mai 21

Le temps n’est pas charitable

barbie

Barbie se regarde dans le miroir de sa salle de bains..

Fini le beau visage lisse, naturel, impeccable, sans maquillage, aux fines lèvres dessinées avec soin, sans la moindre ride ni patte d’oie, aux yeux en amande qu’un léger trait de mascara suffit seulement à réveiller. Il est désormais  strié de profondes rides que le temps a sculptées patiemment, jour après jour. La bouche est molle, fatiguée d’avoir trop parlé, d’avoir raconté trop d’histoires à dormir debout. Elle est obligée de lui adjoindre une forte quantité de rouge à lèvres pour que sa couleur ressorte sur son visage tartiné de fond de teint destiné à masquer les marques indélébiles du temps.

Ses yeux, cerclés de bleu outremer sont outrageusement peinturlurés d’une épaisse couche de maquillage noir foncé. Les faux-cils longs et recourbés sont épais et ressemblent à s’y méprendre à des pattes de mygale.

Finies les belles mains de femme qui n’a jamais travaillé, jamais fait la vaisselle ni même désherbé la cour. Le temps, là aussi a fait son œuvre. Les ongles fragiles et cassants sont rehaussés d’un rouge vif violent et agressif.

Laissons de côté, par charité chrétienne la courbe de reins agressivement avantageuse, le galbe irréprochable des jambes parfaitement épilées, la poitrine avantageuse et prête à bondir hors du décolleté qui a fait réagir plus d’un papa de petite fille gâtée.

Tout cela n’est que souvenir.

Contrairement aux personnages de bandes dessinés qui n’ont pas pris une ride en plus de cinquante ans (Tintin, le capitaine Haddock, Astérix, Mandrake ou Gaston Lagaffe), Barbie a dégusté sévère. Elle a pris cher comme on dit maintenant.

Seule similitude avec la gloire passée, elle arbore toujours des vêtements d’un rose criard, symbole de la jeunesse et de la féminité. Elle porte désormais un immense chapeau rose chargé de cacher une chevelure blanche et décolorée, parfois peroxydée afin de conserver autant que possible sa blondeur d’antan.

Et elle est couverte de bijoux bon marché comme ceux qu’on trouve chez Matell. On se demande même si ce ne sont pas des parures en plastique tellement ça fait toc et tape à l’œil.

Bravo à Matell et à son équipe de stylistes qui ont su adapter leur poupée en fonction de son âge. A l’instar de Harry Potter qui vieillit réellement d’un an chaque année, Barbie est désormais une vieille dame. C’est bien elle, on la reconnait aisément.

Racine, il y a bien longtemps l’avait ainsi décrite :

… elle avait encor cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage,
Pour réparer des ans l’irréparable outrage.

Barbie a beau faire tous les efforts qu’elle peut. Elle n’est plus ce qu’elle était à l’époque de sa gloire.

A noter que Barbie est le diminutif de Barbara. Elle a vécu ses dernières années sous les traits de Barbara Cartland, auteur de plus de sept cents romans d’amour.

(Barbara Cartland, née en juillet 1901, est morte le 21 mai 2000 est l’auteur de 724 romans d’amour. La poupée Barbie, créée en 1959 a été vendue à plus d’un milliard d’exemplaires. On estime que Barbara Cartland a vendu 1,5 milliards de livres.)

© JM Bassetti 21 Mai 2013. Tous droits réservés.cartland

 

 

 

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Ecrit 21 mai 2013 par Amor-Fati dans la catégorie "Histoire réécrite", "Hommage

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