Catégorie : Poème

Écrire aux temps du Corona (jour 10): Léon le dindon

Atelier d’écriture proposé par le site Bricabook.

Je l’appelais Léon
Le Dindon
De mon Tonton
Gaston.

Il mangeait des limaçons
Des moucherons
Du jambon
Des oignons.

Quand maman Marion
Appelait Tonton Gaston
Elle posait des questions
Sur Léon

A Noël mon Tonton
Gaston
Est venu à la maison
Pour le réveillon

– Tu l’aimes bien Léon ?
Me demanda Tonton.
– Oui Tonton Gaston.
– Alors prends-en un pilon !


Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.


Écrire aux temps du Corona (jour 8): Sakura

Atelier d’écriture proposé par le site Bricabook.

J’espère que vous allez toujours tous bien. Vous et les vôtres.

Jolie photo de printemps ce matin. Mais interdiction de parler du printemps, nous a dit Alexandra.

Donc, il ne sera pas question de printemps !

Bonne lecture à toutes et à tous.


 

On te nomma Sakura
Tu naquis à mi-mars
Au cœur du japon ancestral
Tout le monde t’admira
Tu étais tellement légère
Tellement fraiche
Tellement jolie
Au teint si clair.

On vint donc de Tokyo
De Kyoto
D’Osaka
De Kobe
Pour te voir
Pour t’admirer.
Sans tarder.

A la fin du ce mois
Tu mourus
Comme tous les ans
Laissant place à une sphère
Rouge
Sans beauté
Sans clarté
Que plus personne
Ne regarda.

Et puis l’an prochain
A la mi-mars
On te retrouvera
Rose, légère
Claire et brillante
On reviendra te voir.
Comme nous les ans
Nous aurons pris une année.
Tu n’auras pas changé.
Et tout le monde t’admirera
Sakura.

(En japonais, Sakura est le nom de la fleur de cerisier. Les sakura sont en effet la personnification même de l’éphémère. Leur pétales ne se laissent admirer que sous une très courte période, et leur passage éclair sur terre renvoie alors indubitablement celui qui les admire à sa propre mortalité.)


Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.

 

 

 


Écrire aux temps du Corona (jour 5): La Chouette, l’Araignée et le Serpent.

Moi, sur ce tronc d’arbre, j’ai vu Une Chouette et un Serpent.
Mais une Araignée s’y promenait aussi.
D’où cette fable…Prenez-en de la graine !!
Bonne journée.


 

Une Chouette, ayant peu à dîner
Car elle était couchée
S’en alla crier famine
Chez l’Araignée sa voisine.
« Je ne suis pas fine bouche
Auriez-vous une mouche
Pour mon prochain repas ?
Mon Hibou ne peut pas
Chasser rats ou mulots
Il s’est cassé le dos.
En volant bien trop bas
Il a heurté un chat. »

Mais l’Araignée n’est pas aimable
Elle est même carrément irritable.
« Des mouches, j’en ai une bonne centaine
Dans mon frigo au fond de ce vieux chêne
Mais je ne les partage pas
J’en mange dix à chaque repas. »
La Chouette courroucée,
Par ce discours blessée
Appela un serpent qui se nommait Robert
Et d’une unique bouchée la rapide vipère
Avala l’araignée
Elle fut vite digérée..

Moralité.

Faut pas faire chier la chouette
Quand elle a l’estomac dans les chaussettes.


Voilà…. A chaque jour suffit sa peine.
Commentez si vous voulez.
Portez-vous bien.
Prenez soin de vous.
Et des autres.
A demain.

 


Ma danseuse

Et voilà septembre et les ateliers de Leiloona qui reprennent. Et c’est avec bonheur que je reprends le collier après un été bien paresseux. Beaucoup d’autres ont travaillé sur cette photo. Allez donc les lire.

Alors voilà la première photo et mon premier texte, dédié bien évidemment à Annie, ma petite femme adorée.

© Gabriel Augusto

J’aurais tant aimé te voir danser.
Sauter, tourner, virer.
Attitude, échappement, piqué.
Tout ce que tu me racontes, passionnée.
De tous mes yeux je t’aurais regardée
Dévorée, enregistrée, mémorisée
Pour ne jamais l’oublier.

Je t’ai pourtant vue danser
Sur toutes les photos que tu m’as montrées
Des instantanés, des moments figés.
Au sol, en l’air, portée,
Légère, souple, envolée.
Je sais que c’était ta vie, ta passion avouée :
Sauter, danser, et encore danser

Hélas, quand je suis arrivé
Ton genou blessé, torturé, opéré
T’avait à jamais interdit de virer,
De sauter, de tourner, de danser.
Mais tu danses dans ma vie depuis cinq belles années
Et même si je ne t’ai jamais vue danser
Tu es et resteras ma danseuse préférée.

A Annie.

 

 

 

 


Le bateau de Rimbaud

Bien.. Quelques jours de maladie et j’abandonne l’atelier, ce n’est pas possible ça… 
Hop, la crise est passée, il faut rattraper le retard.
Ce texte aurait dû être écrit il y a deux semaines. Je savais ce que j’allais écrire, il me suffisait de m’y mettre.
Voilà, bonne lecture de ce nouvel atelier de Bricabook. Les autres textes peuvent évidemment encore être lus.
Bonne lecture !!


Photo de Caroline Morant

 

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Naviguant tristement sans élan, sans ardeur
Je la vis s’approcher, et je pensais possible
D’imaginer l’amour, d’espérer le bonheur.

Voilà longtemps déjà que mon bel équipage,
Avait fui la cabine, nul homme ne me guidait
Et je voyageais seul, de courant en rivage
Le ruisseau me portait, j’allais où je voulais.

Elle était là, paisible, sa voile déployée
Se voyait à dix lieues, elle prenait le vent.
Moi, la vieille péniche, je voulus m’approcher
Oubliant mon état, rouillé et décadent.

J’avançai donc ma proue pour un baiser intime
Espérant bien frôler la belle au fil de l’eau
Me voulant conquérant, je devenais victime
Elle vira de bord et me tourna le dos !

Alors de désespoir, je partis en silence
M’échouer sous les saules où je pourrais survivre
En buvant tout le jour de la mauvaise essence
Et de fringant navire, je devins bateau ivre.


Nul besoin de vous expliquer d’où m’est venue l’inspiration.

Notez juste que, sauf dans la dernière strophe, j’ai respecté les rimes du grand Arthur.

Mais je me suis contenté de 5 strophes, n’ayant pas le talent d’en écrire 25 comme pour l’original !


Le doux pays des fleurs

Des fleurs, des plantes… Une serre.. Est-ce un laboratoire ? Le reste d’une société après le chaos ? Chacun des membres de l’atelier de Leiloona (Bricabook) aura sa version. Je vous livre la mienne. Comme d’habitude, vos commentaires sont les bienvenus.


© Emma Jane Browne

Arrête-toi, voyageur !
Voici un lieu en tous points enchanteur.

Tu n’entendras aucune clameur
Aucune peur, nulle douleur
Tu n’y verras ni empailleur
Ni enquiquineur
Ni encaisseur, ni explorateur
Pas non plus d’escamoteur, d’escaladeur, d’envahisseur
De sénateur.

Mais de la chaleur
Une superbe lueur
Nuit et jour de la couleur
De la lenteur, du labeur
Du bon cœur,
En un mot, un bonheur ravageur
Des odeurs, des vapeurs.

Car en ce lieu de douceur
On trouve des tuteurs
Des horti et des api culteurs
Des racomodeurs d’odeurs
Des composteurs d’humeurs
Des redresseurs de pois de senteur,
Des réparateurs, des arroseurs.

Bienvenue à toi voyageur
Dans le paradis des odeurs
Tu vas croiser, mon cher flâneur
Des Dames d’onze heures
Des Euphorbes des pêcheurs
Des Ficoïdes à feuilles en cœur
Des Véroniques à cœur de beurre.

Bienvenue aux pays des senteurs
Bienvenue aux doux pays des fleurs.


Renaissance

Je vous offre des alexandrins ce matin pour commencer la semaine.
Une photo, quelques mots, c’est le slogan de l’atelier de Bric à Book que vous connaissez bien maintenant !!
Alors bonne lecture dans ce texte court.
En bas de page, une explication tirée de Wikipédia vous rappellera, si besoin, ce qu’était ce fleuve.


© Emma Jane Browne

Je ne sais qui j’étais, si j’ai assassiné
Mon père, ma mère, mon frère, un enfant égaré,
Si j’étais un tyran, un despote éclairé,
Si j’étais général, César, ou bien Pompée,
Responsable de guerres, de mille atrocités.
J’ai sûrement arrêté, trahi et torturé
Des milliers d’innocents, achevé des blessés.
C’est sûr que j’ai volé, joué, dilapidé
Des fortunes, des bracelets, des bagues ou des colliers,
J’ai frappé, dérobé, violé, cambriolé.

J’étais le pire des pires, pareil à Lucifer
C’est pour ça que dix siècles j’ai grillé en enfer.

Je ne sais pas comment, je me suis réveillé
Au bord de la rivière, nu, seul, abandonné,
J’avais froid, j’avais faim. Je me suis retourné :
La porte des enfers était bien refermée.
J’entendais derrière elle les plaintes des damnés.
Pour moi c’était fini, je pouvais retourner
Sur la terre des humains. On m’avait pardonné.
Mais avant de renaître, il fallait oublier
Les erreurs du passé. Boire les eaux du Léthé,
Marcher vers la lumière et tout recommencer.

 

Dans la mythologie grecque, Léthé, fille d’Éris (la Discorde), est la personnification de l’Oubli. Elle est souvent confondue avec le fleuve Léthé, un des cinq fleuves des Enfers, parfois nommé « fleuve de l’Oubli ».

Après un grand nombre de siècles passés dans l’Enfer (le royaume d’Hadès), les âmes des justes et celles des méchants qui avaient expié leurs fautes aspiraient à une vie nouvelle, et obtenaient la faveur de revenir sur la terre habiter un corps et s’associer à sa destinée. Mais avant de sortir des demeures infernales, elles devaient perdre le souvenir de leur vie antérieure, et à cet effet boire les eaux du Léthé, qui provoquaient l’amnésie.

Le Léthé coulait avec lenteur et silence : c’était, disent les poètes, le fleuve d’huile dont le cours paisible ne faisait entendre aucun murmure. Il séparait les Enfers de ce monde extérieur du côté de la Vie, de même que le Styx et l’Achéron les en séparaient du côté de la Mort. La porte du Tartare qui ouvrait sur cette rivière était opposée à celle qui donnait sur le Cocyte.

 

 

 


Le temps emporte tout

Et si tu m’écrivais ?
Un p’tit mot, un texto
Comme ça, pour rien
Pour savoir si j’vais bien
Si j’suis en bonne santé
S’il m’est rien arrivé
Si j’vais finir l’année.

Et si tu m’appelais
T’as bien mon numéro
Comme ça, pour rien
Pour que j’entende ta voix
Me dire que c’est bien toi
Que j’dois pas m’inquiéter
Que tu ne m’as pas oublié.

Et puis, si tu passais ?
A l’heure de l’apéro
Comme ça, pour rien
Pour partager une bière
Raconter  tes misères
J’aime bien quand tu es là
J’aime bien être avec toi.

Le temps emporte tout
Les rêves et les  souvenirs,
Les larmes et les sourires
Mais aussi, et surtout,
Les mots qu’on ne s’est pas dits
Les coups qu’on n’ a pas bus
Les rires qu’on n’a pas eus


Ombre et lumière

Habitués de ce blog, vous le savez que le lundi, c’est le jour de Leiloona, de Bricabook et de sa photo à commenter, à inventer. Ce lundi ne déroge pas à la règle. J’ai repris le boulot, pour la dernière année. J’ai repris également les ateliers après deux mois de non-écriture. Commençons par une photo de la fête. Bonne semaine.

La roue tournemanege
La vie tourne
Parfois la lumière
Parfois le sombre
L’obscurité
Le jeu
La musique
L’ivresse
Le tournis

Dans la lumière
On te voit
Tu tournes avec les autres
Tu ris fort
Pour qu’on t’entende
Tu t’enivres
Insouciant
Entrainé par la folie
De la vie

Descends du manège
Fais deux pas en arrière
Loin de la lumière
Eloigne toi un peu
Et tu verras
Comme on t’oublie
Comme on te nie.

Profite de la fête
Te prends pas la tête
Tourne manège
Qu’il pleuve ou qu’il neige
Profite de la vie
Quand elle te sourit
Un pas de côté
Et on oubliera
Ce que tu as été
A dix pas de la piste
On oubliera que tu existes.

 


Le creux de ton cou.

douceur2C’est la corne d’abondance
Des senteurs et des parfums.
Je le reconnaitrais entre mille
Le tien.

Long, élégant et gracieux
J’aime y blottir mes yeux,
J’y vois la paix et le beau temps
Sans fin.

C’est une niche, une cachette
Un refuge, un abri doux
Je m’y enfouis pour m’endormir
Serein.

Si ma nuit est agitée
J’y trouve toujours le repos
Lui seul m’apaise et me rassure
Si bien.

C’est une clairière sous tes cheveux
Une prairie tendre et fleurie
Où galopent mes baisers
Mes mains.


J’ai comme une envie…

pommier2

Je n’entends plus la peur
Je n’entends plus la haine
Je ne vois plus l’horreur
Je ne sens plus la peine

J’ai envie de m’ouvrir
J’ai envie de chanter
Pas envie de mourir
Pas envie de pleurer

Je ne veux plus de cris
Je ne veux plus de pleurs
J’en ai marre des folies
J’en ai marre du malheur

Fatigué de la guerre
Fatigué des tueries
Fatigué des misères
Fatigué des conneries

Écouter le printemps
Regarder le ciel bleu
Sentir souffler le vent
Faire semblant d’être heureux

S’étendre sous un pommier
Et puis pour un instant
Oublier les guerriers
Et dormir calmement


Je suis …

Je suis Charliejesuis
Je suis Paris
Je suis Belgique
Je suis Liban
Je suis Israël
Je suis Mali
Je suis Burkina Fasso
Je suis Côte d’Ivoire
Je suis Syrie
Je suis Turquie
Je suis Tunisie
Je suis Maroc
Je suis Algérie
Je suis Palestine
Je suis Egypte
Je suis Londres
Je suis Boston.

Je suis Canada, Australie,
Koweit, Pakistan
Je suis Yemen
Arabie Saoudite
Afghanistan.

Je suis Europe
Asie
Océanie
Afrique
Amérique

Je n’ai pas de nation
Je n’ai pas de religion
Je n’ai pas de couleur
Je n’ai pas de pays.

Je suis tout le monde
Tous ceux qui tombent
Sous les bombes.

Hommage des dessinateurs sur le site de Courrier International

brux

 

 


Parapluie noir et mouchoir blanc

Lundi. Bricabook.
Comme chaque semaine, merci à Leiloona de nous proposer une image pour faire fonctionner nos neurones.
Sur cette page, vous trouverez les textes et les liens des autres participants.
Voici ma participation (pas très gaie, je l’avoue…)

bricabook

Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.
Le dos vouté par les années
Il faut marcher sans s’arrêter.
La mort attrape les immobiles
Les plus chétifs, les plus fragiles
Alors qu’importe le pourquoi
Il faut marcher droit devant soi.

Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.
Tu as vécu ta vie entière
A travailler, à être mère.
Ton mari mort l’année passée
Tes deux fils t’ont abandonnée
Te voilà seule à petits pas
A avancer vers ton trépas.

Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.
Lorsque la mort t’emportera
Petit fourmi, qui pleurera ?
Que l’on soit riche ou sans le sou
La grande faucheuse emporte tout
Parapluie noir et mouchoir blanc
Passe la vie, passent les ans.


Insomnie

On est lundi. Et vous le savez, le lundi est consacré à la photo du site Bricabook.

Cette semaine, deux contraintes: la photo et un thème obligatoire: le harcèlement de rue.

L’Université de Toulon organise cette semaine une manifestation autour de la question du sexisme et du harcèlement de rue. Les textes de l’atelier feront l’objet d’une exposition durant toute la semaine. Et, pour illustrer le débat (qui clôturera une semaine d’évènements culturels) les textes seront lus sur scène par des étudiants de l’atelier théâtre.

rue

Quand je suis passée près de toi
Je ne demandais rien,
Je ne voulais rien.
Je voulais juste
Rentrer chez moi
J’étais crevée,
Fatiguée, usée.

Quand je vous ai vus
J’ai joué l’aveugle
J’ai regardé droit devant moi
Fixé un point qu’existait pas
Je sentais vos regards
Insistants et vulgaires,
Et malgré mon manteau
Je me sentais nue,
Je me sentais nulle.

Quand tu t’es approché
Je me suis refermée
T’as demandé où j’allais
Si j’avais pas peur toute seule
Tu m’as dit que j’étais belle
Que j’avais de beaux yeux
Et un beau bonnet blanc
Que ton copain était timide
Qu’il était amoureux de moi
Mais qu’il n’osait pas
Il rigolait. Toi tu parlais.

Quand tu t’es aperçu
Que je ne répondais pas
Que je ne ralentissais pas
Tu as parlé plus fort.
Tu m’as dit que j’étais moche
Que j’avais un gros cul
Que j’étais rien qu’une salope
Avec mes sales collants
Et mon vieux bonnet blanc
Que je faisais exprès
D’allumer les mecs du quartier

Quand ta main m’a touchée
J’ai retiré mon bras
J’aurais voulu crier
J’aurais voulu courir
J’ai cru que j’allais vomir
J’ai cru que j’allais mourir
J’aurais voulu m’enfuir
Mais j’étais paralysée
Tétanisée.
C’est ça la peur
La terreur
Toi tu sais pas…

Pourquoi tu m’as dit ça ?
Pourquoi tu m’as fait ça ?
Dans la nuit je t’entends
Dans la nuit je te sens
Ton regard m’a salie
Tes mots m’ont humiliée.
Si ça se trouve en ce moment
Vous recommencez
Les mêmes gestes
Le même crime
Avec une autre nana
Avec une autre victime,
C’est tellement facile
Tellement bas.

Et pendant ce temps là
Moi qui ne demandais rien
Moi qui ne voulais rien,
Je suis seule dans mes draps
L’heure tourne
Et je ne dors pas.


Lui, je ne sais pas, mais moi je sais

Il est encore in uteroprenoms
Petit enfant, petit coco
Maman le garde encor au chaud.
Papa et elle ont bien choisi
Un joli nom pour leur petit.
Mais top secret, ils n’ont pas dit
Le doux prénom du p’tit mimi.

Sera-t-il Lou ou Mathéo,
Gabin, Mathis ou Lorenzo,
César, Léon ou bien Léo,
Eliot, Mouloud ou Désiré ?
Il y a deux nuits, j’ai même rêvé
Que sans son arche, il serait Noé.

Ce qui est sûr c’est qu’c’est un gars.
Un dur, un vrai, comme son papa
Alors, Gaston ou même Lucas ?
Il faut trouver en bref, en somme,
Un petit nom pour un p‘tit homme
Pourquoi pas Max, Loris ou Tom ?

Un nom en o, un nom en a,
Un Pépito, un Andréa,
Ce que je sais, c’est qu’il sera
Un beau bébé, un gentil fils.
Ils n’ont rien dit, pas un indice.
Rien n’est exclu, pas même Elvis.

Pas encore né, pas encore là,
Son lit est fait, l’attend déjà
Avec sa couette, son pyjama.
Qu’il soit Nico, Eudes ou Clotaire,
Une chose est sûre, pour moi c’est clair :
De mon côté, ce sera « Grand-Père ».

1000 caractères. Titre compris…

 

© JM Bassetti 5 Janvier 2016. Diffusion interdite sans accord de l’auteur.

N’hésitez pas à commenter mes textes sur le site www.jmbassetti.fr . Bons ou moins bons, les commentaires sont toujours utiles.


Un anneau à mon doigt

allianceUn anneau à mon doigt
C’est un morceau de toi
Que je porte sur moi.
Un anneau à mon doigt
C’est un mot entendu
Un mot tant attendu.
Un anneau à mon doigt
C’est un oui prononcé
Un samedi de juillet

Un anneau à mon doigt
Un anneau à ton doigt
C’est beaucoup plus que ça
C’est ton bras à mon bras
C’est ma peau sur ta peau
C’est ta voix, c’est mes mots
C’est ta main dans ma main
C’est toi sur mon chemin
C’est oui pour l’avenir
C’est vivre et c’est mourir
C’est un serment commun
D’unir nos deux destins
D’avancer tous les deux
Même quand on sera vieux

Un anneau à mon doigt
C’est aussi de la joie
Des parents, des enfants
Et des petits enfants
Des avions, des voyages
La mer, les paysages
Des maisons, des hôtels
Des repas, des Noëls
Des fêtes, des vœux sincères
Et des anniversaires
Des larmes et puis des rires
Des cris et des sourires,
C’est aller jusqu’au bout
Ensemble. Tout au bout.

Je porte, c’est mon choix
Pour ma plus grande joie
Un petit bout de toi.
Un anneau à mon doigt.

© JM Bassetti. A Saint Aubin le 17 Aout 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Placard (slam)

Quand tu t’ lèves le matin, placard
Qu’tu sais qu’ça sert à rien
Que tu vas te faire chier
Tout au long de la journée
Alors tu l’aimes ton lit
Et t’y resterais si
T’avais pas une conscience
Une p’tite réminiscence
Du temps où tu servais
Du temps où tu bossais.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Au début c’était beau
On te filait du boulot
T’avais l’impression d’servir
A quelqu’chose, de produire
Tu donnais ton avis
Pour un non pour un oui
Même t’avais le sentiment
Que t’étais important
Que si la boite tenait
C’est parce que t’y bossais

Et puis v’là qu’un beau jour
On te dit plus bonjour
Ton téléphone sonne plus
Ta porte ne s’ouvre plus
Les boulots qu’tu sais faire
Et qu’tu faisais hier
On les donne à un autre
Un qu’est même pas des nôtres
Et toi tu comprends pas
Pourquoi ça tourne comme ça.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

On te donne pas de boulot
On te regarde de haut
Les heures passent, tu te lasses
Puis hélas, tu t’effaces
Le temps fuit, tu t’ennuies
Tu t’enfuis, on te nie
Alors tu fais le zélé
Tu joues le débordé
Celui qui n’a pas le temps
Qui court, qui est important

Tu rentres à ton bureau
Et t’attends l’apéro
Tu regardes la pendule
Qui n’avance pas, qui recule
Tu relèves ton courrier
Des fois qu’un mail coincé
Un courrier important
Te remette sur le devant
Mais non, pauvre imbécile
T’es devenu inutile

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Le premier mois c’est sympa
Tu t’en aperçois pas
T’as du temps, t’en profites
Tu t’balades sur des sites
Tu navigues sur le net
Tu fais même tes emplettes
Tu fais des trucs perso
T’es chez toi au bureau
Tu crois qu’t’es en vacances
Alors qu’t’es en souffrance

Mais très vite, c’est l’enfer
Tu t’ennuies, tu galères
T’as plus envie de venir
Pour quoi faire ? Pour dormir ?
Alors tu regardes ailleurs
Vers un avenir meilleur
Tu te dis que ce serait bien
De s’lever le matin
En sachant que ta journée
Sera bien occupée.

Placard, placard,
On t’a mis au placard
Tu sais pas trop pourquoi
Mais tu t’en aperçois.
Placard placard
Va bien falloir qu’tu sortes
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si tu restes là
Tu vas crever, mon gars

Placard, placard,
On m’a mis au placard
Je sais pas trop pourquoi
Mais je m’en aperçois.
Placard placard
Va falloir que j’en sorte
Par la fenêtre ou la porte
Parce que si je reste là
Je vais crever, mon gars.

© Jean-Marc Bassetti – Saint Aubin le 25 Juin 2015 – Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


La petite boite rouge.

maman500

Maman et moi. Chauny 1958

Te souviens-tu, Maman ?

Je devais être au CP, ou en maternelle.

Malhabile, avec deux mains gauches comme je les ai toujours.

Mais j’ai bien écouté ce que m’a dit la maîtresse.

J’ai bien peint le couvercle et la boite en rouge.

Bien vif.

Bien partout.

Deux couches.

Sur le dessus de la boite, j’ai dessiné une fleur blanche.

Peut-être que ça ne ressemble pas trop à une fleur

Mais je l’ai peinte de tout mon cœur.

Et puis, sur les côtés … je ne sais plus trop.

Peut-être des fleurs aussi.

Il y a quelques mois, nous avons ouvert mon enveloppe

Ma grosse boite avec dedans « les trucs à moi ».

Nous y avons retrouvé les textes, les lettres, les poèmes

Les dessins, les photos, les cahiers.

Et puis, évidemment, la petite boite rouge.

Nous l’avons ouverte.

A l’intérieur, il y a toujours une feuille.

Roulée, entourée d’un ruban avec un petit cœur en feutrine.

boite2

La fameuse petite boite rouge… Merci maman pour la photo.

Dessus, un joli poème (*).

Écrit par la maîtresse

Presque effacé par le temps.

 

Cinquante ans plus tard

C’est émouvant de retrouver

L’amour d’un enfant

Pour sa maman.

Cinquante ans plus tard

J’ai toujours le bonheur de te le dire

De te l’écrire

Et pour longtemps encore

« Bonne fête maman ».

 

(*) J’ai cueilli trois fleurs des champs
Mais la plus jolie que j’aime tant
Mais la plus jolie, c’est pour Maman.
J’ai trouvé trois cailloux blancs
Mais le plus joli que j’aime tant
Mais le plus joli, c’est pour Maman.
J’ai aussi trois beaux rubans
Mais le plus joli que j’aime tant
Mais le plus joli, c’est pour Maman.
Je n’ai qu’un petit cœur d’enfant,
Mais mon petit cœur qui l’aime tant

 Mais mon petit cœur,
C’est pour maman.

C. Duparc.

 

Jean-Marc. 31 Mai 2015. Fête des mères.


La magie du réveil

toi-et-moi

Chaque matin il s’éveillait dans ses bras
Avec le même bonheur.

Que se passait-il pendant la nuit ?
Quel lutin, quel aimant l’accrochait ainsi ?
Ils s’endormaient amoureux, complices,
Et puis chacun vivait sa nuit :
Bougeait, tournait, se retournait, virait.
Le temps passait, la nuit avançait.
Doucement, le matin arrivait.
Alors les lutins se mettaient au travail
Et rapprochaient les corps nus.
Geste par geste, souffle par souffle.
Attirés l’un vers l’autre,
Sans même s’en rendre compte
Ils se rejoignaient
Pour terminer leurs rêves.
Les peaux se touchaient
Les lèvres s’effleuraient.
Un nouveau jour commençait.

Chaque matin il s’éveillait dans ses bras
Avec le même bonheur.

© JM Bassetti. A Saint Aubin le 27 Mai 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

 

 

 

 


Ton bleu Marine

J’aime le bleu du ciel,camaieu-bleu_242468_1412878467
Où les oiseaux se perdent en volant
Où le soleil s’éclipse de temps en temps,
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu de la mer
Où les poissons se cachent en nageant
Où le soleil s’enfonce de temps en temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu de mon steak
Où le couteau glisse en coupant
Où un peu de sang perle de temps en temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu de tes yeux
Où je me perds en rêvant
Où les étoiles scintillent quasiment tout le temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

J’aime le bleu outremer,
Le bleu canard, le bleu cobalt et le cyan
Le bleu de Prusse et le bleu France évidemment
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas le bleu marine.

Ai-je été assez clair ?
J’aime le rose, le vert et puis le blanc
Le rouge mais pas trop, le noir de temps en temps
Mais bordel de trou de pine
Je n’aime pas ton bleu, Marine.

© JM Bassetti, le 22 Mars 2015, au soir des élections départementales. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Tu es mon arbre.

Elle lui disait : Tu es mon arbre.chene
Jamais on ne lui avait dit
Quelque chose d’aussi gentil.
A lui.

Il demandait : quel genre d’arbre ?
Elle répondait : un chêne, un beau.
Il répliquait : un chêne, c’est gros.
Elle assurait : un chêne c’est haut.
Il demandait : un chêne ? Pourquoi ?
Elle répondait : un chêne c’est droit.
Ça a la tête dans les nuages, mais
Ça a les pieds sur terre,
C’est large, c’est fort.
On se sent à l’abri
Il protège du soleil, de la pluie
On s’y abrite,
On y habite.

 

Et lui, quand elle lui disait ça
Tu es mon Arbre,
Il fondait, il souriait,
Il se sentait
Un petit arbrisseau
Comme un frêle platane
Au-dessus d’un ruisseau.
Il se voyait petit oiseau
Sur une ronce ou un roseau.
Alors il la prenait dans ses branches
Posait ses mains sur ses hanches,
Et il se sentait fort.
Dans ces moments, il était
Doux comme un chêne
Tendre comme un chêne
Léger comme un chêne.

 

Elle lui disait : Tu es mon arbre.
Jamais on ne lui avait dit
Quelque chose d’aussi gentil.
A lui.

 

A Ninon….

© JM Bassetti. Le 3 février 2015. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.


Après la pluie

charlieAprès la pluie
La grande pluie
Mon frère Charlot, le grand Chaplin
Rentre chez nous. Il dégouline.
Je cours, je nage
Dans son sillage
Serviette en main
Et gant de crin.
Lui, il frissonne
Moi, je frictionne.
Marie m’exhorte
Devant la porte
« Allez, fais vite,
Toi, la petite…
Que fais-tu donc
Tu es bien longue..
– Il est mouillé,
Il est trempé,
Alors, Marie…
J’essuie Charlie ! »

JMB. Janvier 2015. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 


Adieu dame blanche

dame blancheJe t’avais protégée,

Guettée, veillée, surveillée,

Chaque fois que je bougeais,

Ne serait-ce que d’un pas

Je vérifiais que tu ne risquais rien

Que tu n’étais pas en danger,

Que personne ne cherchait

A t’enlever de moi.

 

Jalousement, je te surveillais

Je ne laissais personne, grand ou petit

Te convoiter, s’approcher, te regarder

Imaginer te saisir, t’enlever,

T’arracher à mon attachement

Te prendre, t’arracher à ma vue

T’emmener vivre ailleurs

Loin de moi, de mes yeux.

 

Et puis, un moment d’inattention

Une cigarette allumée,

Deux trois mots m’ont troublé

Et je ne l’ai pas vu.

Il était là, caché, à l’affût,

Se faisant oublier,

Attendant le moment

Pour commettre son crime.

 

Un cavalier bougé, une tour déplacée

Et il est apparu, dévoilant son vrai jour,

Me montrant son dessein :

T’arracher à mes soins.

Tu as vu à mes yeux

Que je n’y pouvais rien

Que malgré mes efforts

Tout allait s’écrouler.

 

Adieu ma belle dame,

Je t’aimais, dame blanche

C’est un fou qui t’a prise

Un fou noir traitre et fourbe

Il a su profiter de ma légèreté

Pour t’éloigner de moi

Et ruiner mes espoirs

De mater le roi noir.

© JM Bassetti. A Ver sur mer, le 5 Novembre 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

Atelier d’écriture sur le site Ipgination

Les départs, les fins ont toujours été un moyen d’écrire de jolis poèmes, de jolis moments pour raconter une histoire révolue, un amour déçu ou même une vieille demeure abandonnée.

Et si sous forme de poème, vous racontiez vos plus grandes déceptions, douleurs, amertumes.

 Un poème classique ou en vers libre, racontez nous votre plus grande déception en nous faisant partager vos émotions !

 

 

 

 


Lumière de nuit

Lumière furtive
Lumière bleue, électrique,
Tu es là, vive,
Endormie, onirique,

Vision rapide
Je te vois dans la nuit
Ton dos tes mains
La courbe de tes reins

Voleur d’image
J’enregistre ton visage
Joli voyage
Sur ton beau paysage

Et puis soudain
Le téléphone s’éteint
Ton corps s’enfuit
Avalé par la nuit

Lumière noire
Gravée dans ma mémoire
Je te sens je te vois
Tout au bout de mes doigts.

JMB Saint Hilaire de Riez le 14 août 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.

 

 

 


A l’école

Elle s’en va à l’école
Des cahiers, de la colle,
Une classe, un abri,
Pas de haine, pas de bruit.
Oasis de douceur
Une maîtresse au grand cœur
A l’école on est bien
Là, on ne risque rien.
On est bien à l’école
On s’amuse, on rigole,
Les bombes n’existent pas

Sauf ici,
A Gaza.

Ver sur mer le 7 aout 2014. © JM Bassetti. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Mes dix doigts sur ta peau

Mes dix doigts sur ta peaueveil
Le matin au réveil

J’aperçois sa pâleur
Dans un demi-sommeil

Je goûte à sa douceur
A nulle autre pareille

Je ressens sa tiédeur
Comme un tendre soleil

Je perçois son odeur
De fraise et de groseille

Et je perçois ton coeur
En posant mon oreille

Mes dix doigts sur ta peau
Le matin au réveil

Mes dix doigts sur ta peau
Et mes cinq sens s’éveillent

© JM Bassetti Ver sur mer le Vendredi 13 Juin 2013. Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.


L’Aziza

azizaCouleurs de Casa
Mélange d’ocres, de rouges
D’oranges et de jaunes
Le marché du matin au Maroc

Couleurs de Casbah
Daniel se promène
Blanc, catho ou athée
Qu’importe sa pensée

Couleurs de l’Amour
A son bras, Corine
La femme de sa vie
Juive, belle, souriante, gaie

Couleurs de la Vie
Mélange des couleurs
Mélange des odeurs
Mélange des cultures

Couleurs de Paris
Daniel écrit
Où que tu ailles, où que je sois
Je te veux si tu veux de moi

 
L’Aziza.

©JM Bassetti. Le 9 juin 2014. Pour http://museedurock.com/laziza-daniel-balavoine
Reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

 


Juste une chanson.

reggJuste une chanson aujourd’hui. Et pas de moi encore. Mais elle me trotte dans la tête depuis hier soir… Allez savoir pourquoi… Ah si, ça me revient. Reggiani était du 2 mai 1922. Il aurait eu aujourd’hui 92 ans et 24 jours. . Ca doit être ça. Oui, c’est sûrement ça. Je ne vois pas d’autre raison. Donc bon non-anniversaire à  Serge Reggiani.

 

Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout
Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
Pour eux c’était qu’du cinéma
Le ciel redevenait sauvage,
Le béton bouffait l’paysage… alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups étaient loin de Paris
En Croatie, en Germanie
Les loups étaient loin de Paris
J’aimais ton rire, charmante Elvire
Les loups étaient loin de Paris.

Mais ça fait cinquante lieues
Dans une nuit à queue leu leu
Dès que ça flaire une ripaille
De morts sur un champ de bataille
Dès que la peur hante les rues
Les loups s’en viennent la nuit venue… alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups ont regardé vers Paris
De Croatie, de Germanie
Les loups ont regardé vers Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups regardent vers Paris.

Et v’là qu’il fit un rude hiver
Cent congestions en fait divers
Volets clos, on claquait des dents
Même dans les beaux arrondissements
Et personne n’osait plus le soir
Affronter la neige des boulevards… alors

Des loups ououh! ououououh!
Des loups sont entrés dans Paris
L’un par Issy, l’autre par Ivry
Deux loups sont entrés dans Paris
Ah tu peux rire, charmante Elvire
Deux loups sont entrés dans Paris.

Le premier n’avait plus qu’un œil
C’était un vieux mâle de Krivoï
Il installa ses dix femelles
Dans le maigre square de Grenelle
Et nourrit ses deux cents petits
Avec les enfants de Passy… alors

Cent loups, ououh! ououououh!
Cent loups sont entrés dans Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Cent loups sont entrés dans Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Cent loups sont entrés dans Paris.

Le deuxième n’avait que trois pattes
C’était un loup gris des Carpates
Qu’on appelait Carêm’-Prenant
Il fit faire gras à ses enfants
Et leur offrit six ministères
Et tous les gardiens des fourrières… alors

Les loups ououh! ououououh!
Les loups ont envahi Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups ont envahi Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Les loups ont envahi Paris.

Attirés par l’odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carouss’, liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu’à c’que les hommes aient retrouvé
L’amour et la fraternité…. alors

Les loups ououh! ououououh!
Les loups sont sortis de Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups sont sortis de Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris
J’aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris…

 


Tante Eulalie

mariage-table-repas-assisAtelier d’écriture.
Vous êtes invité(e) au mariage de votre cousine. Au moment du repas, vous constatez avec amertume qu’on vous a installé(e) à côté de Grand-Tante Eulalie. Elle est très bavarde mais surtout elle est sourde comme un pot. En un mot, elle comprend tout de travers.

Imaginez en 1500 mots environ et avec humour la conversation pleine de quiproquos, de méprises et de double sens que vous entretenez avec la vieille dame.

J’étais tellement heureuse d’avoir été conviée
A ton repas de noce, ma cousine adorée.
Nous avons le même âge, tu as franchi le pas
J’espère que toi aussi tu m’accompagneras
Lorsque je franchirai au bras de mon papa
Les portes de l’église pour ce jour de gala.
La mairie avalée, le curé reparti
Nous avons retrouvé ses copains, tes amis
Autour d’un verre de cidre, d’une bière ou d’un jus d’pomme
Pour rigoler ensemble, pour vous fêter en somme.
Je connais tes parents, je connais ta famille
Car c’est aussi la mienne, nous étions petites filles
D’honneur pour le mariage de tata Marie Louise
Avec qui ? Rappelle-moi… Ah oui, tonton Aziz !
La brioche descendue, les p’tits pains digérés
Nous avons promené les papis, les mémés
Sur le bord de la mer, là même où les bateaux
Profitaient des risées pour faire leur numéro.
Parmi les invités, je l’avais oubliée
Se trouvait Eulalie, la tante d’Augustine
Notre grand’tante en somme, puisque nous sommes cousines.
Je ne l’avais pas vue depuis bien des années
J’ai trouvé qu’elle avait ma foi beaucoup changé.
Je me suis amusée avec Cousin Antoine
Nous avons discuté et cueilli des pivoines
La balade achevée, il fallait revenir
Vers le resto du port où nous allions finir
Cette belle journée, celle de ton mariage
Cette journée unique là au bord de la plage.
« Au paradis perdu », tu parles d’un nom marrant
Un nom de cauchemar, pas un nom d’restaurant
Approchant de la table, chacun cherche son nom
Ecrit comme de coutume sur des petits cartons
Sans douleur je découvre le mien écrit en gros
A côté de l’assiette de ton cousin Bruno
Je l’ai toujours aimé, on va bien discuter
Avec lui je suis sûre de rire et de danser.
Mais qui vient donc s’asseoir là de l’autre côté ?
Elle arrive décidée, elle arrive amusée
C’est la Tante Eulalie, la sœur de Mélanie,
La femme de Désiré, la mère de Stéphanie.
Je commence la causette : Comment vas-tu ma tante ?
Elle me répond alors, Non je n’aime pas la menthe.
La réponse ne va pas, je n’ai pas demandé
Quel était son parfum de tisane préféré.
La soirée continue, ça va de mal en pis
Quand je parle de télé, elle parle de Roumanie,
Si j’aborde mes études, elle répond « Oui j’aime bien
Mais je préfère les chats, je me méfie des chiens. »
Je fais bien des efforts, j’aborde tous les sujets
Les chansons, le théâtre, les refrains, les couplets
Qu’elle devrait connaitre, rappelant sa jeunesse,
Mais hélas chaque fois je tombe à la renverse
En l’entendant répondre à côté de la plaque
Chaque fois c’est raté, j’ai pris pas mal de claques…
Bruno à mes côtés se gausse et se gondole
En me voyant ramer, il se marre, il rigole.
Vas-y, chacun son tour, puisque t’es si malin
Echange donc un peu ton rôle avec le mien
A toi mon cher Bruno les plaisirs de la vie
Je te laisse discuter avec tante Eulalie.
Hélas il se défile, préférant le dessert
Aux réponses évasives de la tante de mon père.
J’ai fini la soirée fatiguée, épuisée
Car en bonne petite nièce, polie et bien-pensante
Je n’ai pas délaissé pour la soirée ma tante
Et au lieu de danser, de jouer avec Bruno
J’ai tenu le crachoir à cette sacrée vieille peau
Qui en fin de soirée, tapotant son oreille
M’a dit « Marie, sais-tu, sais-tu qu’mon appareil
Est resté aujourd’hui au niveau le plus bas ?
Dans les soirées de noce, dans les soirées comme ça
Le bruit fait de l’écho, c’est ainsi à mon âge
Alors, moi je m’isole, le silence me soulage
Je n’entends rien du tout, et c’est volontairement
Que je me coupe du monde et des cris des enfants.
Mais ma petite Marie ça m’a donné bonne mine
D’assister à la noce de ta jolie cousine
J’ai pris de belles couleurs tout à l’heure au soleil
Et tant pis si l’état de mes pauvres oreilles
N’a pas pu me permettre de vraiment apprécier
Le sel de tes propos, le sens de tes idées.
En tous les cas, Marie, je partirai très fière
D’avoir connu ce soir la nièce de mon grand frère
Et pour cette raison le mariage d’Aurélie
A été un beau jour pour ta tante Eulalie. »

Merci ma chère cousine de m’avoir invitée
J’ai passé une très bonne, une excellente soirée.
En voyant Eulalie, j’ai bien pensé au pire
Mais c’était un bonheur, c’était même un plaisir.
C’est si bon de pouvoir, l’espace d’un instant
Partager des moments avec nos vieux parents,
Avec ceux qui bientôt, ou plus tard ou trop tôt
Ne seront plus que noms, visages sur des photos.

© JM Bassetti. Ver sur mer le 21 mai 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Trois p’tits baisers

Trois p’tits baisers
Sur tes lèvres-fraisier
Trois p’tits baisers
Et tout peut commencer

Trois petites bises
Sur tes lèvres cerise
Trois petites bises
Depuis longtemps promises

Trois p’tits bécots
Sur tes lèvres coquelicot
Trois p’tis bécots
Et mes mains sur ta peau

Trois p’tits bisous
Sur tes lèvres bijou
Trois p’tits bisous
Et le Je devient Nous

J’aime à me rappeler
Que tout a débuté
Un joli soir d’été
Par trois petits baisers.

JMB 08/05/14


Sin Ayuda

sinayudaLoin des arènes
Loin des sirènes
Je traine ici
J’ai pas d’abri.
Mes quatre enfants
Dans le néant
Tout comme leur père
Dans la misère.

J’ai pas d’boulot
J’ai pas d’euros
J’ai rien de rien
Je tends la main.
Ca m’amuse pas
Ca me plait pas
Mais j’ai pas l’choix
Entendez moi.

Vous qui passez
Baissez le nez
Là dans le noir
Sur le trottoir
Avec les chiens
Et les sans-rien
Vous m’verrez là
Moi pauvre gars.

Là, à Madrid
J’ai l’ventre vide
Mais à Paris
J’l’aurais aussi
Juste un p’tit sou
De rien du tout
C’est pour manger
Pas pour m’saouler

Un jour j’espère
Que la misère
Me laissera
Me quittera
En attendant
Je meurs doucement
Ne m’ laissez pas,
Sin Ayuda (*)

(*) Sans aide.

Photo © Quentin Bassetti. Madrid, Avril 2014. http://www.tofaday.com

©JM Bassetti. Le 28 Avril 2014. Reproduction interdite sans accord de l’auteur.


Nuit pluie, matin, chagrin

pluieHier soir soleil.
Je rentre c’est bon
Musique à fond
Plein les oreilles

Pendant la nuit
Ca dégringole
Et moi j’rigole
Bien à l’abri
Du fond d’mon lit
J’entends le vent
Putain quel temps
Bon sang quelle pluie.

C’matin j’descends
J’mets mes chaussures
Vite ma voiture
Je vais à Caen

Quelle découverte !
J’suis attrapé
Hier j’ai laissé
La f’nêtre ouverte

Le cul mouillé
Sur dix serviettes
Quelle prise de tête
J’suis dégouté !

 

JM Bassetti 20 Avril 2014. Droits de reproduction interdits, mais qui oserait reproduire ça, sans rire !!


Eveil

reveilJ’aime ta peau
Le matin
Au réveil
Elle a le goût
Du sommeil
De la lumière timide
Et de nos baisers d’hier.
Un premier bisou
Sous le cou.
Ta peau est chaude
Tu dors encore
Je t’aime déjà.
Tous droits réservés. Jm Bassetti Le 22-03-14


Le vent le plus doux

ventIl en est des violents,
Il en est des furieux,
Il en est des méchants,
Il en est des vicieux :

Le Mistral, le Nordet,
Le Cers, le Carcenet,
Le Autan, le Noroît,
Le Garbin, le Suroît,

Mais le vent le plus doux,
Celui qui guérit tout,
C’est ton souffle
Dans mon cou.

Il en est des sauvages,
Il en est des pervers,
Qui s’attaquent aux rivages,
Qui font gonfler la mer :

Le Soulaire, le Dretvent,
Le Thalwind, le Levant,
L’Eisserot et l’Aigal,
L’Hegoa et l’Autal,

Mais le vent le plus doux,
Celui qui guérit tout,
C’est ton souffle
Dans mon cou.

Il en est des brûlants,
Il en est des glacés,
Il en est des grisants,
Il en est des salés,

Le Chinook, le Zonda,
Le Squamish, le Bora,
Le Zéphyr, le Mistral,
La Mousson et le Hâle.

Mais le vent le plus doux
Celui qui guérit tout
C’est ton souffle
Dans mon cou.

Si la vie est amère,
Si le chagrin m’inonde,
Si un jour la colère
S’insinue dans mon monde

Je sais que tu sauras
Me serrer dans tes bras,
Faire passer ma douleur
M’insuffler ton bonheur

Car le vent le plus doux
Celui qui guérit tout
C’est ton souffle
Dans mon cou.

© JM Bassetti, le 14 Mars 2014. Tous droits réservés.


L’arroseur arrosé

effacer

Si mon réveil n’avait pas sonné,
S’il avait bien sonné
Mais que je l’avais ignoré,
Si une mauvaise nuit j’avais passée,
Si j’avais été dérangé
Au point de ne pouvoir me lever,
Si la crève de la semaine passée
Avait perduré,
Si j’avais mal digéré
Si j’avais eu une grosse diarrhée,
Si sur la savonnette j’avais glissé,
Si, en déjeunant,  je m’étais brûlé
Avec mon café,
Si cette nuit il avait neigé
Ou venté
Ou grêlé,
Si le portail électrique était resté coincé,
Si ma voiture n’avait pas démarré,
Ou si le moteur avait explosé.
Si la route avait été bloquée
Si on m’avait empêché
De passer
De rouler
D’arriver.

Si mon ordi avait buggé
Si le disque dur avait sauté
Si le réseau avait déconné
Si je n’avais pu travailler
Si je n’avais pas testé,
Testé et retesté
Le  programme que j’ai créé
Si j’avais sauvegardé
Avant de me lancer
Si dès que j’avais tenté
Tout avait fonctionné
Si je n’avais pas été forcé
De modifier une entrée
Je n’aurais pas cliqué,
Je n’aurais pas validé
Je n’aurais pas appuyé
Sur le bouton « Supprimer »

Je n’aurais pas bousillé
Des tonnes de données
Des heures de suées
Des milliers d’octets.
Je n’aurais pas annulé
En un clic assuré
Trois mois de PHP
Je n’aurais pas bombardé
Mon cerveau embrumé
De litres de café
Afin d’atténuer
La douleur déclenchée
Par ma souris pressée
De cliquer, de cliquer
Et encore recliquer.

Et vous qui me lisez
Certainement vous feriez
Autre chose que rester
Sur une chaise prostré
A lire mes pensées
A lire mes mots jetés
Sur l’écran d’un PC.

Ma vie aurait changé,
La vôtre aurait bougé
Si à onze heures passé
Je n’avais pas cliqué
Sur le mot « Supprimer ».

Pour qui aime inventer
Des histoires modifiées
Se faire ainsi piéger
Et ne pouvoir annuler
C’est ce qu’on pourrait appeler
L’arroseur arrosé.

©  JM Bassetti A Ver sur mer le Mardi 25 février 2014. Tous droits réservés.

 

 


Kervenec

kervenecJe n’avais que six ans quand un jour mes parents
M’ont présenté à toi un jeudi de printemps.
Je t’ai vue devant moi, devant mes yeux d’enfants
Et l’amour est venu, presque instantanément.

Je t’ai connue enfant, je t’ai connue ado
Je suis venu te voir, déposant de mon dos
Les tracas, les ennuis, les pleurs et tous les maux
Que porte dans sa vie un homme, pas un héros.

 

Tu as connu mes pleurs, tu as connu mes rires
Tu m’accueillais toujours avec tant de plaisir
Tu transformais mes larmes, redonnant le sourire
A celui qui venait plein de peines, de délires.

Je suis venu souvent quand la vie était dure
Je me revigorais à l’ombre de tes murs
Lorsque je repartais j’avais meilleure allure
Deux trois jours près de toi effaçaient mes blessures.

Après cinquante années, toujours la même joie
De te voir, te sentir, de vivre près de toi.
Je t’aime encore, vois-tu, telle la première fois
Où je t’ai aperçue. Tu mourras après moi.

Le jour où je t’ai vue, et ce n’est pas hier,
Tout de suite j’ai saisi ta force et ta manière
De me lier à toi, à tes murs et j’espère
Te voir encore longtemps, ma belle maison de pierre.

© JM Bassetti 01/09/2013. Tous droits réservés.