22 novembre 2012

Tad ar vro

 

 

 

 

 

J’aurais  pu m’amuser en lisant un tel  nom
C’était du pain béni, la bataille de Ballon.
J’aurais pu comme jadis avec la guerre d’Orange
Raconter des bêtises, des choses bien étranges,
Mais sérieux je dois être car l’issue de cette guerre
C’est la gloire d’un pays, la naissance d’une terre.

Nominoë est là, son armée l’accompagne
Ce sont de fiers guerriers, ensemble ils font campagne
Pour combattre le roi, le vieux Charles le Chauve
Qui avec ses soldats, de véritables fauves
Sont entrés sur ses terres, l’esprit bien belliqueux
Pour abattre celui qui est fourbe à leurs yeux.

Jadis Nominoë, comme d’autres puissants
Avait rendu hommage au dernier roi des francs
Mais les actes mauvais de ce roi de papier
Avaient fait modifier la promesse du guerrier.
L’hommage était perdu, l’offense était trop grande
L’armée royale arrive à Ballon dans la lande.

Or les guerriers d’ici connaissent bien leur terre
Ils savent que non loin s’épanche une rivière
Et que dans ses abords à côté du rivage
La vase y est profonde, c’est un vrai marécage.
Aussi Nominoë, son fils Erispoë
Attirent les soldats dans ce méchant bourbier.

La bataille est vite jouée, les soldats du roi franc
Entrainent leurs chevaux dans ce piège béant
Et en bien moins de temps qu’il ne faut pour le dire
L’armée du pauvre Charles va connaître le pire.
Car grimpés dans les arbres les guerriers attaqués
Font pleuvoir sur l’ennemi leurs flèches acérées.

Charles le Chauve recule, son armée en déroute
Essaie tant bien que mal de reprendre la route.
Sur les quatre mille hommes qu’il avait au départ
A peine quelques centaines échappent au traquenard
Et c’est bien mal en point que cette armée vaincue
Se retire de Ballon et n’y reviendra plus.

Ce vingt-deux novembre, le roi Nominoë
A gagné sa couronne, le voici adulé
Par son peuple vainqueur d’une guerre sans merci
Qui a vu la naissance d’un tout nouveau pays
Car au lendemain même après cette campagne,
Une terre libre est née, elle se nomme Bretagne.

(Le 22 novembre 845 est une date importante dans l’histoire de la Bretagne, car elle marque le début de son indépendance qui durera plus de sept siècles. Nominoë est le premier roi de la Bretagne indépendante. Jusqu’à sa mort, en 851, il sera connu en Bretagne sous le nom de « Tad ar Vro », » le père de la patrie ».)

 

16 novembre 2012

Les yeux d’Omayra

J’écris pour toi Omayra,
Toi qui devant une caméra
Est partite pour l’éternité
Devant les yeux du monde entier.

Toi treize ans,  adolescente,
Bonne élève et insouciante
Tu n’imagines pas un instant
Ce qu’est la colère d’un volcan.

Quand le Névado là-haut
Fit entendre son écho
Dans les villages de la vallée
L’inquiétude s’est installée.

Mais des gens biens vous ont dit
N’ayez donc pas de soucis
Ce n’est pas la première fois
Que le volcan se fait la voix.

Ainsi la vallée a fait confiance
A ces  savants, ces éminences
Et malgré l’épaisse fumée
La vie a bien continué.

Il y a trois jours Omayra
Alors que tu dormais chez toi
Le Nevado tel un enfer
A craché toute sa colère.

La cime neigeuse en un éclair
S’est mélangée avec la terre
Et c’est un vrai torrent de boue
Qui a coulé, emportant tout.

Les corps flottaient dans les villages
Des corps sans nom, des corps sans âge
En une nuit au minimum
La boue a tué vingt-quatre mille hommes.

Et toi, ma belle, à peine treize ans
Les pieds coincés dans un carcan
De terre de pierre et de métal
Tu t’enfonçais, c’était fatal

Tu as parlé, tu as prié
Tu as pleuré, tu as crié
Personne hélas ne pouvait rien
La mort pour toi, c’était certain.

Un homme alors est arrivé
Il a placé devant ton nez
Une caméra et un micro
Pour capturer tes derniers mots

Le monde entier c’était l’horreur
A regardé avec terreur
Une petite fille d’à peine treize ans
Mourir dans la boue d’un volcan.

C’est une image inoubliable
Et sur le coup insoutenable
Tu es partie  Omayra
Après trois jours de non-combat.

Alors ce soir sur mon ordi
Au lieu d’écrire des uchronies
J’ai repensé à ton calvaire
Et t’ai écrit à ma manière.

(Le 13 novembre vers 23 heures, le volcan Nevado del Ruiz, en Colombie est entré en éruption. Les neiges du sommet ont fondu et  formé une immense coulée de boue qui est descendue à une vitesse folle, engloutissant au passage 14 villages colombiens et tuant plus de 24000 personnes. Omayra s’est retrouvée coincée dans des amas de ferraille. Son agonie a duré plus de soixante heures. Omayra est décédée le 16 novembre au matin. Sa mort, filmée en direct par Evaristo Canete, caméraman espagnol, a marqué, choqué toute la planète et ouvert un autre débat : peut-on tout filmer, tout difuser ?)

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26 octobre 2012

A l’eau ???

C’eut été très facile de célébrer Danton
Né un 26 octobre et père de la nation
On aurait pu aussi parler de Mitterrand
Qui naquit à Jarnac et devint président.

Certains disent également c’est la mort de Massu

Général cinq étoiles, mort d’avoir trop vécu.
Si je l’avais voulu, j’aurais dit « c’est pas l’douze
Mais le vingt-six octobre qu’est né Patrice Carmouze ».

J’entends d’ici certains me dire « enfin voyons
Tu ne te souviens pas de Bernadette Lafont ?
Egérie de Chabrol, à soixante quatorze ans
Elle tourne encore des films avec des débutants ».

C’est aujourd’hui aussi que Lénine Oulianov
S’est autoproclamé Président des Popov
Un vingt-six dix encore, avant d’autres victoires
Un certain Bonaparte créait le Directoire.

D’aucun avec raison me diront « Non jean Marc
Ce n’est pas en octobre que fut brulée Jeanne d’Arc
Ni que fut poignardé rue de la ferronerie
Celui que l’on nommait le gentil roi Henri. »

Alors qu’ai-je retenu de ce beau 5 brumaire ?
Il n’y a rien du tout qui aurait su me plaire ?
Mais si évidemment et je m’en vais bientôt
Ici vous le conter avec des rimes en O

C’est en quatre-vingt seize que loin de San Rémo
Âgée de trente-huit ans elle prit l’avion très tôt
Emportant dans la soute son superbe vélo
Elle partait très très loin, là-haut à Mexico.

Qu’allait donc faire là-bas au pays des Ponchos
La Speedy Gonzales, reine du double plateau ?
Elle allait essayer d’accrocher sur son dos
Le record de distance en une heure à vélo.

Elle fit quarante-huit bornes de bon matin très tôt
Et cent-cinquante neuf mètres précision s’il en faut.
Ca fait maint’nant seize ans, que Dame Jeannie Longo
A battu ce record, et fait taire les idiots.

Mais au vu de certains, certains tristes héros
Qui depuis quelques jours sont devenus zéros
On peut se demander si elle buvait de l’eau
Ou si on lui piquait du sang à l’EPO.

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