avril 14

L’expo de l’année

doisneauAujourd’hui, j’ai eu le plaisir de visiter la nouvelle exposition de Robert Doisneau. Le célèbre auteur du Baiser de l’Hôtel de ville nous livre cette semaine une centaine de photographies prises lors de sa dernière traversée transatlantique au mois de mai dernier. Des clichés qui ont la patte du maître, que l’on reconnaît aisément.
Comment ne pas tomber en admiration devant ces portraits d’enfants en train de jouer sur le pont du navire ? On sait que Doisneau est un amoureux des enfants. Ses expositions précédentes sont là pour le démontrer.
Mais l’art du maître s’est étoffé et on ne peut que se délecter devant les images du monstre métallique qui défie les éléments depuis bientôt quarante ans, ou devant les portraits des marins et machinistes qui travaillent chaque jour d’arrache-pied pour le plaisir des passagers. La visite de l’exposition nous transporte tous à bord de ce bolide des mers que l’on croit si bien connaître.
Des photos du grand salon, des cabines de première, seconde et troisième classes, des coursives, des salles de jeu et des différents ponts. Moi qui ai déjà voyagé trois fois à bord de ce bateau, je découvre, au détour d’une allée, des perspectives que je n’imaginais même pas. Mais là sont le talent du photographe et sa propension à capturer des images que l’on imagine à peine.
Une traversée de dix jours pendant laquelle le Rolleiflex et le Leica de Doisneau ont saisi sur la pellicule ces instants de vie qui font la gloire du célèbre photographe et le plaisir  de nos yeux. Un millier de clichés que l’artiste, penché sur son agrandisseur, a développés puis triés pour ne conserver que l’essentiel, la crème de la crème.
Et si, de cette exposition, de ces dizaines de photos, je ne devais en conserver qu’une seule, ce serait sans nul doute celle que Doisneau a choisie pour créer l’affiche placardée partout dans Paris depuis quelques jours. Ce portrait de femme, assise dans un fauteuil d’osier, en train de donner le sein à son bébé. Le regard de l’enfant se perd, au loin dans l’horizon de la mer que Doisneau a réussi à capturer en même temps que ce moment d’intimité touchant entre une mère et son petit. La tête du bébé penchée vers celle qui le nourrit et les yeux déjà tournés vers l’horizon de la vie qui l’attend. En arrière-plan, on distingue à peine le nom du navire, inscrit sur une bouée de sauvetage et qui donne son titre à l’exposition que vous pourrez admirer jusqu’au 18 octobre.

Exposition « La dernière traversée du RMS Titanic » du 15 septembre au 18 octobre 1959 au Grand Palais à Paris (8ème). Métro Champs-Elysées.

(Le 14 Avril 1912 naissait, à Gentilly, Robert Doisneau, l’un des plus populaires photographes d’après-guerre. Ce même 14 Avril 1912, à 23h40, le RMS Titanic heurtait un iceberg et coulait en un peu plus de trois heures au large de Terre-Neuve.)

© JM Bassetti 14/04/2013 Tous droits réservés.

© Amor-Fati 14 avril 2013 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 14 avril 2013 par Amor-Fati dans la catégorie "Hommage", "Uchronie

1 COMMENTS :

  1. By Loïc Le Dû on

    Jolie manière de mêler ces deux événements. Bravo.
    « Un millier de clichés que l’artiste, penché sur son agrandisseur, a développé(e)s puis trié(e)s » Tu as dû remplacer « photos » par « clichés » en omettant le changement d’accord.
    Bien reçu le livre à Bernières, où nous avons pensé à toi, et je t’en remercie. Un basse parmi les basses. (Je ne sais comment je dois prendre cette dédicace … J’ai pris le parti de voir ça comme un compliment.)

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