janvier 12

Même pas peur…

loup

Il était une fois une famille de bourgeois

Qui habitait Paris près du palais du roi.

Le père est avocat, la mère reste au foyer.

De leur union naquirent sept enfants adorés.

Oui, vous avez bien lu. Sept. Comme font six et un.

Comme les petits cochons, comme les doigts de la main.

Le plus petit bien sûr était le plus malin.

Il était nommé Charles et avait toujours faim.

Un jour près de  Boulogne, il alla dans les bois.

Pour cueillir des cerises, des baies et puis des noix.

Il rencontra le Loup qui cherchait un bon coup.

« Que fais-tu là petit, tout seul et loin de tout ?

Cherches-tu ta Mère-Grand pour lui sauter au cou ?

As-tu un pot de beurre ? Une galette aussi ?

Nous pouvons bavarder, je suis sage sais-tu

Je ne vais pas manger un garçonnet dodu.

– Sire Loup  répond l’enfant, Je n’ai pas peur du loup

Je vous connais trop bien. Je ne connais que vous.

Je connais toutes vos ruses. Vous ne me ferez guère

Le coup du chaperon, comme vous le fîtes naguère

A une pauvre fillette naïve et sans le sou

Qui a cru vos histoires, vos histoires de vieux loup.

– Mais comment sais tu ça, qui donc te l’a narré ?

De cette vieille histoire je n’me suis pas vanté

Tu es bien magicien pour savoir de ma vie

Les tours que j’imagine qui font peur aux petits.

– C’est que, vois-tu mon loup, tes histoires, tes rapines

C’est moi qui les écris, moi qui les imagine.

Je ne suis pas très grand, mais je suis écrivain

Spécialiste des loups, des princes et puis des nains.

– Bon sang, reprit le loup, un petit comme toi

Pas plus grand que mon pouce, perdu au fond des bois

Tu viens me dire ici que tu ne me crains pas

Et que je vais ce soir manquer un bon repas ?

Quel est ton nom, petit ? Dis-le-moi fort et haut.

– Je m’appelle bien Charles. Oui mais Charles Perrault.

En entendant ce nom, le loup rempli d’effroi

Disparut à jamais très loin au fond des bois.

(C’est à Paris le Douze du beau mois de Janvier

De Mil six cent vingt-huit que ce grand homme est né.

Il écrivit des contes. Et pour cacher ses peines,

Il était, l’heureux homme, l’ami de La Fontaine.)

 

© Amor-Fati 12 janvier 2013 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


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Ecrit 12 janvier 2013 par Amor-Fati dans la catégorie "Fiction", "Histoire réécrite", "Hommage", "Poème

2 COMMENTS :

  1. By Jacqueline Satterlee on

    Trop mignon 🙂

    Je viens de voir « Inglorious Basterds » avec Brad Pitt, une histoire dans votre style je pense 🙂

    Répondre
  2. By Annie on

    J’adore les Histoires du Grand Méchant Loup ! ! ! ! Et celle-ci, succulente et malicieuse, attendait d’être enfin écrite …

    Répondre

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