décembre 4

Le doux pays des fleurs

Des fleurs, des plantes… Une serre.. Est-ce un laboratoire ? Le reste d’une société après le chaos ? Chacun des membres de l’atelier de Leiloona (Bricabook) aura sa version. Je vous livre la mienne. Comme d’habitude, vos commentaires sont les bienvenus.


© Emma Jane Browne

Arrête-toi, voyageur !
Voici un lieu en tous points enchanteur.

Tu n’entendras aucune clameur
Aucune peur, nulle douleur
Tu n’y verras ni empailleur
Ni enquiquineur
Ni encaisseur, ni explorateur
Pas non plus d’escamoteur, d’escaladeur, d’envahisseur
De sénateur.

Mais de la chaleur
Une superbe lueur
Nuit et jour de la couleur
De la lenteur, du labeur
Du bon cœur,
En un mot, un bonheur ravageur
Des odeurs, des vapeurs.

Car en ce lieu de douceur
On trouve des tuteurs
Des horti et des api culteurs
Des racomodeurs d’odeurs
Des composteurs d’humeurs
Des redresseurs de pois de senteur,
Des réparateurs, des arroseurs.

Bienvenue à toi voyageur
Dans le paradis des odeurs
Tu vas croiser, mon cher flâneur
Des Dames d’onze heures
Des Euphorbes des pêcheurs
Des Ficoïdes à feuilles en cœur
Des Véroniques à cœur de beurre.

Bienvenue aux pays des senteurs
Bienvenue aux doux pays des fleurs.

novembre 20

Renaissance

Je vous offre des alexandrins ce matin pour commencer la semaine.
Une photo, quelques mots, c’est le slogan de l’atelier de Bric à Book que vous connaissez bien maintenant !!
Alors bonne lecture dans ce texte court.
En bas de page, une explication tirée de Wikipédia vous rappellera, si besoin, ce qu’était ce fleuve.


© Emma Jane Browne

Je ne sais qui j’étais, si j’ai assassiné
Mon père, ma mère, mon frère, un enfant égaré,
Si j’étais un tyran, un despote éclairé,
Si j’étais général, César, ou bien Pompée,
Responsable de guerres, de mille atrocités.
J’ai sûrement arrêté, trahi et torturé
Des milliers d’innocents, achevé des blessés.
C’est sûr que j’ai volé, joué, dilapidé
Des fortunes, des bracelets, des bagues ou des colliers,
J’ai frappé, dérobé, violé, cambriolé.

J’étais le pire des pires, pareil à Lucifer
C’est pour ça que dix siècles j’ai grillé en enfer.

Je ne sais pas comment, je me suis réveillé
Au bord de la rivière, nu, seul, abandonné,
J’avais froid, j’avais faim. Je me suis retourné :
La porte des enfers était bien refermée.
J’entendais derrière elle les plaintes des damnés.
Pour moi c’était fini, je pouvais retourner
Sur la terre des humains. On m’avait pardonné.
Mais avant de renaître, il fallait oublier
Les erreurs du passé. Boire les eaux du Léthé,
Marcher vers la lumière et tout recommencer.

 

Dans la mythologie grecque, Léthé, fille d’Éris (la Discorde), est la personnification de l’Oubli. Elle est souvent confondue avec le fleuve Léthé, un des cinq fleuves des Enfers, parfois nommé « fleuve de l’Oubli ».

Après un grand nombre de siècles passés dans l’Enfer (le royaume d’Hadès), les âmes des justes et celles des méchants qui avaient expié leurs fautes aspiraient à une vie nouvelle, et obtenaient la faveur de revenir sur la terre habiter un corps et s’associer à sa destinée. Mais avant de sortir des demeures infernales, elles devaient perdre le souvenir de leur vie antérieure, et à cet effet boire les eaux du Léthé, qui provoquaient l’amnésie.

Le Léthé coulait avec lenteur et silence : c’était, disent les poètes, le fleuve d’huile dont le cours paisible ne faisait entendre aucun murmure. Il séparait les Enfers de ce monde extérieur du côté de la Vie, de même que le Styx et l’Achéron les en séparaient du côté de la Mort. La porte du Tartare qui ouvrait sur cette rivière était opposée à celle qui donnait sur le Cocyte.

 

 

 

avril 17

Non merci

Moins connu que la tirade des nez, Cyrano déclame, vers le milieu de la pièce, la tirade du Non merci.Elle me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines. J’en ai fait ma version, en rapport avec les élections qui arrivent très bientôt.

Bonne lecture !


Un dimanche d’avril, arriver en mairie
Entrer dans l’isoloir sans avoir réfléchi,
La gueule enfarinée comme on part en vacances,
Choisir un bulletin au p’tit bonheur la chance,
Non merci.

Pour cinq ans il nous faut désigner
Qui sera notre chef, notre guide bien aimé
Celui qui dans le monde sera le messager
De la France. Le choisir au hasard ? A main levée ?
Non Merci.

Un petit candidat qui vient pour se montrer
Entrer dans la lumière et espérer briller
Mais qui ne représente que peu de congénères
A peine quelques pour cents ? Vous dites ? J’exagère ?
Non merci.

Alors les Cheminade, les Arthaud
Les Poutou, les Lassale et les Asselineau
Je ne les soutiendrai même pas pour un an.
Vous pensez que je peux voter Dupont Aignan ?
Non merci.

La Marine. Celle qui souhaite et espère
Qu’on ne la prendra pas pour la fille de son père
Mais qui vend des idées haineuses et détestables
Me faire, moi, voter pour le parti du diable ?
Non merci.

Envoyer pour cinq ans au château
Un homme qui sans cesse reçoit des cadeaux
Des montres des euros et des complets vestons
Et se dit exemplaire. Que je vote Fillon ?
Non merci.

Ah Macron ! Candidat sans parti
Tu piques à droite à gauche, tu promets, tu paries
Que les amis d’Hollande n’auront pas d’autre choix
Que de voter pour toi. Je te donne ma voix ?
Non merci.  Non merci ! Non merci.

Mais enfin,
J’ai lu tous les programmes pour que le bulletin
Que je mettrai dans l’urne soit celui de mon cœur
J’ai bien tout regardé pour ne pas faire d’erreur
Le papier choisi sera, par déduction
Celui de Mélenchon ou celui de Hamon.

Oui mon cœur est à gauche, ce n’est pas un secret
Ceux qui me connaissent bien savent ce qu’il en est
Pour ce scrutin encor je voudrais envoyer
Un président de gauche occuper l’Elysée.
Pour que mon préféré emporte les enchères
Mon vote n’est pas utile, mais il est nécessaire.

novembre 11

Le temps emporte tout

Et si tu m’écrivais ?
Un p’tit mot, un texto
Comme ça, pour rien
Pour savoir si j’vais bien
Si j’suis en bonne santé
S’il m’est rien arrivé
Si j’vais finir l’année.

Et si tu m’appelais
T’as bien mon numéro
Comme ça, pour rien
Pour que j’entende ta voix
Me dire que c’est bien toi
Que j’dois pas m’inquiéter
Que tu ne m’as pas oublié.

Et puis, si tu passais ?
A l’heure de l’apéro
Comme ça, pour rien
Pour partager une bière
Raconter  tes misères
J’aime bien quand tu es là
J’aime bien être avec toi.

Le temps emporte tout
Les rêves et les  souvenirs,
Les larmes et les sourires
Mais aussi, et surtout,
Les mots qu’on ne s’est pas dits
Les coups qu’on n’ a pas bus
Les rires qu’on n’a pas eus

septembre 12

Ombre et lumière

Habitués de ce blog, vous le savez que le lundi, c’est le jour de Leiloona, de Bricabook et de sa photo à commenter, à inventer. Ce lundi ne déroge pas à la règle. J’ai repris le boulot, pour la dernière année. J’ai repris également les ateliers après deux mois de non-écriture. Commençons par une photo de la fête. Bonne semaine.

La roue tournemanege
La vie tourne
Parfois la lumière
Parfois le sombre
L’obscurité
Le jeu
La musique
L’ivresse
Le tournis

Dans la lumière
On te voit
Tu tournes avec les autres
Tu ris fort
Pour qu’on t’entende
Tu t’enivres
Insouciant
Entrainé par la folie
De la vie

Descends du manège
Fais deux pas en arrière
Loin de la lumière
Eloigne toi un peu
Et tu verras
Comme on t’oublie
Comme on te nie.

Profite de la fête
Te prends pas la tête
Tourne manège
Qu’il pleuve ou qu’il neige
Profite de la vie
Quand elle te sourit
Un pas de côté
Et on oubliera
Ce que tu as été
A dix pas de la piste
On oubliera que tu existes.