22 mars 2016

Je suis …

Je suis Charliejesuis
Je suis Paris
Je suis Belgique
Je suis Liban
Je suis Israël
Je suis Mali
Je suis Burkina Fasso
Je suis Côte d’Ivoire
Je suis Syrie
Je suis Turquie
Je suis Tunisie
Je suis Maroc
Je suis Algérie
Je suis Palestine
Je suis Egypte
Je suis Londres
Je suis Boston.

Je suis Canada, Australie,
Koweit, Pakistan
Je suis Yemen
Arabie Saoudite
Afghanistan.

Je suis Europe
Asie
Océanie
Afrique
Amérique

Je n’ai pas de nation
Je n’ai pas de religion
Je n’ai pas de couleur
Je n’ai pas de pays.

Je suis tout le monde
Tous ceux qui tombent
Sous les bombes.

Hommage des dessinateurs sur le site de Courrier International

brux

 

 

22 février 2016

Parapluie noir et mouchoir blanc

Lundi. Bricabook.
Comme chaque semaine, merci à Leiloona de nous proposer une image pour faire fonctionner nos neurones.
Sur cette page, vous trouverez les textes et les liens des autres participants.
Voici ma participation (pas très gaie, je l’avoue…)

bricabook

Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.
Le dos vouté par les années
Il faut marcher sans s’arrêter.
La mort attrape les immobiles
Les plus chétifs, les plus fragiles
Alors qu’importe le pourquoi
Il faut marcher droit devant soi.

Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.
Tu as vécu ta vie entière
A travailler, à être mère.
Ton mari mort l’année passée
Tes deux fils t’ont abandonnée
Te voilà seule à petits pas
A avancer vers ton trépas.

Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.
Lorsque la mort t’emportera
Petit fourmi, qui pleurera ?
Que l’on soit riche ou sans le sou
La grande faucheuse emporte tout
Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.

15 février 2016

Insomnie

On est lundi. Et vous le savez, le lundi est consacré à la photo du site Bricabook.

Cette semaine, deux contraintes: la photo et un thème obligatoire: le harcèlement de rue.

L’Université de Toulon organise cette semaine une manifestation autour de la question du sexisme et du harcèlement de rue. Les textes de l’atelier feront l’objet d’une exposition durant toute la semaine. Et, pour illustrer le débat (qui clôturera une semaine d’évènements culturels) les textes seront lus sur scène par des étudiants de l’atelier théâtre.

rue

Quand je suis passée près de toi
Je ne demandais rien,
Je ne voulais rien.
Je voulais juste
Rentrer chez moi
J’étais crevée,
Fatiguée, usée.

Quand je vous ai vus
J’ai joué l’aveugle
J’ai regardé droit devant moi
Fixé un point qu’existait pas
Je sentais vos regards
Insistants et vulgaires,
Et malgré mon manteau
Je me sentais nue,
Je me sentais nulle.

Quand tu t’es approché
Je me suis refermée
T’as demandé où j’allais
Si j’avais pas peur toute seule
Tu m’as dit que j’étais belle
Que j’avais de beaux yeux
Et un beau bonnet blanc
Que ton copain était timide
Qu’il était amoureux de moi
Mais qu’il n’osait pas
Il rigolait. Toi tu parlais.

Quand tu t’es aperçu
Que je ne répondais pas
Que je ne ralentissais pas
Tu as parlé plus fort.
Tu m’as dit que j’étais moche
Que j’avais un gros cul
Que j’étais rien qu’une salope
Avec mes sales collants
Et mon vieux bonnet blanc
Que je faisais exprès
D’allumer les mecs du quartier

Quand ta main m’a touchée
J’ai retiré mon bras
J’aurais voulu crier
J’aurais voulu courir
J’ai cru que j’allais vomir
J’ai cru que j’allais mourir
J’aurais voulu m’enfuir
Mais j’étais paralysée
Tétanisée.
C’est ça la peur
La terreur
Toi tu sais pas…

Pourquoi tu m’as dit ça ?
Pourquoi tu m’as fait ça ?
Dans la nuit je t’entends
Dans la nuit je te sens
Ton regard m’a salie
Tes mots m’ont humiliée.
Si ça se trouve en ce moment
Vous recommencez
Les mêmes gestes
Le même crime
Avec une autre nana
Avec une autre victime,
C’est tellement facile
Tellement bas.

Et pendant ce temps là
Moi qui ne demandais rien
Moi qui ne voulais rien,
Je suis seule dans mes draps
L’heure tourne
Et je ne dors pas.

5 janvier 2016

Lui, je ne sais pas, mais moi je sais

Il est encore in uteroprenoms
Petit enfant, petit coco
Maman le garde encor au chaud.
Papa et elle ont bien choisi
Un joli nom pour leur petit.
Mais top secret, ils n’ont pas dit
Le doux prénom du p’tit mimi.

Sera-t-il Lou ou Mathéo,
Gabin, Mathis ou Lorenzo,
César, Léon ou bien Léo,
Eliot, Mouloud ou Désiré ?
Il y a deux nuits, j’ai même rêvé
Que sans son arche, il serait Noé.

Ce qui est sûr c’est qu’c’est un gars.
Un dur, un vrai, comme son papa
Alors, Gaston ou même Lucas ?
Il faut trouver en bref, en somme,
Un petit nom pour un p‘tit homme
Pourquoi pas Max, Loris ou Tom ?

Un nom en o, un nom en a,
Un Pépito, un Andréa,
Ce que je sais, c’est qu’il sera
Un beau bébé, un gentil fils.
Ils n’ont rien dit, pas un indice.
Rien n’est exclu, pas même Elvis.

Pas encore né, pas encore là,
Son lit est fait, l’attend déjà
Avec sa couette, son pyjama.
Qu’il soit Nico, Eudes ou Clotaire,
Une chose est sûre, pour moi c’est clair :
De mon côté, ce sera « Grand-Père ».

1000 caractères. Titre compris…

 

© JM Bassetti 5 Janvier 2016. Diffusion interdite sans accord de l’auteur.

N’hésitez pas à commenter mes textes sur le site www.jmbassetti.fr . Bons ou moins bons, les commentaires sont toujours utiles.

Catégorie : 1000, Poème | Commenter
17 août 2015

Un anneau à mon doigt

allianceUn anneau à mon doigt
C’est un morceau de toi
Que je porte sur moi.
Un anneau à mon doigt
C’est un mot entendu
Un mot tant attendu.
Un anneau à mon doigt
C’est un oui prononcé
Un samedi de juillet

Un anneau à mon doigt
Un anneau à ton doigt
C’est beaucoup plus que ça
C’est ton bras à mon bras
C’est ma peau sur ta peau
C’est ta voix, c’est mes mots
C’est ta main dans ma main
C’est toi sur mon chemin
C’est oui pour l’avenir
C’est vivre et c’est mourir
C’est un serment commun
D’unir nos deux destins
D’avancer tous les deux
Même quand on sera vieux

Un anneau à mon doigt
C’est aussi de la joie
Des parents, des enfants
Et des petits enfants
Des avions, des voyages
La mer, les paysages
Des maisons, des hôtels
Des repas, des Noëls
Des fêtes, des vœux sincères
Et des anniversaires
Des larmes et puis des rires
Des cris et des sourires,
C’est aller jusqu’au bout
Ensemble. Tout au bout.

Je porte, c’est mon choix
Pour ma plus grande joie
Un petit bout de toi.
Un anneau à mon doigt.

© JM Bassetti. A Saint Aubin le 17 Aout 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

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