25 juin 2015

Placard (slam)

Quand tu t’ lèves le matin, placard
Qu’tu sais qu’ça sert à rien
Que tu vas te faire chier
Tout au long de la journée
Alors tu l’aimes ton lit
Et t’y resterais si
T’avais pas une conscience
Une p’tite réminiscence
Du temps où tu servais
Du temps où tu bossais.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Au début c’était beau
On te filait du boulot
T’avais l’impression d’servir
A quelqu’chose, de produire
Tu donnais ton avis
Pour un non pour un oui
Même t’avais le sentiment
Que t’étais important
Que si la boite tenait
C’est parce que t’y bossais

Et puis v’là qu’un beau jour
On te dit plus bonjour
Ton téléphone sonne plus
Ta porte ne s’ouvre plus
Les boulots qu’tu sais faire
Et qu’tu faisais hier
On les donne à un autre
Un qu’est même pas des nôtres
Et toi tu comprends pas
Pourquoi ça tourne comme ça.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

On te donne pas de boulot
On te regarde de haut
Les heures passent, tu te lasses
Puis hélas, tu t’effaces
Le temps fuit, tu t’ennuies
Tu t’enfuis, on te nie
Alors tu fais le zélé
Tu joues le débordé
Celui qui n’a pas le temps
Qui court, qui est important

Tu rentres à ton bureau
Et t’attends l’apéro
Tu regardes la pendule
Qui n’avance pas, qui recule
Tu relèves ton courrier
Des fois qu’un mail coincé
Un courrier important
Te remette sur le devant
Mais non, pauvre imbécile
T’es devenu inutile

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Le premier mois c’est sympa
Tu t’en aperçois pas
T’as du temps, t’en profites
Tu t’balades sur des sites
Tu navigues sur le net
Tu fais même tes emplettes
Tu fais des trucs perso
T’es chez toi au bureau
Tu crois qu’t’es en vacances
Alors qu’t’es en souffrance

Mais très vite, c’est l’enfer
Tu t’ennuies, tu galères
T’as plus envie de venir
Pour quoi faire ? Pour dormir ?
Alors tu regardes ailleurs
Vers un avenir meilleur
Tu te dis que ce serait bien
De s’lever le matin
En sachant que ta journée
Sera bien occupée.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Placard, placard,
On m’a mis au placard
Je sais pas trop pourquoi
Mais je m’en aperçois.
Placard placard
Va falloir que j’en sorte
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si je reste là
Je vais crever, mon gars.

© Jean-Marc Bassetti – Saint Aubin le 25 Juin 2015 – Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

31 mai 2015

La petite boite rouge.

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Maman et moi. Chauny 1958

Te souviens-tu, Maman ?

Je devais être au CP, ou en maternelle.

Malhabile, avec deux mains gauches comme je les ai toujours.

Mais j’ai bien écouté ce que m’a dit la maîtresse.

J’ai bien peint le couvercle et la boite en rouge.

Bien vif.

Bien partout.

Deux couches.

Sur le dessus de la boite, j’ai dessiné une fleur blanche.

Peut-être que ça ne ressemble pas trop à une fleur

Mais je l’ai peinte de tout mon cœur.

Et puis, sur les côtés … je ne sais plus trop.

Peut-être des fleurs aussi.

Il y a quelques mois, nous avons ouvert mon enveloppe

Ma grosse boite avec dedans « les trucs à moi ».

Nous y avons retrouvé les textes, les lettres, les poèmes

Les dessins, les photos, les cahiers.

Et puis, évidemment, la petite boite rouge.

Nous l’avons ouverte.

A l’intérieur, il y a toujours une feuille.

Roulée, entourée d’un ruban avec un petit cœur en feutrine.

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La fameuse petite boite rouge… Merci maman pour la photo.

Dessus, un joli poème (*).

Écrit par la maîtresse

Presque effacé par le temps.

 

Cinquante ans plus tard

C’est émouvant de retrouver

L’amour d’un enfant

Pour sa maman.

Cinquante ans plus tard

J’ai toujours le bonheur de te le dire

De te l’écrire

Et pour longtemps encore

« Bonne fête maman ».

 

(*) J’ai cueilli trois fleurs des champs
Mais la plus jolie que j’aime tant
Mais la plus jolie, c’est pour Maman.
J’ai trouvé trois cailloux blancs
Mais le plus joli que j’aime tant
Mais le plus joli, c’est pour Maman.
J’ai aussi trois beaux rubans
Mais le plus joli que j’aime tant
Mais le plus joli, c’est pour Maman.
Je n’ai qu’un petit cœur d’enfant,
Mais mon petit cœur qui l’aime tant

 Mais mon petit cœur,
C’est pour maman.

C. Duparc.

 

Jean-Marc. 31 Mai 2015. Fête des mères.

27 mai 2015

La magie du réveil

toi-et-moi

Chaque matin il s’éveillait dans ses bras
Avec le même bonheur.

Que se passait-il pendant la nuit ?
Quel lutin, quel aimant l’accrochait ainsi ?
Ils s’endormaient amoureux, complices,
Et puis chacun vivait sa nuit :
Bougeait, tournait, se retournait, virait.
Le temps passait, la nuit avançait.
Doucement, le matin arrivait.
Alors les lutins se mettaient au travail
Et rapprochaient les corps nus.
Geste par geste, souffle par souffle.
Attirés l’un vers l’autre,
Sans même s’en rendre compte
Ils se rejoignaient
Pour terminer leurs rêves.
Les peaux se touchaient
Les lèvres s’effleuraient.
Un nouveau jour commençait.

Chaque matin il s’éveillait dans ses bras
Avec le même bonheur.

© JM Bassetti. A Saint Aubin le 27 Mai 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

 

 

 

 

Catégorie : Ninon, Poème | Commenter
23 mars 2015

Ton bleu Marine

J’aime le bleu du ciel,camaieu-bleu_242468_1412878467
Où les oiseaux se perdent en volant
Où le soleil s’éclipse de temps en temps,
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu de la mer
Où les poissons se cachent en nageant
Où le soleil s’enfonce de temps en temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu de mon steak
Où le couteau glisse en coupant
Où un peu de sang perle de temps en temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu de tes yeux
Où je me perds en rêvant
Où les étoiles scintillent quasiment tout le temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu outremer,
Le bleu canard, le bleu cobalt et le cyan
Le bleu de Prusse et le bleu France évidemment
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

Ai-je été assez clair ?
J’aime le rose, le vert et puis le blanc
Le rouge mais pas trop, le noir de temps en temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas ton bleu, Marine.

© JM Bassetti, le 22 Mars 2015, au soir des élections départementales. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

3 février 2015

Tu es mon arbre.

Elle lui disait : Tu es mon arbre.chene
Jamais on ne lui avait dit
Quelque chose d’aussi gentil.
A lui.

Il demandait : quel genre d’arbre ?
Elle répondait : un chêne, un beau.
Il répliquait : un chêne, c’est gros.
Elle assurait : un chêne c’est haut.
Il demandait : un chêne ? Pourquoi ?
Elle répondait : un chêne c’est droit.
Ça a la tête dans les nuages, mais
Ça a les pieds sur terre,
C’est large, c’est fort.
On se sent à l’abri
Il protège du soleil, de la pluie
On s’y abrite,
On y habite.

 

Et lui, quand elle lui disait ça
Tu es mon Arbre,
Il fondait, il souriait,
Il se sentait
Un petit arbrisseau
Comme un frêle platane
Au-dessus d’un ruisseau.
Il se voyait petit oiseau
Sur une ronce ou un roseau.
Alors il la prenait dans ses branches
Posait ses mains sur ses hanches,
Et il se sentait fort.
Dans ces moments, il était
Doux comme un chêne
Tendre comme un chêne
Léger comme un chêne.

 

Elle lui disait : Tu es mon arbre.
Jamais on ne lui avait dit
Quelque chose d’aussi gentil.
A lui.

 

A Ninon….

© JM Bassetti. Le 3 février 2015. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.