juin 25

Placard (slam)

Quand tu t’ lèves le matin, placard
Qu’tu sais qu’ça sert à rien
Que tu vas te faire chier
Tout au long de la journée
Alors tu l’aimes ton lit
Et t’y resterais si
T’avais pas une conscience
Une p’tite réminiscence
Du temps où tu servais
Du temps où tu bossais.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Au début c’était beau
On te filait du boulot
T’avais l’impression d’servir
A quelqu’chose, de produire
Tu donnais ton avis
Pour un non pour un oui
Même t’avais le sentiment
Que t’étais important
Que si la boite tenait
C’est parce que t’y bossais

Et puis v’là qu’un beau jour
On te dit plus bonjour
Ton téléphone sonne plus
Ta porte ne s’ouvre plus
Les boulots qu’tu sais faire
Et qu’tu faisais hier
On les donne à un autre
Un qu’est même pas des nôtres
Et toi tu comprends pas
Pourquoi ça tourne comme ça.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

On te donne pas de boulot
On te regarde de haut
Les heures passent, tu te lasses
Puis hélas, tu t’effaces
Le temps fuit, tu t’ennuies
Tu t’enfuis, on te nie
Alors tu fais le zélé
Tu joues le débordé
Celui qui n’a pas le temps
Qui court, qui est important

Tu rentres à ton bureau
Et t’attends l’apéro
Tu regardes la pendule
Qui n’avance pas, qui recule
Tu relèves ton courrier
Des fois qu’un mail coincé
Un courrier important
Te remette sur le devant
Mais non, pauvre imbécile
T’es devenu inutile

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Le premier mois c’est sympa
Tu t’en aperçois pas
T’as du temps, t’en profites
Tu t’balades sur des sites
Tu navigues sur le net
Tu fais même tes emplettes
Tu fais des trucs perso
T’es chez toi au bureau
Tu crois qu’t’es en vacances
Alors qu’t’es en souffrance

Mais très vite, c’est l’enfer
Tu t’ennuies, tu galères
T’as plus envie de venir
Pour quoi faire ? Pour dormir ?
Alors tu regardes ailleurs
Vers un avenir meilleur
Tu te dis que ce serait bien
De s’lever le matin
En sachant que ta journée
Sera bien occupée.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Placard, placard,
On m’a mis au placard
Je sais pas trop pourquoi
Mais je m’en aperçois.
Placard placard
Va falloir que j’en sorte
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si je reste là
Je vais crever, mon gars.

© Jean-Marc Bassetti – Saint Aubin le 25 Juin 2015 – Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

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Ecrit 25 juin 2015 par Amor-Fati dans la catégorie "Au fil des jours", "Poème

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