
Sous le cou.
Ta peau est chaude
Tu dors encore
Je t’aime déjà.
Tous droits réservés. Jm Bassetti Le 22-03-14


Le vent le plus doux

ventIl en est des violents,
Il en est des furieux,
Il en est des méchants,
Il en est des vicieux :

Le Mistral, le Nordet,
Le Cers, le Carcenet,
Le Autan, le Noroît,
Le Garbin, le Suroît,

Mais le vent le plus doux,
Celui qui guérit tout,
C’est ton souffle
Dans mon cou.

Il en est des sauvages,
Il en est des pervers,
Qui s’attaquent aux rivages,
Qui font gonfler la mer :

Le Soulaire, le Dretvent,
Le Thalwind, le Levant,
L’Eisserot et l’Aigal,
L’Hegoa et l’Autal,

Mais le vent le plus doux,
Celui qui guérit tout,
C’est ton souffle
Dans mon cou.

Il en est des brûlants,
Il en est des glacés,
Il en est des grisants,
Il en est des salés,

Le Chinook, le Zonda,
Le Squamish, le Bora,
Le Zéphyr, le Mistral,
La Mousson et le Hâle.

Mais le vent le plus doux
Celui qui guérit tout
C’est ton souffle
Dans mon cou.

Si la vie est amère,
Si le chagrin m’inonde,
Si un jour la colère
S’insinue dans mon monde

Je sais que tu sauras
Me serrer dans tes bras,
Faire passer ma douleur
M’insuffler ton bonheur

Car le vent le plus doux
Celui qui guérit tout
C’est ton souffle
Dans mon cou.

© JM Bassetti, le 14 Mars 2014. Tous droits réservés.


97 grammes

balance« Les calories sont des petites bêtes qui entrent dans vos placards la nuit pendant que vous dormez et qui s’amusent à faire rétrécir vos vêtements… » Cette blague l’avait amusée jusqu’à ce que la réalité vienne la heurter brutalement.

Ce lundi soir, après le travail, elle était entrée dans le Leroy Merlin près de chez elle. Elle savait exactement ce qu’elle venait acheter. Elle avait vu une pub à la télé la semaine passée et avait été réellement impressionnée. L’objet était devenu indispensable au regard de la décision qu’elle venait de prendre : perdre du poids. La balance, puisque c’était de ça qu’il s’agissait, marquait le poids au gramme près. Mémoire, rapport taille poids. Le top du top des balances.

62,646. Voilà le triste constat qu’elle avait fait le lendemain matin en montant sur l’objet pour lequel elle avait quand même laissé plus de cent soixante-dix euros.

Ses soixante-deux kilos et des poussières l’obsédaient. Elle ne voyait que ça, imaginait les petits grammes cachés çà et là, disséminés sur son corps, sur ses cuisses, sur ses fesses, sur ses seins, dans la base de son cou. Son reflet dans la glace était devenu insupportable. Ses amies lui disaient bien que ça ne se voyait pas, elle, elle le savait. Trois kilos pendant les vacances, c’était plus qu’elle ne pouvait supporter.

Elle était déjà venue ici quinze jours auparavant pour acheter un nouveau robot de cuisine. Râper soi-même ses carottes, ses concombres, ses betteraves rouges crues et se faire des repas consistants mais hypo caloriques. Une vinaigrette légère, un tout petit bout de pain et un fromage blanc. Ou un yaourt zéro pour cent.

Et, jour après jour, son sourire revenait. Les efforts payaient.

62,646. 62,528. 62,314. 62,076. 61,995. 62,042 (du sucre dans le fromage blanc, c’était sûrement ça…). 61,917. 61,883. 61,713. 61,652.

Dix jours pour un kilo. Les efforts étaient énormes mais elle y était arrivée. Elle avait tiré un trait sur les chouquettes de la pause du matin (avec le thé sans sucre), sur le verre de vin à table, sur tous les petits plaisirs quotidiens, insidieux et caloriques.

Ce dimanche matin, en sortant de la douche, après s’être soigneusement essuyée (il ne fallait pas peser l’eau surtout), elle déposa sa bague sur le lavabo (elle pèse au moins cinq grammes) et monta sur la balance. Celle-ci commença par lui rappeler son poids de la veille : 61,652. Marie imprima mentalement le nombre (même si elle le connaissait par cœur depuis hier) et puis ferma les yeux. C’était son rituel quotidien. Fermer les yeux le temps que la balance donne son verdict et les rouvrir pour lire la bonne surprise. Tout sourire, elle posa son regard sur la fenêtre à cristaux liquides de la balance : 61,749. Entre parenthèses, + 0,097.

Quatre-vingt-dix-sept grammes de plus. La catastrophe… Ce n’était pas possible. Elle vida l’air contenu dans ses poumons et d’un pas assuré, remonta sur la balance. Elle ne ferma même pas les yeux. 61,749. Puis l’écran s’effaça une fraction de seconde et marqua à nouveau 61,749. Entre parenthèses +0,000. Dix fois elle descendit de la balance, dix fois elle remonta, mais la réponse était toujours la même. Elle avait pris quatre-vingt-dix-sept grammes en vingt-quatre heures.

Elle s’enveloppa de sa serviette et s’assit sur le bord de la baignoire. Machinalement, elle remit sa bague, le regard dans le vide. Qu’avait-elle bien pu manger d’exceptionnel pour reprendre ainsi quatre-vingt-dix-sept grammes ?  Carottes, tomates, bâtons de surimi, un fromage blanc et un fruit. Le morceau de pain du petit déjeuner ? Il pesait à peine cinquante grammes. Ce ne pouvait pas être lui qui lui avait fait reprendre une tonne comme ça… Elle se prit la tête entre les mains et réfléchit longuement. Se repasser mentalement sa journée de samedi pour trouver l’erreur, la raison pour laquelle la courbe s’était brutalement inversée. Et prendre les mesures drastiques qui s’imposaient pour qu’un tel incident ne se reproduise pas.

Ce samedi, elle avait sûrement fait plus attention que d’habitude. Robin était venu la voir et elle avait quasiment sauté un repas.

Robin. Elle ne l’avait pas vu depuis près de deux semaines. Elle lui avait fait deviner la bonne nouvelle et avait été heureuse qu’il lui dise qu’elle était mince, qu’elle était sa petite femme chérie. Qu’il l’aimait au plus profond de lui. Ils étaient ensemble allés se promener en ville, puis étaient rentrés dans le petit appartement de Marie et avaient fait l’amour le restant de l’après-midi. Trois heures de tendresse, de câlins, d’étreintes et de baisers, entrecoupés de petits mots doux. Le soir, après son départ, elle avait juste bu un thé sans sucre et mangé un petit gâteau sans gluten.

Ceci n’expliquait pas ces quatre-vingt-dix-sept grammes.

Et soudain, toujours assise sur le rebord de la baignoire, Marie sourit en regardant en l’air. Elle se remémora son après-midi avec Robin, revit son lit défait, sens dessus dessous, ravagé par l’amour de son homme à elle. Il avait été très, très attentionné hier. Elle s’était abandonnée dans ses bras et s’était complètement laissé aller. Les lèvres de Robin avaient couru partout : sur son ventre, sur ses cuisses, sur ses seins, sur son cou, sur son dos, sur ses mollets, sur ses bras, sur ses lèvres. Elle avait été embrassée comme elle ne l’avait jamais été. En se couchant le soir, bien après le départ de son amant, elle avait encore senti sur sa peau le picotement agréable de ses lèvres et de sa langue.

Cela ne pouvait pas être autrement. Son corps avait reçu quatre-vingt-dix-sept grammes de baisers. L’amour de Robin était tellement fort, ses baisers tellement ardents qu’ils avaient laissé une trace sur la peau de Marie.

C’était maintenant évident. Elle portait sur elle le poids de l’amour de Robin. Quatre-vingt-dix-sept grammes de graisse, c’était insupportable, mais quatre-vingt-dix-sept grammes de baisers, quatre-vingt-dix-sept grammes de tendresse, quatre-vingt-dix-sept grammes d’amour, c’était un joli cadeau, une preuve, s’il en fallait une, que leur amour était fort et puissant.

Marie s’habilla en chantant, ouvrit les volets et la fenêtre, refit son lit et pénétra dans la cuisine pour prendre son habituel petit déjeuner : un yaourt zéro pour cent, une biscotte et un thé sans sucre. Machinalement, elle feuilleta son agenda, histoire de s’imprégner de ses rendez-vous à venir. Elle tourna deux pages et son regard s’alluma : samedi prochain, Robin. Et depuis quinze jours qu’elle avait commencé son régime, une folle idée lui traversa l’esprit. Ce samedi là, elle espérait bien…. prendre deux cents grammes.

© JM Bassetti 08/09/2013. Tous droits réservés.