février 1

L’arbre aux étourneaux

Bonjour,

Nous sommes lundi et comme chaque lundi, c’est le jour de l’atelier de Bricabooks.
Merci Leiloona de nous donner ce plaisir hebdomadaire.
Cette semaine, c’est une photo de Jules Ribot qui était notre support de travail. Merci à lui pour ce joli cliché.
Voici donc ma copie, de 1000 caractères, pas un de plus, pas un de moins.
N’hésitez pas à commenter.

julien-ribot

On l’appelle l’arbre aux étourneaux.

Sous ses allures communes, sous son aspect d’adolescent ébouriffé tombant du lit, il est le symbole du village depuis vingt-trois ans. A l’automne et au début du printemps, ici comme ailleurs, il est de coutume de voir voler des milliers d’oiseaux en grappes, montant, descendant, se séparant et se regroupant au gré des courants ou de la volonté du chef de groupe. Les grandes cités les chassent, les piègent, les repoussent vers les banlieues comme elles ont si souvent rejeté les étrangers vers les périphériques.

Pour se protéger.

Ici, depuis trois siècles, les photographies et les peintures anciennes le prouvent, il y a toujours eu un arbre aux étourneaux. Les oiseaux contournent le village mais ne le survolent pas. Jamais. Et ils se retrouvent sur un arbre, un seul, qu’ils élisent pour dix, vingt ans.

Jusqu’à ce qu’il meure ou soit abattu.

Alors l’année suivante, ils en choisissent un autre.

Pour l’instant c’est lui.

Pour combien de temps ? Nul ne le sait.

1000 caractères.

© Amor-Fati 1 février 2016 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 1 février 2016 par Amor-Fati dans la catégorie "1000", "Atelier d'écriture

13 COMMENTS :

  1. By Albertine on

    Ton texte me ramène bien aux vols des étourneaux et à cette façon qu’ils ont de se poser puis de repartir aussi vite, mus par une raison d’eux seuls connus.

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  2. By goussedail on

    Je vais sortir avec ma kalachnikov et chasser ces étourneaux, bordel de merde !

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    1. By JMB on

      Oui, à caen aussi il y en a, mais ils mettent des filets et des hauts parleurs qu émettent des sons qui les éloignent.
      Il faut dire qu’en ville, c’est une vraie plaie…

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  3. By Benedicte D. on

    Superbe, et très poétique….Je trouve que le défi est parfaitement réussi,on ne ressent aucune frustration à la fin du texte.

    Répondre

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