2 décembre 2018

Sous la lanterne.

Un petit texte comme j’en ai déjà fait il y a quelque temps.

Derrière ce texte nostalgique, un peu triste, un peu ringard, un peu pleurnichard, se cache la version française d’une chanson bien connue.

Evidemment, je l’ai écrite un peu à ma sauce, mais l’essentiel de la chanson est bien là. Je vais vous laisser quelque temps, peut-être une semaine, avant de vous donner la solution. 

Attention, ce n’est pas une petite ritournelle chantée comme ça au coin d’une rue. Non… C’est une chanson ultra-connue, qui a fait le tour du monde. Du moins pour sa musique, un peu moins pour ses paroles.

Alors ?

De quelle chanson s’agit-il ? (celles et ceux qui lisent la musique seront avantagés par l’illustration)

La réponse en bas de cette page.


Tant d’années après, me voilà revenu près de la caserne où je fus soldat autrefois. Je me souviens qu’à la nuit tombée, la lanterne là-haut s’allumait et luisait de mille feux. Les feux de l’amour sûrement, de l’amour que nous nous portions mutuellement. Au coin de la rue, sous la lanterne, c’est là que nous nous attendions. Un jour toi, un jour moi. Nous nous espérions, plein d’espoir, espérant juste que l’autre avait pu se libérer pour venir au rendez-vous. Nous aimions nous retrouver.

Tous deux.

Et lorsque nous nous retrouvions, ce n’était que du bonheur. J’oubliais que j’étais soldat et que mes journées étaient longues et terribles. Toi, petit oiseau, tu oubliais ta pauvre condition. Sous la lanterne, nous nous embrassions et plus rien n’existait. Rien d’autre que nos corps enlacés qui ne faisaient plus qu’un dans l’ombre de la lanterne. Nous ne nous lâchions pas, et joue contre joue, nous nous promettions monts et merveilles pour notre vie à venir. Une belle vie, à n’en pas douter. Nous aimions nous embrasser.

Tous deux.

La nuit se faisait de plus en plus sombre, nous marchions dans la vile, main dans la main, sans trop nous éloigner. Comme le temps passait vite ! Comme le temps passe vite lorsque l’on est deux et que l’on est heureux ! Hélas, les heures étaient sombres et le couvre-feu nous obligeait alors à repartir chacun de son côté. Te souviens-tu comme nous étions tristes lorsque la sirène déchirante nous séparait. Tu t’en souviens n’est-ce pas ?

Dis-moi.

La ville a changé, cette ville où je n’étais pas revenu depuis des années. Aujourd’hui, le hasard de la vie a guidé mes pas jusqu’ici. Et la lanterne est toujours là, au coin de la caserne. Et elle s’allume encore lorsque finit le jour. Je suis resté exprès pour m’en assurer. Le quartier n’est plus le même, les voitures ont envahi la ville, les gens ont l’air pressés, occupés à mille tâches. Moi-même j’ai changé. Je ne me sens plus chez moi comme autrefois lorsque nous nous retrouvions. Ai-je tellement vieilli ? Ai-je tellement changé ?

Dis-moi.

Je pense à toi.  Je ne t’ai jamais oubliée. Je ne sais où tu es. Je ne sais avec qui, je ne sais même pas si tu es encore de ce monde, mais souvent, bien souvent, je nous revois tous deux, sous la lanterne. Nous avions vingt ans, nous étions insouciants et nous aimions ces rendez-vous tendres et amoureux. Le temps a passé. Les années se sont succédé et ont laissé des traces sur mon front. Malgré les jours, malgré les ans, lorsque la nuit tombe et que le silence se fait profond, du fond de mon lit il me semble t’entendre, entendre ton pas. Alors je ferme les yeux, je me retourne et te serre dans mes bras. Penses-tu à moi ?

Dis-moi.

Le 4 Avril 1915, le soldat Hans Leip écrit à Berlin le poème « Lied eines jungen Wartpostens » (littéralement « Chant d’une jeune sentinelle ») qui sera immortalisé plus tard sous le nom de Lili Marleen. 

Dans sa version originale, elle a d’abord été interprétée par la chanteuse Lale Andersen en 1938. Les versions les plus populaires ont été chantées en allemand ou en anglais par Marlene Dietrich qui modifia le titre Lili Marleen en Lili Marlene, qui deviendra le titre utilisé en France.

Voici les paroles françaises dont je me suis inspiré pour écrire ce texte (version de Jean-Claude Pascal)

« Devant la caserne
Lorsque vient la nuit,
La vieille lanterne
Soudain s’allume et luit.
C’est dans ce coin-là que le soir
On s’attendait, remplis d’espoir,
Nous deux, Lily Marlène. (bis)
Et dans la nuit sombre,
Nos corps enlacés,
Ne faisaient qu’une ombre
Lorsque l’on s’embrassait.
Nous échangions ingénument,
Joue contre joue bien des serments,
Nous deux, Lily Marlène. (bis)
Le temps passe vite
Lorsque l’on est deux.
Hélas on se quitte,
Car c’est le couvre-feu.
Te souviens-tu de nos regrets
Lorsqu’il fallait nous séparer ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
La vieille lanterne
S’allume toujours
Devant la caserne
Lorsque finit le jour,
Mais tout me paraît étranger,
Aurais-je donc beaucoup changé ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
Cette tendre histoire
De nos chers vingt ans
Chante en ma mémoire
Malgré les jours, les ans.
Il me semble entendre ton pas
Et je te serre entre mes bras,
Lily Marlène. (bis) »

© Amor-Fati 2 décembre 2018 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr
29 octobre 2018

Rien que des mensonges

Hier, sur ma page auteur Facebook, j’ai sollicité mes « amis ». Je leur ai demandé de me proposer une phrase qui pourrait être le début d’un texte. Une phrase, courte ou longue, qu’importe. J’ai reçu une douzaine de propositions. Après les avoir bien regardées, j’en ai retenu une pour aujourd’hui et une pour un prochain texte.

La phrase choisie est celle de mon amie Christelle : Ce matin-là, elle se leva la boule au ventre…

Bonne lecture !! Et comme d’habitude, n’hésitez pas à commenter…


Ce matin-là, elle se leva, la boule au ventre. Elle avait mal dormi, tourné dans le lit pendant toute la nuit. Surtout ne pas le réveiller. Ne pas lui donner la possibilité de la toucher, même de la frôler. Quand il était venu se coucher, elle n’avait pas bougé, avait gardé les yeux bien fermés et s’était appliquée à avoir une respiration régulière. Quand il avait posé la main sur son épaule, elle avait frissonné mais ne s’était pas retournée, n’avait pas réagi. Quand il s’était levé pour partir travailler, elle n’avait pas bronché, pas même quand il avait déposé un baiser près de son oreille.

C’était toujours comme ça. Quand il revenait de « soirée », comme il disait, il était pris d’un accès de mauvaise conscience et cherchait à se faire pardonner. C’était trop dur pour lui. Il fallait qu’il soit câlin et qu’elle soit câline pour qu’il puisse s’endormir apaisé et la conscience tranquille. Qu’importe qu’elle ait passé la soirée devant la télé. Aucune importance qu’elle soit allée se coucher seule et qu’elle ait attendu une partie de la nuit. Du moment qu’elle était gentille au moment où il le désirait. Lui donner de l’amour, c’était lui donner son absolution.

Elle savait que la situation ne pourrait plus durer. Elle avait cru pendant des mois à la partie de poker avec des copains. Elle avait écouté ses bonnes et mauvaises mains le matin, assise dans le lit devant la tasse de thé qu’il lui avait apporté. Toujours cette mauvaise conscience ! Elle s’était réjouie avec lui quand il avait gagné. Elle avait été compatissante et compréhensive quand il avait perdu. Elle avait tout gobé, tout cru, tout avalé depuis trop longtemps. Des mensonges. Rien que des mensonges.

Jusqu’à ce qu’un jour, il oublie son portable sur le lit en allant se doucher. Déjà se doucher avec son téléphone, ça aurait dû l’alerter ! Il s’était allumé et avait affiché la notification « Mathilde : Vivement tout à l’heure ! Je t’aime ». Le monde s’était écroulé en huit mots et en une seconde. Elle l’entendait chanter sous la douche et elle savait qu’il mentait. Et qu’il mentait sûrement depuis longtemps.

Elle avait alors guetté son portable. Et elle avait surpris plusieurs messages du même genre, avec des prénoms différents. Viviane, Margot, Karine… Plus les semaines passaient et plus elle se rendait compte qu’il n’était pas l’homme qu’elle avait connu et qui était venu s’installer chez elle un an plus tôt.

Et elle savait que ce soir, il avait rendez-vous avec une certaine Loona qu’il avait connue sur Facebook et avec qui il correspondait depuis un mois déjà. Elle suivait chaque jour ses conversations sur les réseaux sociaux. C’était facile, son mot de passe était le même sur tous les sites qu’il fréquentait. Il devait la rejoindre dans un café de la place des Tilleuls à 20 h30 pour une coupe, avait-il proposé. « Et plus si affinité », avait-il ajouté finement ! Ce à quoi la belle Loona avait répondu « pourquoi pas ? en ajoutant des petits emojis évocateurs et qui ne laissaient aucun doute sur son accord tacite.

La journée passa très vite. Elle avait tellement à faire aujourd’hui. Pas une minute à elle. Pas une seconde sans rien faire. Il fallait qu’elle soit prête à temps.

A 20 h, son téléphone sonna. Un message : « Poker chez Christophe ce soir. Ca risque de durer un peu. Couche toi, je te retrouve en rentrant. Je t’aime. »

A 20h30, en montant dans sa voiture, elle prit son téléphone et rédigea le message qu’elle avait déjà écrit cent fois mentalement : « Désolée, j’aurai sûrement du retard pour notre petite soirée, je suis partie huit jours au soleil. J’ai fait changer les serrures de l’appartement. Tes affaires sont dans le local à poubelles. Méfie-toi, ils passent dans une heure. Bon poker avec Christophe. Loona. »

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23 octobre 2018

Noé et Papitilo. La panne

Et revoilà Papitilo et son petit-fils Noé pour une cinquième aventure. Si vous avez des enfants, ou des petits enfants qui souhaitent faire un dessin pour illustrer ce texte, ou les autres histoires de Papitilo et Noé, vous pouvez me faire parvenir leurs dessins.

Bonne lecture.


Toc Toc Toc…

Papitilo entre dans la maison.

«  Coucou, c’est moi, annonce-t-il en refermant la porte.

– Entre, papa, entre, je suis dans la cuisine !

– Moi aussi, crie Noé, je finis mon petit déjeuner !

Papitilo retire ses chaussures et les range près du paillasson. En chaussettes, il avance dans la maison, un panier à la main. Sur le dessus du panier, il y a un torchon à carreaux rouge et blanc.

Papitilo embrasse sa fille sur les deux joues et s’approche de Noé.

– Qu’est-ce qu’il y a dans ton panier, Papitilo ? demande Noé…

– Ouh la, c’est pour ce midi, pour le dessert, mais fais-moi un petit bisou d’abord, on verra ça après.

Noé pose sa cuiller sur la table, essuie son bec avec sa serviette et saute au cou de son grand-père.

– Bonjour Grand-père. Aujourd’hui c’est mercredi, je ne vais pas à l’école.

– Je sais bien répond Papitilo, c’est pour ça que je suis venu manger avec vous ce midi.

– A propos, papa, dit la maman de Noé, il me manque quelques bricoles pour ce midi, et il faudrait acheter des chaussons à ce monsieur. Il a encore grandi et ceux-là sont trop petits maintenant. Tu veux bien y aller ? J’ai des tonnes de choses à faire pour le boulot !

– Pas de soucis, on va y aller entre hommes, répond Papitilo en faisant un clin d’œil à son petit-fils.

– Tu n’as qu’à prendre ma voiture, il y a le siège auto pour Noé.

– Bien madame. On va faire comme ça !

– Oui, mon capitaine, répond Noé. A vos ordres, Madame !

– Allez zou, Moussaillon, dit maman. On monte t’habiller ! Papa, fais-toi un café en attendant, on redescend vite !

– Chic, dit Noé en montant l’escalier, je vais aller en voiture avec Papitilo…

Un petit quart d’heure plus tard, tout le monde est prêt. Noé est à l’arrière de la voiture de maman, bien attaché dans son siège enfant et Papitilo se met au volant.

– Tu te souviens bien de tout ? demande maman à Papitilo.

– Oui, bien sûr, un pot de crème, de la salade, des lardons, du jambon et….

– Des chaussons pour Noé, crie le petit garçon en rigolant !!!

– C’est parti, on y va !!

Papitilo tourne la clé et démarre la voiture. Noé agite le bras pour faire coucou à maman qui est restée devant la maison.

– J’aime bien quand c’est toi qui conduis la voiture, dit Noé en rigolant.

– Et moi j’aime bien la voiture de maman, ça me change de mon tacot.

– C’est quoi un tacot, Papitilo ?

– C’est une vieille voiture un peu déglinguée… comme moi !!!

Et les deux complices rigolent très fort. Papitilo regarde Noé dans le rétroviseur et lui fait des grimaces. Le petit garçon répond par d’autres grimaces.

Soudain, la voiture fait un petit bond bizarre. Papitilo arrête de faire le clown. Et la voiture recommence.

– Qu’est-ce qu’il se passe Grand-père ? Pourquoi est-ce que tu secoues la voiture comme ça ?

– Je ne sais pas, c’est bizarre, répond Papitilo.

– C’est pour me faire rigoler ?

– Non, non mon bonhomme. Là, ce n’est pas moi.

Et la voiture recommence. Elle saute, elle fait des bonds. Le moteur a le hoquet. Là, Papitilo ne rigole plus du tout. Et Noé non plus.

– Arrête grand-père s’il te plait ! Arrête de sauter comme ça, c’est pas drôle !

– Mais je t’assure Noé, je te promets que ce n’est pas moi ! On va s’arrêter.

Papitilo met son clignotant et arrête la voiture le long de la route. Heureusement que dans la campagne, il y a de la place et qu’on peut se ranger facilement.

Et là, le moteur s’arrête complètement. Pouf… Un peu de fumée blanche sort du capot. Le silence étonne Noé et son grand-père. Plus un bruit. Il se passe un moment avant que Papitilo ne recommence à parler.

– On va sortir de la voiture, Noé. Il ne faut pas rester là.

– Tu sais réparer les voitures, toi, Papitilo ?

Papitilo rigole.

– Oh non ! Je ne sais même pas ce qu’il y a dans un moteur. Allez viens on descend ! On va se mettre en sécurité.

– Faut prendre les gilets jaunes Grand-Père ! Dans la porte, là !!

– Super, tu sais tout ! Tu es vraiment un grand garçon. Allez viens, on va s’asseoir dans le champ là.

Papitilo appuie sur un bouton pour mettre en marche les feux de détresse puis va détacher son petit-fils et l’aider à descendre de la voiture et à enfiler le fameux gilet jaune.

Assis dans l’herbe, Noé appuyé contre lui, Papitilo sort son téléphone.

– Tu appelles qui, Papitilo ? demande Noé.

– J’appelle maman. Elle va savoir quoi faire !

– Mais elle ne sait pas réparer les voitures maman !

– Non, répond Papitilo, mais elle saura téléphoner au garage.

Et Papitilo fait un gros bisou à son petit-fils.

– Si papa était là, il viendrait nous sauver avec sa voiture.

– Peut-être, mais papa travaille et il ne peut pas venir. Il est trop loin. Et puis je crois qu’il ne sait pas non plus très bien réparer les moteurs. Maman va nous aider, c’est sûr !

Papitilo se lève et marche dans le champ tout en racontant à sa fille ce qui se passe. Noé le suit et essaie de comprendre ce qui se dit.

– Ne t’inquiète pas, di Papitilo au téléphone, Noé est très sage, il ne pleure pas. C’est un grand garçon.

Papitilo remet le téléphone dans sa poche.

– Elle va appeler Monsieur Lebas, le garagiste, il va venir avec la dépanneuse.

Papitilo a à peine fini sa phrase que son téléphone sonne. C’est un message. Il le lit rapidement.

– C’est bon, il est déjà parti, il sera là dans cinq minutes. On a de la chance d’être tout près.

– On va voir une dépanneuse ? demande Noé. Avec le crochet derrière ?

– Oui, je crois bien !

– Trop bien. Ca va être tip top !

Impatient, Noé saute à côté de Papitilo. En même temps, il guette sur la route l’arrivée de la dépanneuse. Soudain, il pousse un cri !

– Le gyrophare, le gyrophare !!

Noé a raison. Au loin, sur la route, on peut apercevoir la lumière orange clignotante du gyrophare de Monsieur Lebas.

Le garagiste accroche la voiture de maman après avoir discuté avec Papitilo.

– Allez hop, dit-il à Noé en lui donnant une petite tape sur les fesses pour l’aide à monter, grimpe là-dedans, il y a trois places à l’avant.

– Mais attache-toi bien, ajoute Papitilo en s’asseyant à côté de son petit-fils.

Noé est ravi. Il regarde les champs alentours et la route du haut de la dépanneuse de Monsieur Lebas.

– Grand-Père, dit-il en tirant la manche de Papitilo.

– Oui, quoi ?

– La prochaine fois qu’on ira faire des courses, on tombera encore en panne ? C’est trop rigolo !! »

 

 

 

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14 septembre 2018

T’as pas un joint ?

Petit dialogue tout à fait authentique entre une vendeuse de chez Boulanger (Elle) et moi (Moi) à propos d’un joint de cocotte minute.

Moi – C’est la cocotte minute de ma femme.
Elle – Elle est ancienne ?
Moi – Qui ? ma femme ?
Elle – Non, la cocotte.
Moi – Je ne sais pas, elle l’avait déjà quand je l’ai connue….
<silence>
Moi – Ma femme, pas la cocotte.
Elle – Et il y a longtemps que vous la connaissez ?
Moi – Qui ? La cocotte ?
Elle – Non, votre femme.
Moi – Ah ! 5 Ans. Donc, maintenant, elle doit avoir au moins 10 ans.
<silence>
Moi – La cocotte, pas ma femme !
Elle – Heureusement !!

Promis juré, ça s’est vraiment passé cet après-midi.

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10 septembre 2018

Ma danseuse

Et voilà septembre et les ateliers de Leiloona qui reprennent. Et c’est avec bonheur que je reprends le collier après un été bien paresseux. Beaucoup d’autres ont travaillé sur cette photo. Allez donc les lire.

Alors voilà la première photo et mon premier texte, dédié bien évidemment à Annie, ma petite femme adorée.

© Gabriel Augusto

J’aurais tant aimé te voir danser.
Sauter, tourner, virer.
Attitude, échappement, piqué.
Tout ce que tu me racontes, passionnée.
De tous mes yeux je t’aurais regardée
Dévorée, enregistrée, mémorisée
Pour ne jamais l’oublier.

Je t’ai pourtant vue danser
Sur toutes les photos que tu m’as montrées
Des instantanés, des moments figés.
Au sol, en l’air, portée,
Légère, souple, envolée.
Je sais que c’était ta vie, ta passion avouée :
Sauter, danser, et encore danser

Hélas, quand je suis arrivé
Ton genou blessé, torturé, opéré
T’avait à jamais interdit de virer,
De sauter, de tourner, de danser.
Mais tu danses dans ma vie depuis cinq belles années
Et même si je ne t’ai jamais vue danser
Tu es et resteras ma danseuse préférée.

A Annie.

 

 

 

 

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