janvier 27

L’ankou et le béton (1)

Mercredi, jeudi, vendredi. Une nouvelle en trois jours.

Une nouvelle noire. Peut-être la plus noire que j’ai jamais écrite.

Bonne lecture de cette première partie.

ankouDe là-haut, je vois tout.

J’assiste à tout le spectacle.

Que j’ai patiemment mis en scène. Intégralement.

Je vis le plus beau jour de ma vie.

C’est la première fois que tout fonctionne parfaitement, que toute la mécanique que j’ai mise en place ne se grippe pas. Pas un bug, pas une incertitude, pas une erreur de scénario ou de déroulement. Dans les séries ou les feuilletons américains, il y a toujours un rebondissement, un deus ex machina qui sort d’on ne sait où et qui fait tout foirer à la dernière seconde de la dernière minute. Mais là, rien du tout. Aucune colombe sortie de la manche, aucun as de pique venu à la dernière seconde. Rien, si ce n’est une vibration de téléphone au moment où la tête commençait à disparaitre à son tour.

La dernière boucle de la longue chevelure de cette lionne vient enfin de disparaitre, noyée dans le gris, noyée dans le noir.

Dans le dur.

Dans les fondations d’un poteau en béton, au beau milieu de la future école maternelle. Qui viendra la chercher là ? Elle qui disait tant aimer les enfants, elle va les côtoyer, jour après jour depuis son cercueil vertical. Vivre auprès d’eux, vivre au milieu d’eux. Raide comme la justice, dure comme la vérité. Elle a été jugée, elle a été condamnée, elle a été exécutée.

Par moi.

Salope. Ordure. Voleuse de mari. Briseuse de rêves. Casseuse de couple.

Elle a fauté. Elle m’a ruinée. Elle m’a humiliée. Elle m’a flouée, elle m’a piqué ce à quoi je tenais le plus, celui qui m’a donné mes enfants, celui qui a accompagné ma vie. Il n’y a pas de demi-faute. Il n’y a pas de demi-mesure dans la sanction. La mort. La plus longue, la plus cruelle possible. Celle que l’on voit arriver lentement, celle à laquelle on ne peut échapper tellement elle est évidente.

(A suivre)

© JM Bassetti. le 27 janvier 2016 reproduction interdite sans accord de l’auteur.

© Amor-Fati 27 janvier 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


Copyright 2018. All rights reserved.

Ecrit 27 janvier 2016 par Amor-Fati dans la catégorie "Frissons

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *