Amor-Fati,  Au fil des jours

La côte de Monrepos portait bien mal son nom – 2

et voici, je sais que vous l’attendez tous, la fin de ce merveilleux texte plein d’humour : La côte de Monrepos portait bien mal son nom…

Pour rappel, la première partie est ici (cliquez sur ce lien)


Arrivé à hauteur du cycliste, Maxime ouvrit sa fenêtre.

« Salut Pascal, ça fait une paye qu’on ne s’est pas vus !

– Je pense bien, peut-être depuis août dernier, pendant les vacances, répondit Pascal en s’essuyant le visage avec un mouchoir en papier.

– Faut dire que nos horaires ne sont pas vraiment compatibles.

– Sûr ! Ca va chez toi ?

– Pas de soucis, moi j’attends les vacances comme tout le monde. On part à La Baule cet été. Audrey a loué un gîte pour quinze jours pas trop loin de la plage. Les enfants vont être contents. Et vous, des projets ?

– Comme d’habitude, on part en camping. Le même que d’habitude, dans les Landes. Annie adore ce coin. Il faut dire qu’on est tranquilles. Moi, je vais à la pêche avec François. Quinze jours seulement, histoire d’en garder un peu pour les fêtes de fin d’année.

– Parfait, parfait, répondit Maxime en soulevant sa casquette pour se gratter le haut du crâne déjà dégarni. Mais qu’est-ce que tu fais ici à cette heure-là ? Tu as posé une journée de congé ?

– Non, ça tombe bien que tu sois là, je suis passé chercher le courrier. J’attends un colis. Dimanche, c’est l’anniversaire d’Annie et je lui ai réservé une belle surprise. Il doit y avoir un colis. Je suis venu le prendre et le cacher avant qu’elle rentre ce soir.

– Ah oui, c’est vrai, confirma Maxime. Il y a bien un colis. Et puis deux lettres aussi… Oh, comme d’hab, une lettre de la banque et une pub je crois.

– J’espère qu’elle va être contente, ajouta Pascal.

– Ben oui, d’autant que c’est un gros colis. Mais ne t’inquiète pas, j’ai fait le nécessaire. Bientôt quinze ans de métier, je sais bien ce qu’il faut faire.

– Je te fais confiance. Chacun son boulot !! Allez, Maxime, ça m’a fait plaisir de discuter un peu avec toi, mais  je dois pas traîner, je rentre, je récupère le colis, je le planque, je prends un bout de pain et je refile chez Garnier. A peine le temps d’aller pisser si je veux être à l’heure pour la reprise.

– Ouais, je te retarde pas alors. Moi aussi ça m’a fait plaisir de te voir, c’est pas si souvent !!

– A la prochaine, passez nous voir avec Audrey un de ces quatre. Début juillet, on se fera un barbecue !

– D’accord, dit gaiement le facteur. A bientôt !

– Salut ! » conclut Pascal en  enfourchant son vélo.

Maxime démarra en laissant échapper derrière lui un énorme nuage de poussière. Il freina soudainement et klaxonna. Pascal se retourna. Il aperçut la tête encasquettée de Maxime qui dépassait de la fenêtre.

« Et bon anniversaire à Annie de ma part !!

– J’y manquerai pas ! Salut ! »

De bonne humeur, Pascal redémarra et arriva devant la boite aux lettres. Il savait d’avance où il allait cacher le cadeau. Dans l’abri de jardin, bien à l’abri derrière la brouette. Il attendrait là deux jours au milieu des outils de jardin.

Arrivé devant la boite aux lettres, Pascal descendit de son vélo, remonta son pantalon qui avait une fâcheuse tendance à descendre, renifla et fouilla dans sa poche. Le trousseau de clés était bien là. Bientôt une heure moins le quart, pas le temps de trainer.  Il fallait faire vite. Il repéra la clé de la boite aux lettres, l’inséra dans la serrure et ouvrit la porte.

Là, la surprise le fit lâcher son vélo qui tomba dans un bruit de ferraille. Dans la boite aux lettres, il y avait effectivement des lettres, mais pas de colis. Pascal se rassura lui-même.

« Maxime m’a dit que c’était un gros colis, il a dû le poser à l’abri devant la porte d’entrée. »

Laissant là son vélo, Pascal se saisit du courrier, referma la boite aux lettres et s’avança vers la maison. Machinalement, en avançant, il jeta un coup d’œil sur les lettres qu’il avait en mains.

Une lettre de banque, effectivement. Pascal la plaça en dernier dans sa main. Apparut alors une enveloppe à l’entête d’une grande surface. Sûrement une pub en effet. Comme pour la première lettre, il la fit glisser dans sa main et découvrit le dernier papier.

Un avis de passage du facteur. Tout ce qu’il y avait d’officiel. Jaune poste avec le baratin habituel préimprimé. Maxime avait juste ajouté à la main « Colis », « Absent » et « Lundi 14 mai à partir de 9h00 », date à laquelle le colis pourrait être retiré au bureau de poste.


Texte écrit après avoir lu sur le site Viedemerde.fr le message suivant :

« Aujourd’hui, en voulant me garer dans la cour de ma maison, j’y croise la voiture du facteur. Échange de banalités sur le temps, puis il repart. Je vais donc à ma boîte et y trouve un avis de passage du même facteur pour aller retirer mon colis. VDM »

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