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Sachons reconnaître nos erreurs !

Lorsqu’on est un petit auteur auto-édité comme je le suis, il faut tout faire soi-même.

Écrire l’histoire, la corriger, la corriger à nouveau, la mettre en page, créer la couverture (au pixel près parfois), créer la quatrième de couverture, faire imprimer le livre et créer le livre numérique, ajouter un ISBN, envoyer le tout à la bibliothèque nationale.

Puis guetter les salons et les dédicaces, les magasins que acceptent les auto-édités, et enfin vendre le livre avec le sourire et en mettant une petite dédicace aux gentils lecteurs acheteurs.

Ca c’est le plus agréable.

Ca demande beaucoup de temps. Ca s’apprend. On y arrive convenablement.

Mais dans la liste ci-dessus, j’ai oublié quelque chose: essayer de se faire connaitre et surtout, essayer de faire connaître son nouveau bébé qui est évidemment le meilleur livre sorti, celui que tout le monde attendait et qui va nous rapporter gloire et postérité (pour la beauté et la richesse, j’ai ce qu’il faut !)

Et c’est là que le bats blesse pour moi. Ca, je ne sais pas faire, ou pas bien… J’ai eu beau lire des bouquins qui expliquent, j’ai de bons amis qui me disent ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire, je n’y arrive pas.

Et à chaque fois, je tombe dans de mauvais travers et me livres me restent sur les bras.

Et là, j’ai cherché. Pour la prochaine sortie d’Aller(s)-Retour(s), certainement fin août, que vais-je bien pouvoir inventer pour faire le buzz ?

Créer un site spécial comme je l’ai fait pour Paramètres ? Non, c’est beaucoup trop de travail et de temps pour un retour vraiment faible. Et puis, je m’éparpille. Il ne faut pas !

Acheter un espace publicitaire sur Facebook, Amazon, Twitter ou Instagram et inonder le web de publicités ? Non plus. Mauvaise idée. Coûteuse et peu rentable. Ca se saurait si ça marchait !

Alors j’ai trouvé une idée brillante: diffuser le début du livre par épisodes; Distiller petit à petit l’intrigue de mon livre. Créer le besoin, donner l’envie. Ah, voilà une idée qu’elle est bonne.

Tiens, je vais en diffuser une douzaine de chapitres, ce qui nous amènera presque à la date de parution prévue. Voilà, on va faire comme ça !!!

Et pour faire encore plus le buzz, je vais diffuser les chapitres par abonnement, uniquement aux personnes qui se seront abonnées. Comme ça, elle seront tellement emballées par la lecture de mon chef d’œuvre qu’elles vont en parler autour d’elles, partager la page et comme ça, d’autres personnes vont s’abonner, et ça fera ce qu’on appelle l’effet boule de neige, et il y aura des milliers d’abonnés.

Ce qui entrainera des milliers de gens qui voudront connaître la suite, d’où des milliers de ventes du livre complet, d’où le succès espéré.

CQFD.

Seulement voilà. Après une semaine de lancement auprès de mes contacts, des posts sur ma page perso et ma page Auteur de Facebook, après des partages sur des groupes de lecteurs, après trois tweets, je me rends compte que ma liste d’abonnés se monte à ….13.

Y compris moi, ma mère (que j’ai abonnée moi-même !), ma tendre épouse, mon fils, deux amis auteurs auto-édités comme moi, deux copains instits que je connais depuis des années, deux aficionados-ami(e)s qui suivent tout ce que j’écris depuis bien longtemps et une poignée de personnes déjà abonnées à mon autre liste (Amor-Fati).

Et  un raton-laveur

De nouveaux abonnés : zéro. Nul. aucun…

Et c’est là que je me dis: « Jean-Marc, tu es un génie, tu as tout bien compris (je me tutoie dans l’intimité). Pour te faire connaitre d’un maximum de personnes et donner envie de lire ton prochain best-seller (??), la meilleure solution est bien de diffuser tes écrits à une liste restreinte de gens qui te connaissent déjà. Pour que surtout les autres, ceux qui passent par hasard, ne voient pas !!! Comme ça, tu arriveras peut-être à en vendre quatre ou cinq (parce que les autres, tu vas les offrir !!) »

Non, sachons reconnaître nos erreurs, comme on dit, je me suis planté une nouvelle fois.ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Il faut ouvrir au maximum, c’est l’évidence même, à la portée du premier venu…

Alors cette liste Aller(s)-Retour(s) que j’ai créée n’a pas de raison d’être. Ce n’est pas en diffusant de façon restreinte que je vais conquérir un nouveau lectorat !

Les chapitres de Aller(s)-Retour(s) seront bien diffusés tous les lundis, mais sur mon site perso https://www.jeanmarcbassetti.fr. Et peut-être aussi sur le site Amor-Fati, je verrai bien !

Sans fermeture, ni code d’accès. Pour que toutes celles et tous ceux qui veulent le lire puissent le faire et y trouver du plaisir.

Pour que tout le monde puisse commenter publiquement.

Et éventuellement partager.

Pour que ce début de roman trouve éventuellement son lectorat vers des gens qui ne me connaissent pas !

Ah, j’ai encore beaucoup à apprendre !!

Bon dimanche. Bonne fête à tous les papas.

Et à demain sur https://www.jeanmarcbassetti.fr pour le premier chapitre de Aller(s)-Retour(s) !


Bienvenue

Bienvenue sur cette nouvelle version du site des mots d’Amor-Fati.

Ce site est enfin redevenu ce  qu’il était à l’origine: uniquement un blog comportant les textes que j’écris régulièrement. Si vous voulez tout lire, vous en avez pour un moment !!

J’ai réuni beaucoup de choses sur le site www.jeanmarcbassetti.fr qui devient le site de référence de mes écrits et le point de départ de mes activités d’auteur et de lecteur.

Si vous désirez en savoir plus sur mes livres, et, pourquoi pas, en commander, rendez-vous sur https://www.jeanmarcbassetti.fr

Je vous invite à venir le visiter. C’est là que vous trouverez la boutique maintenant !

A bientôt !!


Écrire aux temps du Corona (jour 10): Léon le dindon

Atelier d’écriture proposé par le site Bricabook.

Je l’appelais Léon
Le Dindon
De mon Tonton
Gaston.

Il mangeait des limaçons
Des moucherons
Du jambon
Des oignons.

Quand maman Marion
Appelait Tonton Gaston
Elle posait des questions
Sur Léon

A Noël mon Tonton
Gaston
Est venu à la maison
Pour le réveillon

– Tu l’aimes bien Léon ?
Me demanda Tonton.
– Oui Tonton Gaston.
– Alors prends-en un pilon !


Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.


Écrire aux temps du Corona (jour 9): Autre temps autres vases

Atelier d’écriture proposé par le site Bricabook.

Savez-vous lire entre les lignes ?


Ah ! Il est bien loin le temps où il pouvait monter de beaux cols de vases. Bien longs, bien verticaux, tendus vers le ciel. Un simple regard sur la terre argileuse. Un simple coup de doigt sur la base de la boule de glaise et tout suivait, sans qu’il n’ait rien à faire. Presque uniquement par la pensée. Le col montait tout seul. Sous ses yeux heureux. Il n’y avait plus qu’à le mettre au four et le tour était joué. Le potier était heureux. Son épouse aussi. Elle aimait ses grands vases.

Les années ont passé. Et le geste est moins précis. Il y a toujours le savoir-faire, certes, mais la terre ne réagit plus comme elle le faisait avant. Elle est moins réactive sous le doigt qui la travaille. Les vases sont devenus plus souples, plus courts. Il a fallu adopter un autre style. Se faire aider par un moteur auxiliaire. Parfois, il regarde la pauvre chose qu’il a réussie à ériger et se dit que ça ne vaut même pas la peine de la mettre au four.

Le potier arrête son tour. « Viens, dit-il à sa femme, ils jouent Ghost ce soir sur la 6. Je ne sais pas pourquoi, mais j’adore ce film. »


Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.


Écrire aux temps du Corona (jour 8): Sakura

Atelier d’écriture proposé par le site Bricabook.

J’espère que vous allez toujours tous bien. Vous et les vôtres.

Jolie photo de printemps ce matin. Mais interdiction de parler du printemps, nous a dit Alexandra.

Donc, il ne sera pas question de printemps !

Bonne lecture à toutes et à tous.


 

On te nomma Sakura
Tu naquis à mi-mars
Au cœur du japon ancestral
Tout le monde t’admira
Tu étais tellement légère
Tellement fraiche
Tellement jolie
Au teint si clair.

On vint donc de Tokyo
De Kyoto
D’Osaka
De Kobe
Pour te voir
Pour t’admirer.
Sans tarder.

A la fin du ce mois
Tu mourus
Comme tous les ans
Laissant place à une sphère
Rouge
Sans beauté
Sans clarté
Que plus personne
Ne regarda.

Et puis l’an prochain
A la mi-mars
On te retrouvera
Rose, légère
Claire et brillante
On reviendra te voir.
Comme nous les ans
Nous aurons pris une année.
Tu n’auras pas changé.
Et tout le monde t’admirera
Sakura.

(En japonais, Sakura est le nom de la fleur de cerisier. Les sakura sont en effet la personnification même de l’éphémère. Leur pétales ne se laissent admirer que sous une très courte période, et leur passage éclair sur terre renvoie alors indubitablement celui qui les admire à sa propre mortalité.)


Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.

 

 

 


Une soirée bien étoilée (3/5)

Un épisode court pour vous reposer avant les deux derniers morceaux qui finiront en apothéose.

A demain !!


Le repas fut divin. La nourriture fine et parfaitement cuisinée les ravit tous deux. Le vin, bien choisi par la serveuse avait été à la hauteur.  Tout fut parfait. Depuis les amuse-bouche accompagnant la flûte de champagne jusqu’aux mignardises servies avec le café. Un macaron chocolat-cassis maison sur une assiette de porcelaine, c’est quand même autre chose qu’une amande entourée de mauvais chocolat dans un papier alu posée sur la soucoupe, près de la tasse. Noémie n’était jamais allée dans un restaurant de cette classe. Pas coincée, l’ambiance était plutôt décontractée, mais Noémie sentait bien qu’elle était dans un restaurant gastronomique. Rien ne semblait laissé au hasard, que ce soit dans la tenue des serveuses ou dans la mise en place de la salle.

La conversation avait été agréable et variée. Goûts de lecture, de cinéma, appréciations sur les plats servis, quelques mots sur le bureau, l’ambiance de travail. Et puis quelques mots plus personnels; Noémie avait parlé de sa sœur aînée, de son père et de sa mère disparue trop tôt. Théo avait évoqué sa passion pour la voile, son goût pour le jazz des années cinquante et son plaisir de boire un bon whisky, avec modération, évidemment. Noémie et Théo en étaient restés au vouvoiement. Aucun des deux n’avait voulu brusquer les choses en lançant un tu qui eut pu paraître déplacé. Le tutoiement viendrait surement naturellement… plus tard sans la soirée.

Vers vingt-deux heures, Noémie se rendit aux toilettes faire une petite retouche de maquillage, laissant ainsi tout le loisir à Théo de régler discrètement. Galamment, Théo tint la porte pour laisser le passage à Noémie. Elle se risqua à lui prendre le bras pour marcher jusqu’à la voiture. Le ciel était clair, la nuit bien sombre au-dessus du canal. Noémie et Théo s’arrêtèrent un instant pour contempler les étoiles. Il lui montra la grande ourse, Cassiopée et Orion.

– Merci, merci pour ce bon repas. C’était un moment bien agréable, lui dit-elle en tendant ses lèvres.

– Je suis heureux que cela vous ait plu, répondit Théo en déposant un baiser sur la lèvre supérieure de Noémie.


Rien que des mensonges

Hier, sur ma page auteur Facebook, j’ai sollicité mes « amis ». Je leur ai demandé de me proposer une phrase qui pourrait être le début d’un texte. Une phrase, courte ou longue, qu’importe. J’ai reçu une douzaine de propositions. Après les avoir bien regardées, j’en ai retenu une pour aujourd’hui et une pour un prochain texte.

La phrase choisie est celle de mon amie Christelle : Ce matin-là, elle se leva la boule au ventre…

Bonne lecture !! Et comme d’habitude, n’hésitez pas à commenter…


Ce matin-là, elle se leva, la boule au ventre. Elle avait mal dormi, tourné dans le lit pendant toute la nuit. Surtout ne pas le réveiller. Ne pas lui donner la possibilité de la toucher, même de la frôler. Quand il était venu se coucher, elle n’avait pas bougé, avait gardé les yeux bien fermés et s’était appliquée à avoir une respiration régulière. Quand il avait posé la main sur son épaule, elle avait frissonné mais ne s’était pas retournée, n’avait pas réagi. Quand il s’était levé pour partir travailler, elle n’avait pas bronché, pas même quand il avait déposé un baiser près de son oreille.

C’était toujours comme ça. Quand il revenait de « soirée », comme il disait, il était pris d’un accès de mauvaise conscience et cherchait à se faire pardonner. C’était trop dur pour lui. Il fallait qu’il soit câlin et qu’elle soit câline pour qu’il puisse s’endormir apaisé et la conscience tranquille. Qu’importe qu’elle ait passé la soirée devant la télé. Aucune importance qu’elle soit allée se coucher seule et qu’elle ait attendu une partie de la nuit. Du moment qu’elle était gentille au moment où il le désirait. Lui donner de l’amour, c’était lui donner son absolution.

Elle savait que la situation ne pourrait plus durer. Elle avait cru pendant des mois à la partie de poker avec des copains. Elle avait écouté ses bonnes et mauvaises mains le matin, assise dans le lit devant la tasse de thé qu’il lui avait apporté. Toujours cette mauvaise conscience ! Elle s’était réjouie avec lui quand il avait gagné. Elle avait été compatissante et compréhensive quand il avait perdu. Elle avait tout gobé, tout cru, tout avalé depuis trop longtemps. Des mensonges. Rien que des mensonges.

Jusqu’à ce qu’un jour, il oublie son portable sur le lit en allant se doucher. Déjà se doucher avec son téléphone, ça aurait dû l’alerter ! Il s’était allumé et avait affiché la notification « Mathilde : Vivement tout à l’heure ! Je t’aime ». Le monde s’était écroulé en huit mots et en une seconde. Elle l’entendait chanter sous la douche et elle savait qu’il mentait. Et qu’il mentait sûrement depuis longtemps.

Elle avait alors guetté son portable. Et elle avait surpris plusieurs messages du même genre, avec des prénoms différents. Viviane, Margot, Karine… Plus les semaines passaient et plus elle se rendait compte qu’il n’était pas l’homme qu’elle avait connu et qui était venu s’installer chez elle un an plus tôt.

Et elle savait que ce soir, il avait rendez-vous avec une certaine Loona qu’il avait connue sur Facebook et avec qui il correspondait depuis un mois déjà. Elle suivait chaque jour ses conversations sur les réseaux sociaux. C’était facile, son mot de passe était le même sur tous les sites qu’il fréquentait. Il devait la rejoindre dans un café de la place des Tilleuls à 20 h30 pour une coupe, avait-il proposé. « Et plus si affinité », avait-il ajouté finement ! Ce à quoi la belle Loona avait répondu « pourquoi pas ? en ajoutant des petits emojis évocateurs et qui ne laissaient aucun doute sur son accord tacite.

La journée passa très vite. Elle avait tellement à faire aujourd’hui. Pas une minute à elle. Pas une seconde sans rien faire. Il fallait qu’elle soit prête à temps.

A 20 h, son téléphone sonna. Un message : « Poker chez Christophe ce soir. Ca risque de durer un peu. Couche toi, je te retrouve en rentrant. Je t’aime. »

A 20h30, en montant dans sa voiture, elle prit son téléphone et rédigea le message qu’elle avait déjà écrit cent fois mentalement : « Désolée, j’aurai sûrement du retard pour notre petite soirée, je suis partie huit jours au soleil. J’ai fait changer les serrures de l’appartement. Tes affaires sont dans le local à poubelles. Méfie-toi, ils passent dans une heure. Bon poker avec Christophe. Loona. »


Après la pub

Il y a des gens qui vous marquent. Des personnages que vous avez toujours connus et dont la disparition vous touche. Parce qu’ils ont su être suffisamment charismatiques pour éveiller votre attention mais aussi assez discrets pour ne pas être envahissants. Pierre Bellemare était de ceux-là. Depuis mon enfance, sa voix m’était familière, à la télé, à la radio. Vivez de nouvelles aventures extraordinaires Monsieur Bellemare et merci pour tout.

C’est à lui qu’est dédié ce texte du jour de l’atelier de Leiloona. Pensez à lire les textes de mes amis.


« Nous sommes le dimanche 25 août 1929 à Guéret. Il fait beau dans ce chef-lieu de la Creuse. L’été a été chaud et Claude Sarrassat vient de s’installer dans un nouvel appartement. Il vient de fêter ses cinquante-deux ans et il vient d’être nommé Professeur de botanique à l’Ecole Normale de Garçons, avenue Marc Purat à Guéret. Un poste qu’il convoitait depuis longtemps. C’est que la botanique, c’est sa passion. Dès sa petite enfance, il s’est intéressé aux plantes, aux arbres, et à tout l‘écosystème végétal qui l’environne, quelque soit l’endroit où il se trouve. Il s’est déjà fait un petit nom dans la région, après avoir publié une bonne dizaine de brochures sur les plantes du département. Il est considéré comme le spécialiste de la botanique creusoise et à ce titre, a déjà été décoré de l’ordre des palmes académiques, ce dont il n’est pas peu fier. La société nationale des botanistes l’a également reçu en son sein et il peut maintenant partager ses trouvailles.

L’heure de la rentrée approche et Claude Sassarrat décide de taper fort pour son arrivée à l’école normale. Les Bryophytes. Voilà ce que sera le thème de ses cours de ce premier trimestre devant un parterre d’une quarantaine d’élèves instituteur qui, il n’en doute pas, boiront ses paroles.

Juste un petit rappel, chers auditeurs, pour celles et ceux qui ne se souviendraient pas de leurs cours de botanique…

« Pris au sens large, c’est-à-dire celui des classifications traditionnelles, le terme bryophyte s’applique aux trois embranchements de plantes terrestres qui ne possèdent pas de vrai système vasculaire. Au sens strict, l’embranchement actuel des Bryophyta ne concerne que les mousses et les sphaignesau sens botanique strict (à l’exception donc des Hepaticophyta et des Anthocerotophyta».

Ne quittez pas l’antenne chers amis, après une courte pause publicitaire, je vous raconterai par le détail les rencontres étonnantes et les aventures extraordinaires de Claude Sarrassat en forêt de Chabrière. Je vous expliquerai comment un écureuil malicieux l’a guidé dans sa recherche de sphaignes. Je vous expliquerai par le détail comment les Andreaeopsida ont changé la vie trépidente de Claude, et surtout comment l’usage de Anthocerotophyta en décoction a modifié la vie sexuelle de Claude et de son épouse. Je vous donnerai également la possibilité d’acheter des Marchantiopsidas en sachets, pour la modique somme de quarante-deux francs cinquante. A tout à l’heure.

-Merci cher Pierre et à tout à l’heure pour la suite de vos histoire extraordinaires. »

 


A ma fille.

300… Vous imaginez ? C’est aujourd’hui le 300 ème atelier d’écriture de Leiloona. 300 photos, 300 textes. J’ai pris le train en route. Je ne sais pas combien j’en ai fait… Peut-être une petite centaine, je ne sais pas précisément. En tout cas, 300 mercis à toi, Alexandra (Leiloona est un pseudo) de nous permettre de nous pencher chaque semaine sur une photo pour inventer une petite histoire de quelques lignes. 300 bisous pour toi, et rendez vous à ce trois cent troisième auquel tu sembles tant tenir…


Ma grande,

T’en souviens-tu ? C’était il y a plus de vingt ans déjà. Quand j’y pense, quand je pense au temps qui passe, ça me bouleverse.

Les vacances tiraient à leur fin. Les derniers jours d’août étaient ensoleillés et nous souhaitions en profiter avant la rentrée qui se profilait déjà. Nous étions partis tous ensemble dans cette petite maison que Pascal nous avait prêtée, dans cette Sologne que j’aime tant. Nous avions passé là trois jours à vivre comme bon nous semblait, sans obligation, sans contrainte. Chacun se levait à l’heure qu’il voulait, passait son temps à faire ce dont il avait envie. Toi, tu passais beaucoup de temps à lire, près de la fenêtre de la bibliothèque, dans la lumière dorée du jardin. Ton frère préférait courir, comme d’habitude. Profiter des derniers moments d’extérieur avant de retrouver notre appartement et le bitume de la cour du collège. Maman et moi en avions profité pour faire de grandes ballades, parfois ensemble, parfois chacun de notre côté.

J’avais cependant insisté pour que nous passions nos repas tous ensemble. Dans une famille, les moments de repas sont tellement importants pour tisser les liens, ou pour les fortifier. Pour parler. De ce qui va bien, de ce qui va moins bien.

Puis nous avions repris l’autoroute, rangé les souvenirs de vacances et attaqué la rentrée sans grand enthousiasme. Un peu comme Pagnol enfant descendant de ses chères collines pour retrouver Marseille et ses soucis.

C’est marrant de retomber sur cette photo au moment où tu vas à ton tour être mère. Où tu vas toi aussi te fabriquer des souvenirs auprès de cet enfant qui va vous accompagner désormais. Cet enfant qui va changer votre vie à Paul et à toi. Comme ton frère et toi avez changé la nôtre. C’est plus belle chose qui puisse t’arriver.

Un gros paquet de nostalgie m’est tombé dessus en revoyant ce souvenir.

J’espère que je ne t’ai pas plombé la journée.

Je t’embrasse bien fort.

Embrasse Paul pour moi.

Papa.


Voyants de père en fils

Bonne année 2018.

La semaine dernière, je l’avoue, j’ai séché. Les parachutistes proposés par Leiloona ne m’avaient vraiment pas inspiré et j’ai préféré passer mon tour, quitte à le reprendre plus tard si l’inspiration me revient. Cette semaine, cette photo de potage ne m’a pas inspiré immédiatement, mais la maturation de la semaine a fait son travail et j’ai accouché de ce texte lourd dimanche après-midi. 
En le lisant, vous apprendrez comment les destins d’un homme peuvent être influencés par certains médiums.
Je suis désolé, le texte dépasse légèrement la page A4 en caractères Calibri de Corps 11, mais tout y est important et la vérité historique m’a empêché de faire plus court.
Comme d’habitude, rendez vous sur le site de Bricabook pour lire les textes des copains, sûrement excellents mais certainement pas empreints de sérieux et de recherche encyclopédique comme l’est celui que vous vous apprêtez à découvrir.


Emmanuel était le dernier d’une lignée de médiums et de voyants qui avaient le don de lire l’avenir de leur entourage et leur propre avenir de façons particulières.

Son arrière-grand-père Henri, ancien agent des ponts et chaussées et décédé en 1964 voyait son avenir et l’interprétait dans les croutes de Maroilles. C’était sa manière à lui de travailler. D’aucuns le prenaient pour un illuminé, mais il avait tenu ferme toute sa vie. C’est ainsi que peu avant sa mort, il avait prédit l’assassinat du Président Kennedy en croisant des croutes de fromage avec de la purée de carottes. Il avait terminé son repas en sueur, les yeux révulsés. « Quand la croute de côté fait un trait épais qui va en se rétrécissant et que la carotte est mal mélangée à la purée sans crème, c’est que la vie d’un homme célèbre est en danger. » Le lendemain, après la salade, il avait repris du fromage et relancé les croutes de la main gauche et les yeux fermés dans la gamelle du chien. C’était la façon la plus sûre de ne pas se tromper. Elles étaient retombées en formant un étrange K. Il en avait déduit qu’un président dont le nom commençait par un K était en danger. Mais voilà… Khrouchtchev ou Kennedy ? Les deux étaient en poste. Après plusieurs nuits d’angoisse et d’insomnie pour lui et pour son épouse Marie, il avait fini par avoir sa réponse tant attendue au petit déjeuner. Le Maroilles que sa femme lui avait présenté pour tremper dans son café présentait une série de formes étranges sur la croute, formant une dizaine d’étoiles stylisées. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre que c’était le Yankee qui risquait sa peau. Ses appels téléphoniques à la maison blanche ne furent jamais pris au sérieux et il arriva à John Fitzgerald ce que tout le monde sait.

Le Grand-père d’Emmanuel se nommait André. Peu amateur de fromage, il avait pris l’habitude d’exercer son art en lisant dans la purée Mousline récemment inventée. En tant que cheminot affecté à la conduite des michelines dans le Nord Pas de Calais, André était un spécialiste reconnu des tracés de rails dans la purée en flocons. Il avait notamment reçu le Grand Prix Inter-rail Mous-Miche-Line pour sa prédiction de l’élection de Martine Puichard comme Miss Picardie en 1978. La chute malencontreuse d’un crouton de pain dans les rails du côté gauche de l’assiette (celui du cœur) le midi et une trace en forme de J le soir l’avaient amené à épouser Jacqueline qui lui avait donné deux enfants étrangement allergiques à la purée.

Jean-Michel, le fils aîné d’André fut, malheureusement pour lui, le canard noir de la famille. Il eut beau chercher à prédire l’avenir du monde ou son propre avenir dans différents aliments, rien ne lu sourit. Il essaya pourtant les raviolis, les nems, les poils d’artichauds (son oncle était un spécialiste des poils de coeur, mais la limite de ce texte à une page ne nous permet hélas pas de nous pencher d’avantage sur son cas pourtant passionnant), la tisane Verveine menthe, le ketchup, la mayonnaise et les éclairs au café, rien ne lui permit de lire quoi que ce soit. Il eut une lueur d’espoir un soir en pensant avoir prédit dans les coquillettes au beurre une récolte exceptionnelle de frites dans le sud de la Belgique mais une invasion de sauterelles mit fin à cette espérance.

A la naissance d’Emmanuel en plein milieu des années soixante-dix, toute la famille se demanda quel serait son don. Et il ne fut pas long à le révéler. Emmanuel lisait son avenir dans la soupe à la tomate et dans les pâtes que sa maman Françoise versait généreusement. Si, tout enfant, Emmanuel lisait plus facilement dans le vermicelle et le tapioca, la maturité l’entraîna dans la lecture des pâtes lettres Buitoni. Sa carrière de haut fonctionnaire, il la doit d’ailleurs à la soupe à la tomate. En 2002, la présence des trois lettres A, E et N lui firent se poser des questions sur son avenir. Les Dieux voulaient ils lui dire qu’il était un ANE ? Ses brillants résultats scolaires disaient pourtant le contraire. Soudain, l’illumination lui vint et il entra à l’ENA. N’était-ce pas un signe ?

Depuis, il n’est pas un jour où Emmanuel n’essaie pas de lire son avenir et celui de son pays dans les pâtes à potage. Il lui fallut une bonne semaine de réflexion pour comprendre que les lettres A, B, E, N, Q et U formaient le mot BANQUE et l’incitaient à déposer sa lettre de motivation chez les Rothschild. Les lettres S, R, U, N et E l’encouragèrent à se présenter devant les français et à leur demander de mettre son nom dans les URNES.

Hier soir, en soufflant sur sa soupe trop chaude (Brigitte la laissait trop longtemps sur le feu), il avait aperçu le mot TRAVAIL, même si le V coulait un peu sous un pépin de tomate réticent.

Et aujourd‘hui CODE.

Bon sang…. CODE ce soir et TRAVAIL hier… Il y avait sûrement un message. Le travail du code ? Le code du travail ? Il y avait certainement quelque chose à creuser. Mais quoi ?


PS : A noter que tous les prénoms et les professions sont les bons… Je n’ai rien inventé. Du moins pour ce qui est des prénoms…


Marcel, gardien de square.

Voilà. C’est la rentrée. Une semaine sans texte pour cause de vacances et de décalage du texte de la semaine précédente et on se remet au boulot.

Bricabook, l’atelier d’écriture de Leiloona a repris de l’activité. Et, cerise sur le gâteau, c’est elle même qui a fait la photo de la semaine.


@ Leiloona

« Tu vois, quand on était gamins, on s’amusait dans le square ici. Il y avait plein d’endroits où on pouvait s’éclater. On y venait avec maman après l’école. Il y avait les montagnes russes où les grands faisaient du vélo sans casque.

– Sans casque ?

– Oui, oui, je t’assure ! Et il y en avait qui prenaient de sacrées gamelles. Bon. Il y avait quand même Marcel, le gardien du square qui passait de temps en temps. Il les regardait, soulevait parfois sa casquette pour se gratter le crâne, puis reprenait sa marche. A la réflexion, quarante ans plus tard, qu’est-ce qu’il devait se faire suer, Marcel.

– Ouais, le pauvre… C’est vrai qu’ils avaient un rôle ingrat.

– Tiens, regarde là-bas !! Avec mes sœurs, on faisait du patin à roulettes ici. Un grand ovale en béton avec des bancs tout autour. Le nombre de fois où j’ai pris des bûches là-dessus ! J’avais en permanence les genoux écorchés.

– Tu n’avais pas de protège-genoux ?

– Tu rigoles. Ni de coudières, ni de trucs aux chevilles, ni même de casque. On avait deux paires de patins pour trois. On se les passait avec mes frangines. En fait, moi j’en avais pas. Trois ou quatre fois dans l’après-midi, il y avait Marcel qui passait. Il virait les cailloux qu’il y avait sur la piste. Et dès qu’il avait le dos tourné, on en remettait. Ça nous faisait des mini-obstacles et ça faisait casser la figure à ceux qui ne savaient pas ! Pauvre Marcel, qu’est-ce qu’on a pu se foutre de lui quand même !

– Le pauvre. Gardien de square dans les années soixante, c’était le métier de ceux dont on ne savait pas quoi faire.

– Oui mais au moins ils avaient un métier, on ne les laissait pas tomber comme maintenant !

– C’est sûr, tu as raison. Ahhhhh !! C’est quoi ce truc affreux ?

– Ouah !!! C’est toujours là cette horreur ? On s’est toujours demandé ce que ça pouvait fabriquer dans un square de la région parisienne ce machin-là. Sûrement des subventions qui étaient tombées et il fallait faire quelque chose dans l’urgence. Avec un architecte qui avait fait son stage à Shangaï !

–  Vous veniez là aussi ?

– Tu penses, oui. On en a fait ici. On imaginait la taille des crottes de nez de ce dragon…  On s’asseyait sur sa bouche. Tiens, tu vois le morceau cassé en haut de la lèvre ? C’est Jérôme qui l’a pété à coups de patin à roulettes, je m’en souviens comme si c’était hier ! On a grimpé dessus par tous les chemins possibles. Il ne doit pas y avoir un centimètre carré où je n’ai pas marché. On jouait au foot. La gueule ouverte, c’était le but. Et on faisait exprès de tirer dans les dents !!!

– Et Marcel ? Il ne vous disputait pas ?

– Ah non. On ne le voyait pas par ici dans la journée, mais un soir, quand j’ai eu une quinzaine d’années, je suis passé par là en rentrant du lycée et devine qui j’ai vu ? Marcel. Avec la pharmacienne. Dans la gueule du monstre. J’ai pas fait de bruit, je me suis planqué et j’ai tout maté.

– La vache !

– Ouais. Et puis, dans le courant de l’année, je suis repassé et j’ai revu Marcel. Avec la boulangère, avec Madame Arnaud, ma maîtresse de CP, avec Madame Leclerc qui nous faisait le cathé, avec ma voisine du dessus, avec la secrétaire de mairie. Et avec d’autres que je ne connaissais pas.

– Sacré Marcel. Il avait la belle vie quand même !

– Ah ouais, tu as raison. Gardien de square, quel putain de beau métier c’était !! »


Le square de mon enfance où il y avait les montagnes russes et une piste de patins à roulettes était à Courbevoie (92), boulevard saint Denis, à côté de la maternelle. Il n’y avait pas la grosse tête de lion moche, mais il y avait bien un gardien qui arpentait le square à longueur de journée.

Et en hiver, un marchand de marrons grillés à l’entrée…


Juste une mise au point.

C’est lundi, c’est Bricabook… une image, quelques mots. Merci à Leiloona et à son site de nous offrir ce bonheur hebdomadaire !!
Bonne lecture à vous tous. Et n’oubliez pas d’aller lire les textes des autres.


© Romaric Cazaux

C’est marrant que je retrouve cette photo ce soir, au fond d’un tiroir. C’est moi qui l’ai prise cette photo…

Mais laissez-moi me présenter. Peut-être un jour avez-vous eu affaire à moi. Je m’appelle Georges Lebrac et j‘étais détective privé. 27 rue des mouettes. Vers le port.

Mon pain quotidien, c’était les cocus. Essentiellement. Filatures en tous genres, planques devant les hôtels bon marchés ou les restaurants de bord de mer la plupart du temps. Des heures dans ma bagnole à bouffer des sandwiches et des barquettes de carottes râpées, à fumer clope sur clope, à écouter Philippe Bouvard et les Grosses têtes, à voir le temps passer sur ma montre à 15 euros. Le tout en essayant de se faire voir le moins possible. La discrétion, c’est notre maître mot à nous, les Sherlock Holmes, Les Nestor Burma, les Mike Hammer.

Il y a une dizaine d’années, alors que je fais un peu de paperasse dans mon bureau – il faut bien en faire de temps en temps – un type sonne. En général, j’aime pas trop qu’on se pointe directement chez moi sans passer par un rendez-vous. Au moins téléphonique. Parce qu’il faut vous dire que je bosse chez moi ; pas d’agence, pas de secrétaire. C’est bon pour la télé les Miss Moneypenny et autres blondasses au cerveau rachitique. Donc, un type se pointe et me sert le couplet habituel. Il n’a pas voulu me dire son nom, appelons-le Monsieur F. Sa femme s’absente de plus en plus de chez eux. Des fois, elle sent le tabac quand elle revient. Elle donne des excuses bidon, part faire des courses à pas d’heure, il lui arrive même de recevoir des coups de téléphone bizarre et elle a l’air un peu gênée quand elle revient. Il me paie à l’avance une petite centaine d’euros, me promet beaucoup plus lorsque je lui aurai donné l’identité de l’amant, si amant il y a.

Le lundi suivant, je me place donc au bas de l’immeuble de Madame F. Une femme d’une trentaine d’années, plutôt bien de sa personne comme on dit. Elle porte un pantalon blanc et un petit haut à bretelles rouge. A son cou, un léger collier portant une perle noire. Montre, bracelet assorti au collier. Une paire de lunettes d’écailles pour tenir ses cheveux. Je suis trop loin pour m’en rendre compte, mais je suis certain qu’en plus, elle sent bon. Dans notre métier, il faut avoir l’œil. Et vite. Le moindre petit détail peut être d’une importance capitale. Elle part à pied. Je la laisse prendre quelques mètres d’avance et je descends de la voiture pour la prendre en chasse. Elle s’engage à pied dans la rue du Maréchal Foch, longe l’ancien marché, tourne à gauche dans la rue de la mer et se dirige vers le port de plaisance. Elle marche d’un bon pas jouant avec le parapluie qu’elle tient dans sa main gauche. Etrange d’ailleurs la présence de ce parapluie puisqu’il fait grand soleil et que la météo n’est pas particulièrement alarmiste. Elle a la santé et visiblement la joie au cœur. Je prends quelques photos, un peu au pif.

Elle s’arrête devant une boutique de mode dont le nom m’amuse car il est caractéristique de notre région : « La pluie et le beau temps ». Elle s’immobilise devant la vitrine et fait mine de s’intéresser aux jupes, blouses, sandales et chaussures en exposition. Pendant ce temps, appuyé à un poteau électrique, je fais la mise au point de mon appareil photo. Bonne vitesse, bonne ouverture, bonne focale pour que les clichés soient de bonne qualité et que je mérite les deux ou trois cents euros que le cocu me versera. Juste à côté de ce magasin, un homme fume dans l’entrebâillement d’une porte. Il semble discuter avec une femme assise sur un banc. Peut-être une amie, ou sa femme, ou sa sœur, ou sa cousine. Peut-être une passante, juste assise une minute pour se reposer. Je n’en sais rien du tout. Comme la distance est la même, je fais la mise au point sur la femme. Je shoote un peu au hasard. Une dizaine de fois, le doigt laissé sur le déclencheur.

Quelques minutes plus tard, un homme d’une quarantaine d’années apparait dans la porte de la boutique. Il prend discrètement Madame F.  par la main, l’attire vers lui tout en la tirant vers l’intérieur de la pièce. Il attend qu’ils soient entrés pour la prendre dans ses bras et l’embrasser. Les deux voisins n’ont rien vu, mais moi j’étais aux premières loges. Je n’en espérais pas tant. La mise au point étant parfaite, j’ai shooté une douzaine de clichés. Le mari sera content. Il en aura pour ses sous ! Et moi, je n’aurai pas volé les miens.

C’est marrant que je retombe sur cette photo ce soir, alors que je referme à jamais les cartons de ma vie professionnelle pour me lancer à corps perdu dans une retraite que je ne souhaitais pas, mais le métier est dur et il faut savoir s’arrêter un jour. Le monde est ce qu’il est. Il y aura toujours des cocus. Il y aura toujours des détectives pour suivre leurs femmes. Il y aura toujours des photos pertinentes et des photos perdues. Des mises au point. Un peu comme celle-ci.


Le chat va sortir…

couver-Chat-600Comme vous le savez sûrement,  « Le Chat immobile » sortira le mardi 21 Juin chez Nat’s Edition.
Et j’en suis ravi.
A ce propos, mon éditrice me demande de combien d’exemplaires je souhaite disposer pour les remettre en mains propres ou pour les envoyer à ceux qui souhaitent une dédicace de ma petite main…
Si vous en souhaitez un exemplaire (ou plusieurs), merci de vous connecter sur la page de précommande et de remplir le formulaire contenu.
Cela me permettra d’avoir une idée sur le nombre d’exemplaires à commander..
Je compte sur vous. (même si vous me l’avez déjà dit de vive voix, même si on a déjà parlé ensemble, même hier ou ce matin…)
Merci  et bonne journée.

 


A la place de tes yeux

Image représentative de la vie actuelle
Ne regarde pas devant la vie qui t’attend.
Regarde derrière, regarde l’écran.
Ne regarde pas la vie qui passe
Mais un instantané du moment.
Civilisation de soi
Selfi-lisation du moi.
Un poteau entre lui et toi ?
Pas grave, toi on te verra !
Tu vas en faire quoi de ce cliché ?
Ta nouvelle photo de profil
Pour Facebook Instagram ou Twitter ?
Peut-être qu’on te demandera
Qui c’est le mec en blanc derrière toi…
Et toi, tu es venue, tu as attendu
Longtemps, longtemps
Et quand le pape est passé…
Tu ne l’as même pas regardé !

La vie, c’est ce qui se passe sans toi pendant que tu regardes ton téléphone..


Une arme ?

pointDamien est heureux. Après quatre mois d’attente, il prend enfin possession de sa commande. Tous ses amis avaient déjà la leur. Il n’y avait plus que lui. A son âge, chacun a son arme. Son arme personnelle. Il ne comprenait pas pourquoi lui, malgré l’autorisation de la préfecture, n’avait toujours pas sa machine à tuer.

La société a évolué. Chacun a la sienne aujourd’hui. Et Damien a promis qu’il ferait attention. Qu’il la bichonnerait, qu’il la nettoierait, la graisserait, la ferait briller.

Il sait qu’avec elle, il va être le roi, le boss, le champion. Ah, les copains vont l’envier ! Elle fera désormais partie de lui. Même pour aller juste à côté de chez lui, il la prendra, ne pourra plus s’en passer.

Et puis avec une arme pareille, les filles tomberont, c’est certain. Ça vous change un homme un bijou pareil.

Non, ne vous y méprenez pas, Damien n’est pas un tueur, loin de là.

Et puis, il espère bien que sa voiture ne tuera pas, ne tuera jamais.

Mais ça peut arriver. Personne n’est à l’abri.

1000 caractères


Le troisième acte

barbaraJe m’en veux tellement de n’avoir pas goûté cet instant. De ne pas vous avoir écoutée avec toute l’attention que vous méritiez. A mes yeux de jeune con, vous étiez une vieille chanteuse, une has been, une que mes parents écoutaient déjà, c’est vous dire ! Je ne connaissais de vous que les imitations talentueuses de Claude Véga ou celles de Le Luron.
Au théâtre de Caen, vous avez bâclé la première partie, allongée dans votre rocking chair ou marchant à pas lents vers le piano. A l’entracte j’avais expliqué mon ennui à celles et ceux qui m’accompagnaient. Je serais bien parti si j’avais pu.
Et la deuxième partie a été une merveille. Quelle potion avez-vous avalée à l’entracte pour que s’opère une telle magie ? J’ai goûté chaque mot, chaque note, chaque intonation. Le rideau s’est refermé sur nos applaudissements. Et sur le velours rouge, s’est alors inscrit, en lettres de lumière : « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous ! »
Que donnerais-je maintenant pour une troisième partie ?

1000 caractères.

Merci Quentin pour ce beau cadeau.

Impossible, régulièrement, de ne pas écrire sur Barbara qui n’a pas chanté depuis vingt ans.

Pour les curieux, Claude Véga est toujours vivant. Son imitation est ici.

© JM Bassetti Saint Aubin d’Arquenay le 9 Janvier 2016. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.


A chaque jour son histoire.

couv-recto-350Trois cent soixante-cinq jours dans l’année.

Chaque jour est un anniversaire. Un homme meurt, un autre nait. Une bataille a lieu, ou, la sortie d’un film, d’une pièce de théâtre. Un écrivain sort un livre, un artiste une chanson. Une histoire d’amour commence, une autre se termine…

Pendant une année, chaque jour, j’ai écrit un texte correspondant à la date du jour.

Trois cent soixante-cinq jours, trois cent soixante-cinq textes.

Des textes longs, des courts, des poèmes, des articles, des critiques, des chroniques, des portraits, des rêves, des rapports historiques.

Des textes gais, légers, décalés.

D’autres plus sérieux, plus émouvants, écrits avec les tripes.

Des bêtises écrites en un quart d’heure. Mais aussi des textes très documentés, qui ont demandé plusieurs heures de recherche.

L’expérience a duré un an. Chaque jour, à 0h03, allez savoir pourquoi, j’envoyais à mes deux cents abonnés la chronique du jour. Ensuite, j’allais fumer une cigarette, heureux du devoir accompli. Puis j’ouvrais mon Wikipédia à la nouvelle date du nouveau jour, cherchant ce qu’allait être l’histoire suivante…

Au bout de dix mois, j’ai arrêté. J’ai, depuis, complété avec soixante textes inédits.

Voici les cinquante-neuf premiers, correspondant aux mois de janvier et février.

Et rendez-vous très prochainement pour les soixante-et-un textes de mars et avril.

 

L’édition numérique (epub, mobi et pdf) est en vente au prix de 5,99€ sur ma page auteur.

http://jean-marc-bassetti.iggybook.com/

L’édition papier (274 pages) est actuellement chez l’imprimeur et sortira en fin de semaine prochaine.

Vous pouvez d’ores et déjà le commander au prix de 15 euros. Pour cela, envoyez moi juste un mail à l’adresse jmbassetti@jmbassetti.fr

Ma page facebook auteur est  https://www.facebook.com/jmbassetti

 


Le bruit du silence

silenceJuillet 2013, camp du Struthof, en Alsace. Visite importante, visite de mémoire. Cinquante-cinq mille hommes y sont entrés. Tsiganes, politiques, droits communs, homosexuels, juifs. Plus de vingt mille y sont morts.

Impression étrange. Silence dans mon ventre, silence dans mon cœur. Au début, une impression de gêne. Dès le passage de la grille d’entrée. En contrebas de la barrière une potence avec une corde. Le ton est donné.

Qu’est-ce que je fais là ? De quel droit puis-je entrer ici ? Un silence glacial me tombe sur les épaules. Je me sens gêné. Pas à ma place. Indiscret. Intrus. Sans même savoir où on est et ce qu’il s’y est passé, on éprouverait la même sensation. C’est lourd. C’est fort. L’endroit est empreint de sordide et de solennité en même temps.

Un camp au milieu des bois. Construit le long d’une colline assez raide. Tout est en escaliers. Immenses marches irrégulières. De tailles différentes. Volontairement. Pour que les prisonniers tombent. Pour qu’ils ne s’habituent pas au terrain. Pour que tout leur rappelle leur condition.

Et l’immense cheminée qu’on ne peut pas rater. Tout en bas du camp. Bien au milieu.

Bien visible.

On nous guide vers le réfectoire en haut, avant de nous autoriser à descendre. Le musée du camp. Un musée de la déportation. Des milliers d’écrits. Des photos. Des dessins croqués par des prisonniers. Des textes.

Chacun regarde, observe, lit.

En silence.

Des visages. De tout le monde. Des bourreaux comme des internés. Des tortionnaires comme des torturés. Du commandant du camp comme des libérateurs.

Des objets retrouvés sur place. Des vêtements. Des chaussures.

Des visages.

On ressort. Maintenant on sait. On se repère dans le camp. On a lu, on reporte sur la réalité ce qu’on a compris sur le papier.

Mais il manque quelque chose.

On voit les baraques, les fils, les barbelés, les miradors et on les imagine. Si nos esprits sont capables d’imaginer l’inimaginable.

On visite la dernière baraque, tout en bas.

Une envie de vomir, de se révolter.

Mais comment est-ce possible ?

La pièce du martyr et du châtiment, à droite en entrant, où tant de vies se sont arrêtées.

La pièce d’autopsie et d’expérimentations médicales.

On comprend pourquoi les carreaux de faïence blancs. On comprend pourquoi les rigoles dans le sol et le long des murs.

On comprend pourquoi tout ce blanc.

Peut-être pour oublier le rouge…

Et le four.

Pièce principale de l’édifice. Immense. Gueule béante.

Je regarde. Je n’en crois pas mes yeux. Je les ferme pour ne pas imaginer. Pour ne pas voir tellement je vois.

Et au moment où je sors, une jeune fille me croise dans la porte. Elle se place juste à côté du four immense et noir. Elle sourit, se prend en photo et ressort aussitôt. Sans un regard à la bête immonde.

Un selfy devant un four crématoire. Non mais je rêve.

Et si c’était elle qui avait raison après tout ? Un pied de nez à l’horreur. Je ne veux pas voir, laissez-moi tranquille. Tourner tout ceci en dérision. Tellement insupportable.

Mais il manque quelque chose. Un je ne sais pas quoi d’indicible. Une visite importante et ô combien émouvante, mais il manque quelque chose. J’ai essayé de voir ce camp en activité. Toutes les images du musée sont faites pour ça. Pour que le pèlerin, le visiteur, le touriste l’imagine. Pour que le vacancier puisse venir se faire prendre en photo par sa fille à côté de la corde de pendu. Je vous jure que c’est vrai !

Mais il manque quelque chose… malgré tout le soin que l’on porte à une telle visite, il manque quelque chose.

Et ce quelque chose, je l’ai trouvé, décrit parfaitement dans le livre de Franck Balandier : « le silence des rails ».

Il manque l’odeur. L’odeur de la mort, l’odeur de la pisse, des excréments et de la boue. L’odeur de la cendre au sortir du four, l’odeur de l’eau de javel pour nettoyer les salles en bas, l’odeur du mauvais tabac des soldats allemands, l’odeur des corps en décomposition dans la salle blanche.

Il manque le froid mordant de l’hiver, la glace, la neige, la grêle et le brouillard givrant. Les seaux gelés, les pieds glacés et les mains bleues et insensibles.

Il manque la chaleur de l’été, le soleil de plomb, les mouches, l’odeur des corps sales sous la chaleur insoutenable.

Il manque la condition humaine ou plutôt la sous-condition. Le mépris. La négation de la vie.

La non-vie.

Il manque la mort.

Il manque la vie.

Il manque le bruit du silence.

Il manque la peur surtout. La peur quotidienne et omniprésente.

Sa vie à la merci de l’injustice, du bon vouloir ou de la mauvaise humeur des gardiens. La mort en face, la mort dans le dos. Partout.

Franck Balandier a écrit avec ses tripes, avec son âme. Son livre est fort, puissant, réaliste autant qu’on peut l’imaginer. A la différence d’autres livres que j’ai pu lire sur cette époque, je connais les lieux. Le Struthof est frais dans mon esprit.

J’ai vu les baraques, j’ai vu les allées, les miradors et les carreaux blancs.

Le four et le jardin de cendres sur le côté, à gauche.

La chambre à gaz un peu plus loin dans la montagne.

Et tout me parle.

J’ai aimé Etienne, le temps de deux cents pages. Je l’ai soutenu dans sa lutte pour rester en vie. Chacun ses armes. Etienne a eu les siennes que je vous laisse découvrir.

Etienne a eu froid, chaud, peur. Etienne a côtoyé la mort, il l’a touchée du bout des doigts.

Et il est sorti du Struthof.

Le dernier.

Nu dans les rues.

Une armée entière de libérateurs qui s’arrête et fait silence quand il apparait.

Hommage silencieux.

Après avoir lu la dernière phrase, le dernier mot de ce livre magnifique, je suis resté silencieux un long moment.

Comme les soldats qui ont découvert Etienne.

Nous sommes tous des Etienne.

Le Silence des rails de Franck Balandier, chez Flammarion, février 2014. 212 pages.

© JM Bassetti. Le 21 Octobre 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Colleville

collevilleIls sont tous là,
Couchés là-bas.
Un beau matin
Du mois de Juin
Ils sont venus
Se sont perdus
Ils sont ici
En Normandie

Il y a Henry
De Georgie
Il y a Brendon
De Washington
Il y a Peter
De Rochester
Il y a Diego
De l’Ohio

Il y a des blancs
Tout comme Roland
Il y a des noirs
Tout comme Edgar
Des catholiques
Tout comme Eric
Des Musulmans
Tout comme Oman

Il y a des juifs
Tout comme Salif
Des protestants
Tout comme Armand
Quelques boudhistes
Des Hindouistes
Et des athées
Tout comme José

Ils sont bouchers
Ou épiciers
Ils sont dentistes
Ou bagagistes
Ils sont pasteurs
Ou balayeurs
Ils sont médecins
Ou sacristains.

Quand des amis
Viennent ici
Je les entraine
Je les emmène
Je les invite
A rendre visite
A nos copains
Américains

Neuf mille croix
De marbre blanc
Neuf mille croix
Placées en rangs
Neuf mille croix
Pour neuf mille corps
Neuf mille croix
Pour neuf mille morts.

Ils sont ici
En Normandie
Là tout en bas
C’est Omaha.
Dans le silence
De notre France
Ils dorment tranquille
Près de Colleville.

© JM Bassetti. Ver sur mer le 29 mai 2014


Bientôt dans les bacs

sarkozy-03Les éditions UMP-Elysée viennent de faire savoir par un communiqué à l’Agence France Presse que l’intégralité des enregistrements de Nicolas Sarkozy par Patrick Buisson sera bientôt disponible en coffret 12 CD édition de luxe.
Cette édition des fameux entretiens secrets de  l’Elysée sera en vente à la rentrée prochaine.
En attendant le plaisir de découvrir l’intégralité de l’oeuvre, le premier Single baptisé « Mouammar dans le placard » sera dans les bacs dès la semaine prochaine.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont même fait comprendre à demi-mot qu’une version écrite sortira en même temps notamment pour les morceaux dans lesquels apparait l’ex-première dame. Le couple partira ensuite en tournée dans la plupart des FNAC de France pour dédicacer leur livre.
Tous les amateurs de bonnes histoires attendent avec impatience la sortie simultanée de ces deux futurs best-sellers.


On n’arrête pas le progrès.

harrysLe choses avancent, le progrès ne s’arrête jamais.
La société Harry’s vient de franchir un cap rarement atteint avec une audace sans pareille.
Depuis deux ans, le numéro un du pain de mie industriel tranché surfe sur la vague de l’alimentation facile avec le pain de mie Harry’s sans croute.
Et il faut avouer que c’est un succès que la société elle-même n’osait pas espérer.
Inutile de retirer la croute disgracieuse autour du pain.La mie et uniquement la mie !
Dans le grille-pain, c’est une merveille. Le petit déjeuner ou le croque-monsieur ont changé radicalement depuis cette invention à nulle autre pareille.
Et hier, alors que personne n’osait imaginer qu’une société oserait aller aussi loin, Harry’s vient de lancer sur le marché sa toute dernière production:
Le pain de mie sans croute et sans mie.
Finies les miettes dans le grille pain, les miettes à ramasser après le petit déjeuner.
Finies les éponges sales et pleines de miettes qui viennent se mettre dans le siphon de l’évier de la cuisine.
Désormais, le miel aura goût de miel, la confiture le goût de confiture et le beurre vous ravira avec son inimitable goût de beurre.
Savourez votre petit déjeuner, dégustez vos croque-monsieur ou vos sandwiches sans vous inquiéter des miettes.
Laissez les autres ingrédients fleurir vos papilles de leur vrai goût.
Avec le pain de mie Harry’s sans croute et sans mie, redécouvrez le vrai goût des autres aliments.

© Ver sur mer le 01/03/2014. JM Bassetti. Tous droits réservés.

L’image qui illustre cet article appartient à la société Harry’s.

 

 


Ma postière

Couverture-recto-miniUn petit auteur qui écrit des nouvelles uchroniques (et autres nouvelles en ce moment) le soir en rentrant chez lui, qui publie un recueil d’uchronies tout seul dans son coin et qui arrive, avec difficulté, à en vendre près de 300, sans la moindre publicité, ce n’est pas si mal…
Mais c’est beaucoup de temps et d’énergie pour faire connaitre un livre sans éditeur. Presque un boulot à plein temps. Plus long et plus pénible que de l’écrire. L’écriture n’a été que du plaisir, que du bonheur. La distribution
Quelle joie quand son livre a été déclaré « Livre du mois de janvier » par les lecteurs de www.monbestseller.com et est en route pour le Grand Prix du Livre non Edité.
Alors ce petit auteur fait du porte à porte, va toquer un peu partout pour faire connaitre son bouquin, pour dire: « Allez le voir sur www.uchronies.fr. Vous verrez tout ce que j’écris par la même occasion ».
Et puis lisez-en un bout sur monbestseller.com. Ou demandez moi que je vous envoie le pdf, je le ferai avec plaisir. Et puis à l’occasion, parlez de mon livre autour de vous, à vos amis, à vos familles, dans vos colonnes si vous avez un site ou un journal, faites-en une petite critique, une jolie chronique pour que quelques personnes tombent dessus. Publiez-la ou envoyez-la moi, je la publierai.
Permettez-moi enfin d’aller de temps en temps à la poste déposer une enveloppe pour un nouveau lecteur.

Je vais vous faire une confidence, je suis amoureux de ma postière!  »
Bonne journée.
JM


Appel à la manif pour le 2 février

vallsOn se moque de nous !!!

Alors que la moitié de la France baigne dans l’eau à la suite des inondations et débordements de rivières, que fait donc le gouvernement de notre pays ?

Une marée à 114 de coefficient aujourd’hui, et 113 demain !!

Non mais je rêve… Ils le font exprès ou quoi ?

Ah c’est malin ça… C’est comme si on faisait tomber de la neige au moment où il fait le plus froid. Ou vider les nappes phréatiques en période de canicule.

Mais nous, petits français de base, nous savons bien ce qui est bon pour notre pays.

Une petite marée de 80, 75 à la rigueur, mais pas plus, nous ne pouvons pas l’accepter.

Encore une fois, on se moque de nous, on nous spolie, on nous ment.

Le gouvernement fait vraiment n’importe quoi sans se soucier des petits.

Ah, c’est facile de décréter une grande marée quand on a un yacht amarré à Saint Trop, à Genève ou Clermont Ferrand !

Mais quand, comme nous, on a juste une barque le long de l’Elorn ou un pédalo sur l’Orne, on trinque, et sévère encore !

Ce sont certainement des directives européennes me direz-vous.

A l’heure où tant de gens ont du mal à boucler leurs fins de mois, ne pensez vous pas que le parlement européen aurait mieux à faire que de placer des grandes marées au mois de janvier ou des canicules en juillet !

Françaises, français ! A l’heure où les rivières de tout le territoire débordent, réclamons, que dis-je, exigeons une marée à 80 aujourd’hui et 75 demain. 

Le nombre de manifestants sera notre force.

Il est temps que la rue parle et empêche le non-sens des politiques de couler au milieu d’un fleuve d’incompréhension.

Retrouvons nous demain dimanche 2 février à 10.00 sur le port d’Arromanche les bains afin d’empêcher la mer de monter impunément. Maintenons la à son niveau acceptable de coefficient 80.

Sus aux marées trop hautes pour que le petit peuple ne se noie pas.

Ver sur mer le 1er février 2014.