mai 18

Le rôti du dimanche

mob

Ce matin, défi d’écriture sur le site Short-editions. Le thème imposé: » »road trip en mobylette ».

J’ai bossé et envoyé mon texte 6 minutes avant l’heure prévue…

Il fait plus de 9000 signes et la limite imposée était de 6000. Tant pis, il ne participera pas au concours, mais je suis heureux de l’avoir écrit quand même.

Le voici :

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Bordel, il est déjà 13h13. A nche08, j’étais réveillé pourtant.

Je me suis dit « super, je vais participer à la course du jour sur Short édition. La cavale. Il parait que c’est aujourd’hui, je guette ça depuis dix jours, pas question que je rate ça.

Vite, le thème, c’est quoi ?

Juste au moment où je descends l’escalier, voilà ma femme qui m’appelle.

– Jean marc, j’ai commandé un rôti chez le boucher, tu peux aller le chercher stp ?

– Ouais, mais vite fait, faut que je participe à la cavale.

– Pas de problèmes, t’en as pour une demi-heure à peine.

– Ok. Je prends la voiture ?

– Non, j’en ai besoin, prends Poupette plutôt, pour aller à Courseulles, c‘est pas loin.

– Pas loin, pas loin, elle en a de bonnes, ça va rallonger la sauce tout ça.

Et me voilà parti. Même pas le temps de me faire un café ni de prendre une tartine, si je veux être rentré pour la cavale, faut que je fasse fissa. Le casque, le sac carrefour sur le porte bagages avec les sandows à rayures et j’enfourche Poupette, direction Courseulles . Il fait beau début mai. Le premier grand vrai week-end ensoleillé. C’est bon de rouler par ce temps. Allez, hop, je vire mon casque. Je m’en fous, je suis jeune, si je tombe, je mettrai mes mains sur ma tête et il ne m’arrivera rien. Si… j’aurai mal aux mains !! Je m’arrête, je fixe le casque au phare, comme je faisais quand j’étais ado. Avec un intégral j’aurais jamais pu faire ça ! Ca a du bon les antiquités !

Pas de cheveux sur le crâne, dis donc, ça donne des sensations la calvitie ! A quinze ans, tu sens les cheveux qui te caressent le cou, mais à cinquante, tu sens le vent s’engouffrer dans… ben dans rien justement, ça glisse sur ton crâne lisse et c’est ça qui est cool.

Nouvel âge, nouveaux plaisirs !!

Feu rouge, … Tranquille le dimanche ici. Tout à l’heure, forcément il y aura du monde. Le beau temps, la plage, ça attire le touriste et le citadin qui vient prendre son bain d’air iodé. Pique-nique, jambon, salade, tomates… Lundi matin, on ramassera les canettes de coca et de bière sur la plage, c’est sûr, comme tous les lundis de beaux week-ends !

Je roule à cinquante à l’heure, le vent dans les oreilles, en chantant du Yves Jamait, comme d’habitude : « Vois tu mon vieux Jean-Louis, j’ai comme des langueurs… » Comment il écrit ce mec, comme j’aimerais avoir une telle plume, un tel phrasé !!

Une voiture me dépasse, ralentit, la fenêtre passager s’ouvre et m’intime l’ordre de le ranger sur le côté. La voiture est bleu marine, le bras qui sort de la fenêtre est bleu aussi et les lettres floquées sur la voiture sont blanches et forment le mot GENDARMERIE. Ca y est, j’ai pas joué au loto, mais j’ai gagné. Tous les numéros…

– Gendarmerie nationale, bonjour Monsieur.

– Bonjour Monsieur.

– Avez-vous les papiers de votre véhicule, s’il vous plait ? attestation d’assurance. Merci.

Coup de pot, je les ai. Non, pas coup de pot, pourquoi me dévaloriser ? Je les ai toujours sur moi. Je les donne.

– Beau temps aujourd’hui, me dit le pandore.

– Oui, ça fait du bien. Après le printemps pourri qu’on a eu.

Je sais très bien où il veut en venir avec ses allusions. Mais je joue l’innocent.

–  C’est bon, me dit-il en me rendant ma pochette en skaï. Tout est en règle. Mais je vois que vous êtes très soigneux. Vous prenez soin de votre phare.

Je le regarde, perplexe. Il sourit. P’tain, je lui ai tapé dans l’œil ou quoi ?

– C’est bien de prendre soin de votre phare, monsieur, ajoute-t-il, mais votre crane a plus besoin de protection que votre engin.

– Oui. Vious avez raison, dis-je humblement.

– Ca ira pour cette fois, parce que c’est dimanche et qu’il fait beau.

–          Merci monsieur, m’entends-je répondre.

Il salue.

– Bonne journée, et prenez soin de vous.

– Merci, au revoir, bon dimanche, Monsieur l’agent. »

Monsieur l’agent… Il y a au moins dix ans qu’on ne dit plus ça. Encore moins à un gendarme. C’est le soleil qu me tape déjà !!

Je remballe mes papiers, la voiture bleue redémarre. Je reprends mon casque que je remets sur mon crâne à regret et je reprends ma route direction Courseulles sur mer.

«  On les emmerde tous, sers moi n’importe quoi, j’m’en fous pourvu qu’ça mousse…

Jamait à fond les ballons sans auto radio ! Juste moi tout seul.

Les voitures me dépassent dans la ligne droite. Certaines mettent le clignotant, d’autres pas. Je compte celles qui laissent assez de place entre elles et moi. J’ntends un bruit derrière moi. Punaise, elle arrive vite celle-la. Je coupe Jamait parce que j’ai un peu la trouille.

En face de moi, une autre qui arrive plein pot. Et celle de derrière qui semble ne pas ralentir. Je fais quoi ? He jette un coup d’œil derrière moi. Elle va me doubler, c’est sûr, elle n’a pas le temps de ralentir. Ou alors elle me rentre dans le cul… Mais en face, elle continue sa toute aussi. C’est moi qui vais prendre. Même si je ne suis pas gros, y a pas la place pour trois en toute sécurité sur cette route.

Je ne fais ni une ni deux, je file un coup de guidon sur la droite, et je pars sur le bord. Au début, tout se passe bien. ? De l’herbe. Mais rapidement, ça se gâte. Derrière les roseaux, il y a de l’eau. Poupette se bloque net. Et moi je passe par-dessus. Direction le ruisseau. Derrière moi, j’entends les deux bagnoles qui se croisent en klaxonnant. Pas le temps de ralentir, mais le temps de klaxonner. Connards va !

Moi, je suis comme un idiot, les fesses au frais et ma Poupette couchée à côté de moi. Encore un coup de chance que j’avais mon casque tiens… Comme quoi rencontrer des flics de bonne heure, ça peut avoir des heureuses conséquences.

Je me tâte, je m’ausculte. Je suis entier. Et debout ? Ouais, ça le fait. Visiblement, je suis en état de marche. Reste à savoir si Poupette va vouloir repartir. Je suis à peine à Graye. Courseulles, ça fait encore un bout. Un petit coup de pédale, et hop, la voilà repartie. Dis voir, les mobylettes bleues, c’est plus à la mode, mais c’est du solide. Le moulin tourne impec. Juste un petit éclat à la peinture sur le réservoir, mais bon, elle n’est plus à ça près. Sacrée Poupette, on en a vu ensemble !! Elle est mouillée, moi aussi, mais on repart ensemble ! Le bail n’est pas fini visiblement !

Quelle heure il est ? Bientôt dix heures ? Merdum, le temps que je fasse l’aller-retour, il ne me restera pas beaucoup de temps pour la cavale de Short. Et je ne connais toujours pas le thème. Je ne vais quand même pas demander au boucher. A mon avis, il n’écrit pas sur Short, et puis même s’il écrivait, il s’en fout, il bosse ce matin, puisque je vais chez lui… Ah ah ah !!!

Courseulles, enfin ! Je coupe par le pont ? Non, avec ma chance de ce matin, je vais me prendre une bagnole ou me faire gauler par les flics. Allez, je fais le tour du bassin. Ca me gave, mais je préfère…

– Vingt-cinq euros douze. Il vous faut autre chose ?

– Non, c’est bon merci. Oh et puis si, tiens, mettez moi une tranche de jambon persillé, j’adore ça.

–          Voilà. Ca fera trente deux euros quarante. Allez, trente deux parce que c(‘est dimanche.

Il me fait cadeau de quarante centimes. Tu parles… Le jambon persillé, c’’est bon, mais c(‘est lourd. Sept euros la tranche, si j’avais su… Enfin bon.

Hop, le tout dans le sac carrefour tout mouillé. Le casque sur la tête. Je grimpe sur Poupette, un petit coup de pédale habituel… Rien… Tiens… Je pédale un peu plus qu’à l’habuitude… Rien. Je la mets sur la béquille et je pédale comme un fou. Elle ne veut rien savoir. Ne démarre pas. Ne pas insister, tu vas la noyer. Je vais avancer un peu à pied, j’essaierai plus tard. Je pose le casque sur la selle. Je ne connais rien de plus con qu’un mec qui a un casque et qui marche à côté de sa bécane. Quoique bientôt, avec la sécurité routière, ils nous feront prter des casques dans les voitures, avec les gilets jaunes. On parie ?

– Jean-Marc, t’es en panne ?

C’est Max mon voisin.

–  Oui, c’est Poupette, elle fait sa star, elle ne veut rien savoir.

– Tu veux un coup de main ?

– Non, tu es gentil, je vais pousser.

– Tu rigoles, tu as vu la route jusqu’à Ver ? Et puis c’est dangereux, et puis il y a du monde aujourd’hui.

– Tu proposes quoi ?

–  Je vais aller chercher la remorque, on met Poupette dedeans et je te ramène.

– Ca marche. T’es super sympa. Je continue en t’attendant.

–  Ouais, à tout de suite.

– Prends des courroies !

– Ouais, t’inquiète ! A plus

– A plus !

Il est arrivé vers 11 heures et demi ; On a chargé Poupette sur la remorque, on l’a calée avec des cartons et attachée avec des sagles pour qu’elle ne bouge pas. Ah en voiture, ça va plus vite.

– Merci Max, allez, viens, on va prendre un café.

– Oh, un petit jauune, à la limite, ça m’irait mieux qu’un café à cette heure.

Et nous voilà partis pour l’apéro. Plus rincette. Plus olives. Plus saucisson… Tu parles d’une matinée. Tout ça pour un rosbif haricots verts. Il est au four maintenant, il n’ira plus bien loin !!

Et Max est parti à une heure bien sonné. Et moi aussi, je suis bien sonné.

Le temps de manger, c’est mort pour la Cavale de Short… J’aurai le temps de rien faire.

Tiens, par curiosité, c’ est quoi le thème, histoire d’avoir bien des remords, bien les boules ne pas avoir pu écrire ce matin….

www.short-editions.com. La Cavale…..

Road-trip en mobylette…..

Tu parles d’un thème à la con…. Ou est-ce qu’ils vont chercher des thèmes pareils ?

Aucun regret.

De toutes façons, j’aurais pas sur quoi raconter, c’est vraiment un thème qui ne m’inspire pas.

Je vais reprendre un jaune, tiens…

© JM Bassetti Ver sur mer le 18 mai 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

 

 

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Ecrit 18 mai 2014 par Amor-Fati dans la catégorie "Atelier d'écriture", "Fiction

1 COMMENTS :

  1. By Laurent on

    Je trouve que c’est un peu long. En plus, l’histoire est assez banale. Mais c’est agréable à lire. Je trouve que vous devriez en écrire un autre mais plus court cette fois.

    Répondre

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