Tonton Ernest

Travailler sur sa généalogie, remonter les années, les générations.
Des noms, des prénoms, des dates de naissance, de mariage, de décès.
Des lieux. Faut pas se mentir, nos ancêtres ne bougeaient pas beaucoup.
Des fois on peut même se demander comment ils arrivaient encore à trouver des époux ou des épouses dans un si petit village. Alors, forcément des fois, il y a des recoupements. « Tiens, celui-là, je l’ai déjà vu quelque part ! »
Et puis, en regardant bien, le mari de la Yvette de 25 ans, c’était déjà le premier mari de la Marie. Il l’avait épousée il y a 22 ans. Ah bon, alors elle a 25 ans et il en a 47 ?
Qu’importe ! Il fallait bien que les femmes trouvent des hommes pour nourrir leurs enfants si elles se retrouvaient veuves.
Et il fallait bien que les hommes trouvent des femmes pour s’occuper des petits que leur épouse décédée en couches du huitième (en douze ans) leur a laissés.
Et en fait, quand on fait le bilan, en dehors d’un arbre de morts, on ne connait pas grand-chose de nos ancêtres.
Des métiers, toujours plus ou moins les mêmes : laboureur, cultivateur pour les hommes, ménagères, tisserandes, filandières pour les femmes.
Très peu de photos dans la Bretagne profonde de mes aïeux.
Mes arrière-grands-parents, c’est tout !
Pas tout à fait.
Parce qu’il y a l’Oncle Ernest. Celui qui a sa photo encadrée dans la chambre de mes parents. Une belle photo où on le reconnait soldat de la troisième compagnie. Marin, comme beaucoup de Bretons. Né en 1894, douze ans avant ma grand-mère. Quatrième enfant d’une fratrie de dix !
Un tonton qui a voyagé. Il n’est pas resté dans son village comme toute sa famille. Non, avec plein de copains à lui, il a quitté famille et travail pour aller faire son devoir de citoyen. Son devoir de soldat.
Et à vingt et un ans, il a reçu une balle en pleine tête. A Nieuport, en Belgique !
Ça ne donne pas envie de quitter son village hein ?
Alors, c’est drôle, mais c’est celui qui est un peu sorti du lot. Ses frères ont été marins aussi pour la plupart, mais lui, décédé en 1915, est un peu le héros de la famille.
Je ne sais pas à quel moment il a posé pour cette photo, mais il a drôlement bien fait.
Il trône donc au mur près du lit de mes parents.
Et il a son nom sur le monument aux morts de Pludual.
Vive Tonton Ernest ! Mort pour la France !
![]()
Un commentaire
Nath
Il pourrait ressembler au mien. Que des marins et peu d’enfants par foyer ce qui les différenciaient des paysans qui faisaient beaucoup d’enfants !
Mes deux grands-pères ont rejoint l’Angleterre à l’appel du général De Gaulle mais ils ne sont pas morts à ce moment-là.
Côté Pascal, son arrière-grand-père maternel a fait la première guerre.Très malade en 1916, il est rentré chez lui, pour mourir de la scarlatine quelques jours plus tard.