mars 20

Home sweet Home

homeAvec douceur,  il referma la porte d’entrée derrière lui et huma les yeux fermés l’atmosphère de la maison. Il entra et posa la clé sur le petit meuble style Louis XV, juste à droite dans le vestibule. Retrouvant vite ses habitudes, il retira son chapeau humide et son lourd manteau de laine. Il ouvrit l’armoire normande, déposa avec respect son inséparable couvre-chef sur l’étagère du haut, puis sortit un cintre sur lequel il plaça son manteau après l’avoir vigoureusement frotté pour en retirer la poussière accumulée tout au long de la route.

Il mit les pieds sur les patins qui l’attendaient près du paillasson et entra plus avant dans l’appartement de fonction. Il redécouvrait sa maison. Rien n’avait changé depuis son départ. Une femme de ménage avait dû passer pour faire les poussières et passer un coup de toile en prévision de son retour, car tout était impeccable. Pas même une toile d’araignée dans un coin du haut plafond.

Assis sur le Voltaire vert bouteille du salon, il retira ses bottes crottées et poussa un soupir d’aise. Il les ramassa et alla les porter dans l’arrière-cuisine, se promettant de les nettoyer le lendemain matin quand elles seraient sèches.

Il enfila ses chaussons et poussa un nouveau soupir. Les petits plaisirs quotidiens sont bien agréables tout de même.

Il se baissa face à la cheminée du salon, chiffonna trois feuilles de journal après y avoir jeté un rapide coup d’œil et les plaça dans l’âtre. Il couvrit de bois bien sec : du plus fin et du moyen. Il mettra une bûche plus tard quand le feu aura bien pris. Il approcha une bougie du papier froissé et regarda les flammes se propager joyeusement dans la cheminée.

Il se servit un petit verre de vermouth, s’assit dans son fauteuil préféré et bourra sa pipe qu’il alluma d’ une brindille extraite de la cheminée.

Il posa ses pieds endoloris par la trop longue marche sur la petite table du salon, s’étira autant qu’il put, et bailla.

« Ah, ça fait du bien de rentrer chez soi, dit-il à voix haute. Je reste un peu là, puis j’irai chercher le courrier et me faire un petit truc à manger. »

(Le 20 Mars 1815, Napoléon retrouve les Tuileries après son évasion de l’île d’Elbe. Les cent jours ont déjà commencé.)

© JM Bassetti 20 Mars 2013. Tous droits réservés.

 

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Ecrit 20 mars 2013 par Amor-Fati dans la catégorie "Fiction", "Uchronie

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