novembre 12

Histoire de Charles.

Mesdames, Messieurs,  chers concitoyens,

C’est avec une joie non dissimulée que je fais aujourd’hui mon retour dans notre belle capitale. L’ennemi a maintenant été chassé de nos terres, et le conflit dans lequel nous étions embourbés depuis des années touche enfin à sa fin.

Plusieurs villes importantes ont déjà été libérées et c’est enfin au tour de notre capitale de voir les troupes françaises entrer victorieusement.

Nous avons beaucoup souffert, et je sais que vous, parisiens, avez été particulièrement touchés par l’occupation ennemie.

Ces années de privation et de famine vous ont marqués à jamais, et je sais que tout le peuple de France se souviendra longtemps de cette lugubre période où l’ennemi a occupé notre pays, nous a contraints à sa loi, à ses exigences et à son bon vouloir.

Il est temps maintenant de compter nos morts, de les pleurer et de leur rendre honneur. Il est temps de se redresser, de relever nos manches et de remettre en marche notre beau pays trop longtemps privé de son économie pour elle-même et non plus au service de l’occupant.

Oui, nous sommes heureux de voir Paris et la France se libérer.

Oui, nous sommes fiers de cette victoire. L’ennemi repart vers ses terres qu’il n’aurait jamais dû quitter.

« Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragée ! Paris brisée ! Paris martyrisée ! mais Paris libérée ! libérée par elle-même, libérée par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

Eh bien ! puisque l’ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l’immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits. »

Voilà dix-neuf années, dix-neuf longues années que j’ai été chassé de notre capitale par la perfide Albion. Dix-neuf années que les Anglais ont été les maîtres de Paris et du pays tout entier. Mais aujourd’hui, douzième jour de novembre de l’an de grâce mil quatre cent trente-sept, je fais mon retour, en vainqueur, en triomphateur, dans Paris en liesse qui fête une victoire si longtemps attendue

C’est pourquoi, moi, Charles le septième, je fais ici le serment de servir mon pays, de me placer entre les mains de Notre Seigneur Jésus Christ afin qu’avec Son soutien, nous redonnions ensemble  à la France sa juste place de guide et de phare dans une Europe à nouveau soudée et solidaire.

Merci à tous ceux qui ont jeté leurs forces dans la bataille. Nous n’oublierons pas nos héros, nos martyrs qui ont donné leurs vies pour libérer la France. Je pense tout particulièrement à Jeanne, la pucelle de Domrémy qui a souffert sur le bûcher et qui est morte en Sainte sans avoir jamais renié ses pensées. Qu’elle soit à jamais glorifiée et que son souvenir reste à jamais gravé dans le cœur de chacun.

Un nouveau jour se lève sur la France. Sachons être fiers de notre pays.

«Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n’avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu’à la fin, dignes de la France.

Vive la France ! »

(Le 12 Novembre 1437, le roi Charles VII fait son retour dans la capitale libérée des Anglais. Si l’on en croit son discours, la guerre est terminée. Il n’en est rien, et il est plutôt optimiste. La guerre de Cent ans ne se terminera vraiment que seize longues années plus tard, en 1453.)

A noter que les parties de textes entre guillemets (et en italique) n’ont pas été prononcées par Charles VII, mais par Charles….. de Gaulle, le 25 Aôut 1944… Etonnant, non, comme on peut replacer ainsi des phrases historiques dans un autre contexte et s’apercevoir qu’elles fonctionnent très bien !!!!!

© Amor-Fati 12 novembre 2012 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 12 novembre 2012 par Amor-Fati dans la catégorie "Histoire réécrite", "Uchronie

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