novembre 29

Chirac, un homme illustre.

« Bien…. Asseyez-vous et tirez un sujet…
Martin avait les mains qui tremblaient. Il avait bien révisé, et était arrivé ici assez décontracté, mais au fur et à mesure que le temps avait passé, l’angoisse et la peur de ne pas savoir s’étaient installés.

Et maintenant, dans sa tête, tout semblait s’embrouiller. Le Moyen-Age avec la révolution. Louis XIV avec Henri IV et Madame de Sévigné avec Mata Hari… Quel mélange dans son pauvre cerveau…
Il tendit la main vers le saladier de verre qui contenait une dizaine de petits papiers pliés en quatre. Il tendit le sujet choisi à l’examinateur qui le déplia lentement et cérémonieusement.
– Jacques Chiarc, sa vie personnelle, sa vie professionnelle sa trace dans l’histoire. Je vous écoute.
– Excusez-moi, je n’ai pas de temps de préparation ? demanda Martin.
– Non, pas besoin. Si vous avez révisé, vous ne devriez pas avoir de problèmes.
La panique gagna le cerveau de Martin.
– Voyons, reste calme, Martin, tu le sais, tu le sais, pensa-t-il comme pour se rassurer.
– Je vous écoute, annonça le professeur, en tapotant la table avec son stylo. Je vous laisse parler, nous en reparlerons lorsque vous aurez terminé.
Martin toussa pour s’éclaircir la voix. Chirac, Jeanne d’Arc… Voyons, ne pas dire n’importe quoi..
Il se lança.
– Monsieur Chirac est un homme politique français. Il est né à Conques dans l’Aveyron le 29 novembre……
Il eut une hésitation.
– Mille, heu, neuf cent, heu non, Mille six cent…
– Continuez, continuez, s’impatienta le professeur.
– Ses parents étaient très pauvres. Ils le confièrent à un de ses oncles qui était évêque. En fait, ils le destinaient à l’état ecclésiastique.
Monsieur Rebour, professeur d’histoire géographien en fin de carrière, leva la tête et dévisagea Martin qui sentit comme un malaise.
– Continuez, continuez…
– Il est entré à l’université de Rodez à 22 ans et a fait de brillantes études.
– De Rodez ? demanda Rebour, vous êtes sûr ?
– Ah oui, certain, Monsieur.
– Bien, voyons la suite.
– Extrêmement laborieux et très assidu aux leçons publiques des professeurs, il fut bientôt en état d’en donner lui-même.
– A-t-il eu des diplômes universitaires ?
– Oui, oui, bien sûr, se reprit Martin qui, grâce au professeur était maintenant remis sur les rails. Il a eu un Doctorat et a assuré des cours pendant plusieurs années, car le président de l’Université avait créé une chaire rien que pour lui, tellement il était brillant.
L’examinateur avait commencé une série de petits dessins sur la feuille placée devant lui.
– Ensuite ?
– Il entre à l’armée, participe à plusieurs campagnes françaises, en métropole et à l’étranger et rentre avec le grade de capitaine.
– Tout à fait, confirma le professeur.
– A trente-cinq ans, la maladie le frappe. Il passe tout près de la mort, mais grâce à des méthodes qu’il met personnellement au point, il réussit à guérir, mais sa convalescence est longue et dure près de deux ans.
– Tiens, je ne connaissais pas ce point de détail, répliqua l’examinateur en dessinant et illustrant un P sur sa feuille. Je suis curieux de connaître la suite.
– A 56 ans, il est appelé par le chef de l’Etat auprès de qui il exerce de hautes fonctions. Il est de tous les voyages à l’étranger. Espagne, Italie, Allemagne, Grèce, Belgique. Sa réputation en France et en Europe devient importante. Il devient rapidement le premier conseiller auprès du Chef de l’Etat français. Il fait rapidement partie de ce qu’on appelle le premier cercle.
A côté du P déjà tracé, le professeur dessina un I, puis commença un E.
– A soixante-six ans, reprit Martin, il entre à l’Académie.
– A l’Académie ? demanda Monsieur Rebour. Vous ne confondez pas avec Giscard d’Estaing ?
– Non, Monsieur, je suis certain de ne pas me tromper.
– A la mort du Chef de l’Etat, il s’installe dans les plus hautes fonctions possibles de son rang et rend d’immenses services à la France qu’il sert avec courage et loyauté.
– Etait-il aimé en France ?
– Oh oui, Monsieur. Chirac avait une ambition démesurée mais parfois une vanité ridicule. Il voulait être en permanence le premier partout et, comme il pouvait distribuer des emplois, une foule d’adulateurs encourageaient cette orgueilleuse prétention.
– Ah. Voilà qui est bien dit. A-t-il néanmoins subi des échecs dans sa vie ?
Et près des trois premières lettres brillamment dessinées, le professeur stylisa deux R.
– Hélas oui, Monsieur. Malgré toute sa bonne volonté pour le bien du peuple, il lui reste quelques morts sur la conscience, dont des personnalités haut placées. Certains pensent qu’il les a laissées mourir.
– Êtes-vous sûr de tout ce que vous avancez, jeune homme .
Martin hésita un instant.
– Oui, Monsieur, vous m’avez bien demandé de vous parler de Chirac ? Me permettez-vous de terminer, Monsieur ?
– Soit, allez-y.
– Il travaille encore quelques années dans les plus hautes sphères du pouvoir avec le courage et l’abnégation qu’on lui connait. Il quitte la vie publique à 73 ans et se retire alors en compagnie de son épouse.
– Et pour finir ?
– Il est décédé en région parisienne à quatre-vingt-deux ans, oublié de tous.
Le professeur, maintenant sûr de son fait, griffonna rapidement un E sur sa feuille.
– Je vous remercie, jeune homme, c’était très intéressant. Pourriez-vous me rappeler le sujet que vous avez tiré ?
Martin paniqua. Il était pourtant sûr d’avoir tout dit. Peut-être avait-il juste omis quelques détails..
– Chirac, sa vie, son œuvre professionnelle.
Monsieur Rebour tendit le papier à Martin.
– Pouvez-vous me relire atout haut les deux premiers mots de votre sujet, jeune historien en herbe ?
Martin avait la voix qui tremblait. Il réussit néanmoins à articuler.
– Jacques Chirac…
Le professeur tendit alors sa feuille à Martin, lui montrant son petit dessin.
– Et vous avez traité….
Martin regarda le bloc-notes de Monsieur Rebour et lut à haute voix.
– Pierre………. Je vous ai parlé de Pierre Chirac…..
– Hé oui, premier médecin de Louis XV . Né en 1650 et mort en 1732…
– Ah merde, se fâche Martin. J’ai confondu… Pourtant Chirac, c’était facile. Vous n’allez pas me mettre une sale note, au moins, M’sieur….
– On va voir. Pour vous rattraper, en quelques mots, parlez-moi de François Hollande alors.
Et Martin démarra aussitôt.
– Il est né en 1954 à La Haye et mort en 2009.
– Vous êtes indécrottable, jeune homme, dit Monsieur Rebour en se levant. Il n’est pas né en 1954, mais en 1654. Il n’est pas mort en 2009, mais en 1709. Et il ne s’appelait pas François, mais Charles Belgique Hollande de La Trémoille… Filez…

(Jacques Chirac, homme politique français, est né le 29 novembre 1932 à Paris. Il a aujourd’hui 80 ans. Bon anniversaire !!!)

© Amor-Fati 29 novembre 2012 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 29 novembre 2012 par Amor-Fati dans la catégorie "Non classé

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