décembre 2

Sous la lanterne.

Un petit texte comme j’en ai déjà fait il y a quelque temps.

Derrière ce texte nostalgique, un peu triste, un peu ringard, un peu pleurnichard, se cache la version française d’une chanson bien connue.

Evidemment, je l’ai écrite un peu à ma sauce, mais l’essentiel de la chanson est bien là. Je vais vous laisser quelque temps, peut-être une semaine, avant de vous donner la solution. 

Attention, ce n’est pas une petite ritournelle chantée comme ça au coin d’une rue. Non… C’est une chanson ultra-connue, qui a fait le tour du monde. Du moins pour sa musique, un peu moins pour ses paroles.

Alors ?

De quelle chanson s’agit-il ? (celles et ceux qui lisent la musique seront avantagés par l’illustration)

La réponse en bas de cette page.


Tant d’années après, me voilà revenu près de la caserne où je fus soldat autrefois. Je me souviens qu’à la nuit tombée, la lanterne là-haut s’allumait et luisait de mille feux. Les feux de l’amour sûrement, de l’amour que nous nous portions mutuellement. Au coin de la rue, sous la lanterne, c’est là que nous nous attendions. Un jour toi, un jour moi. Nous nous espérions, plein d’espoir, espérant juste que l’autre avait pu se libérer pour venir au rendez-vous. Nous aimions nous retrouver.

Tous deux.

Et lorsque nous nous retrouvions, ce n’était que du bonheur. J’oubliais que j’étais soldat et que mes journées étaient longues et terribles. Toi, petit oiseau, tu oubliais ta pauvre condition. Sous la lanterne, nous nous embrassions et plus rien n’existait. Rien d’autre que nos corps enlacés qui ne faisaient plus qu’un dans l’ombre de la lanterne. Nous ne nous lâchions pas, et joue contre joue, nous nous promettions monts et merveilles pour notre vie à venir. Une belle vie, à n’en pas douter. Nous aimions nous embrasser.

Tous deux.

La nuit se faisait de plus en plus sombre, nous marchions dans la vile, main dans la main, sans trop nous éloigner. Comme le temps passait vite ! Comme le temps passe vite lorsque l’on est deux et que l’on est heureux ! Hélas, les heures étaient sombres et le couvre-feu nous obligeait alors à repartir chacun de son côté. Te souviens-tu comme nous étions tristes lorsque la sirène déchirante nous séparait. Tu t’en souviens n’est-ce pas ?

Dis-moi.

La ville a changé, cette ville où je n’étais pas revenu depuis des années. Aujourd’hui, le hasard de la vie a guidé mes pas jusqu’ici. Et la lanterne est toujours là, au coin de la caserne. Et elle s’allume encore lorsque finit le jour. Je suis resté exprès pour m’en assurer. Le quartier n’est plus le même, les voitures ont envahi la ville, les gens ont l’air pressés, occupés à mille tâches. Moi-même j’ai changé. Je ne me sens plus chez moi comme autrefois lorsque nous nous retrouvions. Ai-je tellement vieilli ? Ai-je tellement changé ?

Dis-moi.

Je pense à toi.  Je ne t’ai jamais oubliée. Je ne sais où tu es. Je ne sais avec qui, je ne sais même pas si tu es encore de ce monde, mais souvent, bien souvent, je nous revois tous deux, sous la lanterne. Nous avions vingt ans, nous étions insouciants et nous aimions ces rendez-vous tendres et amoureux. Le temps a passé. Les années se sont succédé et ont laissé des traces sur mon front. Malgré les jours, malgré les ans, lorsque la nuit tombe et que le silence se fait profond, du fond de mon lit il me semble t’entendre, entendre ton pas. Alors je ferme les yeux, je me retourne et te serre dans mes bras. Penses-tu à moi ?

Dis-moi.

Le 4 Avril 1915, le soldat Hans Leip écrit à Berlin le poème « Lied eines jungen Wartpostens » (littéralement « Chant d’une jeune sentinelle ») qui sera immortalisé plus tard sous le nom de Lili Marleen. 

Dans sa version originale, elle a d’abord été interprétée par la chanteuse Lale Andersen en 1938. Les versions les plus populaires ont été chantées en allemand ou en anglais par Marlene Dietrich qui modifia le titre Lili Marleen en Lili Marlene, qui deviendra le titre utilisé en France.

Voici les paroles françaises dont je me suis inspiré pour écrire ce texte (version de Jean-Claude Pascal)

« Devant la caserne
Lorsque vient la nuit,
La vieille lanterne
Soudain s’allume et luit.
C’est dans ce coin-là que le soir
On s’attendait, remplis d’espoir,
Nous deux, Lily Marlène. (bis)
Et dans la nuit sombre,
Nos corps enlacés,
Ne faisaient qu’une ombre
Lorsque l’on s’embrassait.
Nous échangions ingénument,
Joue contre joue bien des serments,
Nous deux, Lily Marlène. (bis)
Le temps passe vite
Lorsque l’on est deux.
Hélas on se quitte,
Car c’est le couvre-feu.
Te souviens-tu de nos regrets
Lorsqu’il fallait nous séparer ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
La vieille lanterne
S’allume toujours
Devant la caserne
Lorsque finit le jour,
Mais tout me paraît étranger,
Aurais-je donc beaucoup changé ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
Cette tendre histoire
De nos chers vingt ans
Chante en ma mémoire
Malgré les jours, les ans.
Il me semble entendre ton pas
Et je te serre entre mes bras,
Lily Marlène. (bis) »

© Amor-Fati 2 décembre 2018 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr


Copyright 2018. All rights reserved.

Ecrit 2 décembre 2018 par Amor-Fati dans la catégorie "Au fil des jours", "Histoire réécrite

2 COMMENTS :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *