Se souvenir de la grande Histoire a parfois du bon.
Attendez la fin de ce texte pour comprendre le titre.
En attendant, un peu d’histoire de France…

Nous sommes en avril 1314, le Pape Clément V vient de rendre son âme à Dieu.
Normalement, les cardinaux du monde chrétien devraient se réunir pour élire un successeur à Clément V.
Mais rien ne presse et ils se font un peu tirer l’oreille et traînent. Aucune raison de se dépêcher, l’arrivée d’un nouveau Saint Père peut bien attendre. D’autant que plusieurs clans s’opposent, chacun avec un candidat que les autres refusent évidemment. Les Italiens d’un côté ; les Gascons de l’autre, et les Français d’un troisième côté. Ils tentent bien de se mettre d’accord entre le 1er mai et le 2 juillet 1314, mais se séparent sur un aveu d’échec en plein milieu de l’été.
Et rien ne va se passer pendant deux ans. Deux ans durant lesquels les cardinaux dont la tâche principale est d’élire un pape, ne le font pas.
Mais la mort d’un homme va tout changer.
Le roi de France Louis X (dit le Hutin) meurt le 5 juin 1316 et son frère Philippe, comte de Poitiers devient régent de France car Clémence de Hongrie, veuve de Louis X, est enceinte. Si l’enfant est un garçon, c’est lui qui sera roi, si c’est une fille, Philippe a toutes ses chances. Alors, pour être certain d’être le meilleur favori pour la course au trône, il lui faut un pape pour le consacrer.
Et vite.
Entre temps, en mars 1316, les cardinaux décident enfin de se mettre au travail. Mais une nouvelle fois, ils n’y mettent pas de bonne volonté et n’arrivent pas à se mettre d’accord.
Alors Philippe V prend une décision radicale. Il fait fermer les portes du couvent dominicain dans lequel sont réunis les cardinaux et installe une garde sévère tout autour du bâtiment. Interdiction absolue aux cardinaux de sortir tant qu’un pape n’aura pas été désigné.
Au début, les religieux s’en moquent un peu et continuent à se jouer du roi. Mais celui-ci durcit les conditions de vie des cardinaux. Il restreint la nourriture, rend plus difficile le couchage et la vie quotidienne des ecclésiastiques. Les choses deviennent difficiles et au bout de cinq mois, tout de même, ils finissent par élire Jacque Duèze, le plus malade et le plus faible des candidats. « Il ne durera pas longtemps, pensaient-ils, il est trop mal en point ! » Mais Jacques Duèze a joué le souffrant pour être élu. En fait, il va très bien et devient pape sous le nom de Jean XXII. Il le restera dix-huit ans !
Alors moi, à la lumière de cet épisode de l’histoire de France, je me dis :
Et si on enfermait les députés dans l’assemblée nationale en leur disant « Vous ne sortirez que quand vous aurez donné un budget à la France ? Arrêtez vos conneries et vos petites bagarres intestines et faites ce pour quoi vous avez été élu. » On coupe le WIFI et la 5G. On les isole. Plus de téléphone, restriction de la bouffe, fermeture de la buvette.
Je suis certain qu’au bout de peu de jours, on arriverait à un compromis et qu’il sera inutile de jouer du 49.3 !
En voilà une idée qu’elle est bonne non ???
Se souvenir de la grande Histoire a parfois du bon.
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5 commentaires
Nath
C’est une idée de génie, tu veux dire
Allez hop, en quarantaine
Quand tu vois l’embonpoint de la plupart, c’est la syncope hypoglycémique en moins de quatre heures
Il faudrait encore faire déplacer tous les SAMU de Paris
Ah non, deux petits sucres et hop, au boulot
JEAN-MARC BASSETTI
Merci Nathalie de ce retour.
Comment faire parvenir ce texte à Macron ou à Lecornu ?
Gilles
Alors c’est pour ça que Jean Lasalle joue au moribond depuis tout ce temps ?
JEAN-MARC BASSETTI
Jean Lassale pape ? Je voudrais bien voir ça !!
Loïc LE DÛ
Bien vu. L’idée pourrait être soumise au courrier des lecteurs de Ouest-France.