9 juin 2014

L’Aziza

azizaCouleurs de Casa
Mélange d’ocres, de rouges
D’oranges et de jaunes
Le marché du matin au Maroc

Couleurs de Casbah
Daniel se promène
Blanc, catho ou athée
Qu’importe sa pensée

Couleurs de l’Amour
A son bras, Corine
La femme de sa vie
Juive, belle, souriante, gaie

Couleurs de la Vie
Mélange des couleurs
Mélange des odeurs
Mélange des cultures

Couleurs de Paris
Daniel écrit
Où que tu ailles, où que je sois
Je te veux si tu veux de moi

 
L’Aziza.

©JM Bassetti. Le 9 juin 2014. Pour http://museedurock.com/laziza-daniel-balavoine
Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

 

26 mai 2014

Juste une chanson.

reggJuste une chanson aujourd’hui. Et pas de moi encore. Mais elle me trotte dans la tête depuis hier soir… Allez savoir pourquoi… Ah si, ça me revient. Reggiani était du 2 mai 1922. Il aurait eu aujourd’hui 92 ans et 24 jours. . Ca doit être ça. Oui, c’est sûrement ça. Je ne vois pas d’autre raison. Donc bon non-anniversaire à  Serge Reggiani.

 

Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout
Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
Pour eux c’était qu’du cinéma
Le ciel redevenait sauvage,
Le béton bouffait l’paysage… alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups étaient loin de Paris
En Croatie, en Germanie
Les loups étaient loin de Paris
J’aimais ton rire, charmante Elvire
Les loups étaient loin de Paris.

Mais ça fait cinquante lieues
Dans une nuit à queue leu leu
Dès que ça flaire une ripaille
De morts sur un champ de bataille
Dès que la peur hante les rues
Les loups s’en viennent la nuit venue… alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups ont regardé vers Paris
De Croatie, de Germanie
Les loups ont regardé vers Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups regardent vers Paris.

Et v’là qu’il fit un rude hiver
Cent congestions en fait divers
Volets clos, on claquait des dents
Même dans les beaux arrondissements
Et personne n’osait plus le soir
Affronter la neige des boulevards… alors

Des loups ououh! ououououh!
Des loups sont entrés dans Paris
L’un par Issy, l’autre par Ivry
Deux loups sont entrés dans Paris
Ah tu peux rire, charmante Elvire
Deux loups sont entrés dans Paris.

Le premier n’avait plus qu’un œil
C’était un vieux mâle de Krivoï
Il installa ses dix femelles
Dans le maigre square de Grenelle
Et nourrit ses deux cents petits
Avec les enfants de Passy… alors

Cent loups, ououh! ououououh!
Cent loups sont entrés dans Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Cent loups sont entrés dans Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Cent loups sont entrés dans Paris.

Le deuxième n’avait que trois pattes
C’était un loup gris des Carpates
Qu’on appelait Carêm’-Prenant
Il fit faire gras à ses enfants
Et leur offrit six ministères
Et tous les gardiens des fourrières… alors

Les loups ououh! ououououh!
Les loups ont envahi Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups ont envahi Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Les loups ont envahi Paris.

Attirés par l’odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carouss’, liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu’à c’que les hommes aient retrouvé
L’amour et la fraternité…. alors

Les loups ououh! ououououh!
Les loups sont sortis de Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups sont sortis de Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris
J’aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris…

 

21 mai 2014

Tante Eulalie

mariage-table-repas-assisAtelier d’écriture.
Vous êtes invité(e) au mariage de votre cousine. Au moment du repas, vous constatez avec amertume qu’on vous a installé(e) à côté de Grand-Tante Eulalie. Elle est très bavarde mais surtout elle est sourde comme un pot. En un mot, elle comprend tout de travers.

Imaginez en 1500 mots environ et avec humour la conversation pleine de quiproquos, de méprises et de double sens que vous entretenez avec la vieille dame.

J’étais tellement heureuse d’avoir été conviée
A ton repas de noce, ma cousine adorée.
Nous avons le même âge, tu as franchi le pas
J’espère que toi aussi tu m’accompagneras
Lorsque je franchirai au bras de mon papa
Les portes de l’église pour ce jour de gala.
La mairie avalée, le curé reparti
Nous avons retrouvé ses copains, tes amis
Autour d’un verre de cidre, d’une bière ou d’un jus d’pomme
Pour rigoler ensemble, pour vous fêter en somme.
Je connais tes parents, je connais ta famille
Car c’est aussi la mienne, nous étions petites filles
D’honneur pour le mariage de tata Marie Louise
Avec qui ? Rappelle-moi… Ah oui, tonton Aziz !
La brioche descendue, les p’tits pains digérés
Nous avons promené les papis, les mémés
Sur le bord de la mer, là même où les bateaux
Profitaient des risées pour faire leur numéro.
Parmi les invités, je l’avais oubliée
Se trouvait Eulalie, la tante d’Augustine
Notre grand’tante en somme, puisque nous sommes cousines.
Je ne l’avais pas vue depuis bien des années
J’ai trouvé qu’elle avait ma foi beaucoup changé.
Je me suis amusée avec Cousin Antoine
Nous avons discuté et cueilli des pivoines
La balade achevée, il fallait revenir
Vers le resto du port où nous allions finir
Cette belle journée, celle de ton mariage
Cette journée unique là au bord de la plage.
« Au paradis perdu », tu parles d’un nom marrant
Un nom de cauchemar, pas un nom d’restaurant
Approchant de la table, chacun cherche son nom
Ecrit comme de coutume sur des petits cartons
Sans douleur je découvre le mien écrit en gros
A côté de l’assiette de ton cousin Bruno
Je l’ai toujours aimé, on va bien discuter
Avec lui je suis sûre de rire et de danser.
Mais qui vient donc s’asseoir là de l’autre côté ?
Elle arrive décidée, elle arrive amusée
C’est la Tante Eulalie, la sœur de Mélanie,
La femme de Désiré, la mère de Stéphanie.
Je commence la causette : Comment vas-tu ma tante ?
Elle me répond alors, Non je n’aime pas la menthe.
La réponse ne va pas, je n’ai pas demandé
Quel était son parfum de tisane préféré.
La soirée continue, ça va de mal en pis
Quand je parle de télé, elle parle de Roumanie,
Si j’aborde mes études, elle répond « Oui j’aime bien
Mais je préfère les chats, je me méfie des chiens. »
Je fais bien des efforts, j’aborde tous les sujets
Les chansons, le théâtre, les refrains, les couplets
Qu’elle devrait connaitre, rappelant sa jeunesse,
Mais hélas chaque fois je tombe à la renverse
En l’entendant répondre à côté de la plaque
Chaque fois c’est raté, j’ai pris pas mal de claques…
Bruno à mes côtés se gausse et se gondole
En me voyant ramer, il se marre, il rigole.
Vas-y, chacun son tour, puisque t’es si malin
Echange donc un peu ton rôle avec le mien
A toi mon cher Bruno les plaisirs de la vie
Je te laisse discuter avec tante Eulalie.
Hélas il se défile, préférant le dessert
Aux réponses évasives de la tante de mon père.
J’ai fini la soirée fatiguée, épuisée
Car en bonne petite nièce, polie et bien-pensante
Je n’ai pas délaissé pour la soirée ma tante
Et au lieu de danser, de jouer avec Bruno
J’ai tenu le crachoir à cette sacrée vieille peau
Qui en fin de soirée, tapotant son oreille
M’a dit « Marie, sais-tu, sais-tu qu’mon appareil
Est resté aujourd’hui au niveau le plus bas ?
Dans les soirées de noce, dans les soirées comme ça
Le bruit fait de l’écho, c’est ainsi à mon âge
Alors, moi je m’isole, le silence me soulage
Je n’entends rien du tout, et c’est volontairement
Que je me coupe du monde et des cris des enfants.
Mais ma petite Marie ça m’a donné bonne mine
D’assister à la noce de ta jolie cousine
J’ai pris de belles couleurs tout à l’heure au soleil
Et tant pis si l’état de mes pauvres oreilles
N’a pas pu me permettre de vraiment apprécier
Le sel de tes propos, le sens de tes idées.
En tous les cas, Marie, je partirai très fière
D’avoir connu ce soir la nièce de mon grand frère
Et pour cette raison le mariage d’Aurélie
A été un beau jour pour ta tante Eulalie. »

Merci ma chère cousine de m’avoir invitée
J’ai passé une très bonne, une excellente soirée.
En voyant Eulalie, j’ai bien pensé au pire
Mais c’était un bonheur, c’était même un plaisir.
C’est si bon de pouvoir, l’espace d’un instant
Partager des moments avec nos vieux parents,
Avec ceux qui bientôt, ou plus tard ou trop tôt
Ne seront plus que noms, visages sur des photos.

© JM Bassetti. Ver sur mer le 21 mai 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

8 mai 2014

Trois p’tits baisers

Trois p’tits baisers
Sur tes lèvres-fraisier
Trois p’tits baisers
Et tout peut commencer

Trois petites bises
Sur tes lèvres cerise
Trois petites bises
Depuis longtemps promises

Trois p’tits bécots
Sur tes lèvres coquelicot
Trois p’tis bécots
Et mes mains sur ta peau

Trois p’tits bisous
Sur tes lèvres bijou
Trois p’tits bisous
Et le Je devient Nous

J’aime à me rappeler
Que tout a débuté
Un joli soir d’été
Par trois petits baisers.

JMB 08/05/14

28 avril 2014

Sin Ayuda

sinayudaLoin des arènes
Loin des sirènes
Je traine ici
J’ai pas d’abri.
Mes quatre enfants
Dans le néant
Tout comme leur père
Dans la misère.

J’ai pas d’boulot
J’ai pas d’euros
J’ai rien de rien
Je tends la main.
Ca m’amuse pas
Ca me plait pas
Mais j’ai pas l’choix
Entendez moi.

Vous qui passez
Baissez le nez
Là dans le noir
Sur le trottoir
Avec les chiens
Et les sans-rien
Vous m’verrez là
Moi pauvre gars.

Là, à Madrid
J’ai l’ventre vide
Mais à Paris
J’l’aurais aussi
Juste un p’tit sou
De rien du tout
C’est pour manger
Pas pour m’saouler

Un jour j’espère
Que la misère
Me laissera
Me quittera
En attendant
Je meurs doucement
Ne m’ laissez pas,
Sin Ayuda (*)

(*) Sans aide.

Photo © Quentin Bassetti. Madrid, Avril 2014. http://www.tofaday.com

©JM Bassetti. Le 28 Avril 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.