Bonjour.

Confinement oblige, comme tout le monde, je suis chez moi. Après la lecture, la télé, le ménage, la cuisine, le jardin et la douche, il devrait me rester chaque jour un peu de temps pour écrire. C’est pile au moment où je me disais ça que mon amie Alexandra a eu l’idée de créer « Écrire aux temps du Corona ». L’atelier Bricabook, ça rappelle quelque chose à certains ? J’y ai participé chaque semaine pendant deux ans. Merci à toi Alexandra !!

Alors, voila: une photo un texte.

Et pour commencer, un texte en 1000 caractères !


Un immense voilier à trois mats. Il était là, au loin, majestueux. C’était autre chose que les supertankers et autres immenses pétroliers qu’on avait l’habitude de voir à l’horizon.

Revenait-il des Indes, chargé d’épices ?

Revenait-il d’Espagne, les cales pleines de vin du Rioja et d’oranges sanguines ?

Où allait-il ? En Irlande ? Dans les pays baltes, scandinaves ? En Russie ? Au Pôle Nord ?

Quel équipage dirigeait ce voilier ? J’imaginais des marins tatoués, comme on les voit dans les films. Gros bras et tonneaux de rhum. Mon imagination voguait au temps des pirates et des corsaires ! Ah, quand l’imagination travaille ! Des pirates en 2020, ça n’existe pas ! Ça se saurait !

Je l’ai longuement regardé, admiré. J’ai rêvé de longues minutes devant ses voiles bariolées gonflées par le vent portant.

J’ai alors eu l’idée de le prendre en photo pour que mon père puisse l’admirer, lui qui adore les bateaux de l’ancien temps ! J’ai pris mon Olympus argentique. Comme il y a vingt ans, avant l’arrivée du numérique. Kodak 24 poses. 100 ASA. Dernière photo de la pellicule. Pas de droit à l’erreur. Il fallait qu’elle soit réussie.

Pourquoi ma fille est-elle arrivée juste au moment où je déclenchais ?


Comme moi, vous l’avez vu ce bateau ?

Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.

© Amor-Fati 17 mars 2020 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr