Amor-Fati,  Atelier d'écriture

Crunch…

J’aime les Anglais, écrivais je la semaine dernière. Mais j’ai spécifié, « Sauf sur un terrain de rugby ». Vous en souvenez-vous ?

Avant d’aller plus loin, je précise qu’il s’agit bien des Anglais, non des Britanniques. Sur un terrain, je n’ai nul ressentiment face à un Ecossais, un Irlandais ou un Gallois. Je parle bien des Anglais, ceux avec la Croix de Saint Georges rouge sur fond blanc comme drapeau.

Je ne saurais l’expliquer. Que le XV de France joue contre n’importe quelle équipe du monde, je la soutiendrai et serai un supporter enthousiaste, bruyant mais bon joueur. Que le meilleur gagne. Certes la défaite est souvent dure à avaler, comme la pénalité de Sexton l’Irlandais pendant les arrêts de jeu et qui nous a valu une défaite d’un point. Mais ça passe assez rapidement.

Je ne dirais pas que je ne pousse pas quelques petits cris d’encouragement lorsque les bleus font une percée dans le camp adverse et se dirigent sans hésiter vers la ligne blanche tant espérée, mais j’arrive à être modéré et surtout, le mobilier de la maison ne risque rien.

Mais quand nous jouons contre les Anglais, il y a une espèce d’instinct bestial qui se réveille en moi.  Rien n’est pareil, rien n’est identique à ce que j’ai décrit plus haut. Je hurle, je crie, je suis debout devant la télé, accompagnant chaque passe, chaque coup de pied, chaque raffut d’un borborygme étrange. Je saute, je conseille les joueurs sur ce qu’ils doivent faire. A l’inverse, quand les « ennemis » ont la balle et avancent vers nous, j’encourage nos défenseurs à ne pas faire de quartier et à bouter les Anglois hors de nos vingt-deux…

Le canapé de la maison s’en souvient encore. Il y a laissé une latte qui a bruyamment abandonné le combat il y a une bonne dizaine d’années.

France-Angleterre, dont la date est notée un an avant sur mon agenda pour être sûr de ne pas le rater, c’est deux cents SMS avec des copains pendant les quatre-vingts minutes de la rencontre. Hein Arnaud ?

Je ne sais ce qui remonte en moi.

La haine de mon père envers les Anglais au point qu’il n’a jamais voulu traverser la Manche pour visiter leur pays. Même Jersey n’a pas eu grâce à ses yeux. Il a fallu que ma mère attende d’être veuve pour enfin visiter le pays de la perfide Albion.

Papa avait un énorme passif avec les Rosbifs, comme il disait. Jeanne d’Arc, Waterloo, Churchill, la sauce à la menthe, le thé, le refus du marché commun (et pourtant il n’était pas gaulliste). S’il avait été encore vivant au moment du brexit, c’eût été une corde supplémentaire à son arc anti-british…

Et maintenant c’est moi. Sûrement avec une certaine mauvaise foi, mais c’est comme ça ! Quelle que soit l’équipe qui joue contre les Anglais, je l’encourage. Au Rugby, les anglais doivent perdre.

Mais souvent ils gagnent quand même, reconnaissons le. Mais je n’y suis pour rien !

Et je persiste et signe ce que j’écrivais la semaine dernière. J’aime beaucoup les Anglais… sauf sur un terrain de rugby.

Dans les autres sports, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, je m’en fous…

 

PS : Les filles qui ont brillamment éliminé l’Irlande aujourd’hui 18 à 13 rencontreront les Anglaises samedi prochain et ça risque d’être musclé.

Quant aux messieurs, pour le tournoi 2026, ce sera le 14 mars à 21h10 au stade de France… si quelqu’un veut m’offrir le billet, ce sera avec plaisir !

Image : Conmongt pour Pixabay

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