novembre 18

Chaleur dans mon bain

canard

J’avoue que je l’avais un peu délaissé. On s’était rencontrés il y a trois mois, présentés par une amie commune. J’avais passé un peu de temps avec lui, j’avais pris un  bain chaud en sa compagnie, il me semble, puis il avait partagé mon lit, juste une fois, juste un soir. Après quoi, je l’avais laissé dormir à côté de moi, avec d’autres. Il ne me gênait pas, ne me dérangeait pas, ne me reprochait pas mon désintérêt ou la distance que je mettais entre lui et moi. De temps en temps, je le voyais, je lui accordais un regard et puis je repartais avec d’autres. Oh, il y en a eu d’autres aventures  depuis lui. Des grands, des gros, des passionnants, des liaisons d’un soir ou d’une nuit. Et lui, il était tellement présent que je ne le voyais pas.

Et puis hier, vers dix-huit heures, je l’ai revu. Il n’avait pourtant rien fait de plus que les autres jours. Il était là, comme d’habitude. Mais dimanche soir, j’avais mis fin à mon dernier coup de cœur et j’étais disponible. J’étais open comme on dit. Après avoir mis mon bain à couler, je suis passé par la chambre et j’ai cherché qui pourrait bien partager le plaisir d’un bain brûlant avec moi. Ils étaient au moins cinq ou six qui me tentaient. Certains à qui je n’avais accordé qu’un regard, d’autres qui ne m’étaient pas indifférents et avec qui j’avais commencé quelque chose, comme lui.

gensAlors, je l’ai pris. Délicatement. Je l’ai posé sur le lit et je me suis déshabillé. Je l’ai regardé. Il n’était pas si gros. Essayons une dernière fois, me suis-je dit. Si ça ne le fait pas, tant pis, j’abandonnerai définitivement. Je l’ai emmené dans la salle de bain. Il est entré dans l’eau avec moi. Nous en sommes sortis une bonne heure plus tard, épuisés. J’avais tout pris de lui, il m’avait tout donné. Comment avais-je pu passer si longtemps à côté d’un tel plaisir ? Je l’avais encore en tête pendant que je m’essuyais. Je le voyais, il était juste à côté de moi. Quel frisson ! Quel bonheur j’avais ressenti !

Nu, je suis retourné dans la chambre et, avant de me rhabiller je l’ai délicatement reposé sur la table de nuit, sur le dessus de la pile. Il s’appelle « Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand. Tentez l’aventure avec lui, vous verrez, vous ne serez pas déçu(e).

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Ecrit 18 novembre 2014 par Amor-Fati dans la catégorie "Au fil des jours

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