juillet 3

On a bien rigolé

thierryMon cher Jean-Mimi,

Un petit mot ce matin pour te donner quelques nouvelles.

Qu’est-ce que je m’emmerde, qu’est-ce que je me fais chier ! Mais c’est pas vrai de se faire chier pareil. Quelle idée j’ai eue de partir. De tout quitter comme ça, sur un coup de tête et de laisser tout le monde un peu perdu, à commencer par moi-même. J’entends vaguement parler de la coupe du monde, mais j’ai pas vraiment de détails précis. Tu sais que la coupe du monde, j’en ai suivi… neuf, dix, douze, je ne sais même plus combien. La dernière, honnêtement, ce n’est pas celle qui m’a laissé le meilleur souvenir. Pour une coupe ratée, c’était une coupe ratée… Là, je ne vois rien. On n’a pas la télé. Alors, lorsqu’il y  a des gens qui arrivent, j’essaie de me renseigner, mais ce ne sont pas toujours des français, je ne parle pas bien les autres langues, ou pire encore, ils ne s’intéressent pas au foot. Ou encore encore pire, mais là on touche au summum, ce sont des femmes. Et chacun sait que les femmes et le foot, ça fait pas bon ménage. A part pour aller nous chercher des bières au frigo !!!

Ah ah ah !!!

Moi, tu sais bien, je me suis barré à la mi-temps. Pile poil entre la dernière coupe et celle-là. Il y a tout juste deux ans. Comme ça, une idée, un caprice. Tu sais que je regrette maintenant, Jean Mimi. Vu ce que j’entends, nos bleus se débrouillent plutôt pas trop mal. On en est peut-être pas à 98, mais il parait qu’on s’en approche. Quand je pense qu’à l’époque, j’avais dit que je pourrais mourir tranquille, je savais pas que j’allais être pris au mot. 14 ans plus tard, d’accord, mais quand même !! Je m’ennuie, je me fais chier. Je cause chevaux avec le gros Zitrone, rugby avec Roger Couderc, vélo avec Chapatte, ça occupe bien mes journées. Mais ballon rond, c’est plus juste, Drûcker n’est pas arrivé. Je me console bien un peu avec Eusebio qui est là depuis quelques mois. On se connaissait bien en bas. On attend Pelé. Ah lui, il va être bien accueilli.

Allez, je te laisse. Je file faire un petit footing dans les nuages. Ici, c’est quand même beaucoup plus facile que chez toi. Bonne fin de coupe, amuse-toi bien, tu me raconteras tout ça plus tard. Mais prends ton temps, Jean-Mimi, et surtout, réfléchis bien avant de poser les crampons, parce que ici, ça devient comme au basket : il n’y a pas de retour en zone possible. Quand tu quittes le stade, c’est définitif.

On a bien rigolé tous les deux quand même !Et c’est ça qui me manque le plus !

Je t’embrasse fort, mon petit Jean-Mimi. Bisous à tous ceux qui me manquent. Tu sais bien de qui je veux parler.

Ton Thierry à qui tu manques.

© JM Bassetti. Ver sur mer le 3 juillet 2014. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

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Ecrit 3 juillet 2014 par Amor-Fati dans la catégorie "Au fil des jours", "Hommage", "Lettres

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