mai 6

Cinq ans après, jour pour jour

sarkoUn bilan peu convaincant.

Pourtant la campagne de 2007 avait laissé entrevoir des ouvertures vers une stabilisation de la France, voire un rétablissement.  Mais la crise était passée par là et le gouvernement et le Chef de l’Etat n’avaient pas été à la hauteur de l’attente des Français.

Une présidence tout en demi-teinte qui avait paru, au début, prendre un envol vers des horizons meilleurs, mais la tête de l’Etat avait vite été prise dans des affaires juridico-financières qui avaient un peu pourri l’ambiance de la majorité.

Et la crise, surtout la crise !

Le pouvoir d’achat des Français avait baissé, le chômage, difficilement maîtrisé au début du quinquennat était reparti à la hausse et s’était à nouveau envolé vers des sommets rarement atteints. La dette n’avait cessé de grimper et la croissance n’était pas au rendez-vous.

L’image même du chef de l’Etat était mauvaise auprès de l’opinion publique et des médias et sa cote avait dégringolé dans les sondages. Son impopularité, en fin de mandat, était impressionnante. Jamais Président de la République n’avait été autant détesté, autant moqué, autant raillé.

Pourtant l’attente avait été forte et l’élection de 2007 avait suscité un enthousiasme rarement atteint dans la population. Paris avait vu, ce 6 mai 2007 des manifestations de joie qui avaient duré jusqu’au matin.  Les élections législatives suivantes avaient donné une forte majorité au nouveau Chef de l’Etat qui avait alors les mains libres pour appliquer la politique promise pendant la campagne.

L’opposition avait fait feu de tout bois, comme c’était son rôle. Chaque décision du gouvernement avait fait l’objet de remarques, de commentaires acerbes. Plusieurs fois ils avaient demandé la démission du Chef de l’Etat, considérant son incompétence et son  incapacité notoire à gérer les affaires de l’Etat.

Depuis début 2011, la campagne pour le renouvellement du mandat avait commencé. Le Chef de l’Etat avait gardé longtemps secrète son éventuelle candidature à un nouveau mandat. Mais c’était un secret de Polichinelle. Tout le monde savait bien que sa volonté était de se représenter devant le suffrage des Français. Pourtant la partie n’était pas gagnée d’avance.

La campagne avait été sévère, tous les coups bas avaient été permis. Même les plus vils : les atteintes à la personne, les « on dit », les coups portés à la vie privée des candidats, tout y était passé.

Il y a deux semaines, à l’issue du premier tour de scrutin, le candidat de l’opposition pointait en tête avec une courte avance sur le candidat sortant.

La campagne d’entre deux tours avait été d’une haute volée. Chacun des deux candidats qualifiés pour le second tour s’était épuisé en meetings aux quatre coins de l’hexagone, déplaçant des foules immenses, pérorant des discours devant des salles enflammées et toutes acquises à leur cause.

Le débat télévisé avait été à la hauteur de ce qu’on en attendait : chacun avait marqué des points dans son domaine de prédilection. Le candidat de l’opposition avait tenté de pousser le Chef de l’Etat dans ses derniers retranchements et y était plutôt bien arrivé. Des petites phrases assassines, de longues tirades imbuvables, des signes d’énervement et d’agacement, tout y était, comme d’habitude.

Pour le Chef de l’Etat sortant, la date du dimanche 6 mai était un bon présage, puisque c’était, jour pour jour, la date de son élection lors de son premier mandat.

Et ce soir, à vingt heures, il n’y a pas eu de surprise. Le bilan de son quinquennat et sa mauvaise image auprès de l’opinion publique avaient été fatales au Chef de l’Etat.

A vingt heures quarante-cinq le 6 mai 2012, Ségolène Royal, présidente sortante de la République Française reconnaissait la victoire de son adversaire Nicolas Sarkozy. La France basculait à droite. Restait à attendre les résultats des élections législatives pour savoir si les Français donnaient un blanc-seing à l’UMP toute puissante.

(Le 6 mai 2012, François Hollande, candidat du parti socialiste était élu Président de la République française avec 51.64% des voix face au Président sortant Nicolas Sarkozy. Maintenant, reprenez la lecture de ce texte avec les vraies personnes, et vous verrez que ça marche aussi !!! Pour les quatre coins de l’hexagone, je l’ai fait exprès !!)

© JM Bassetti 06/05/2013 Tous droits réservés.

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Ecrit 6 mai 2013 par Amor-Fati dans la catégorie "Fiction", "Uchronie

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